LE DOPAGE ET VOTRE GRANDE NAÏVETÉ

Sans dopage, dans un monde de dopés, tu ne vas pas loin…
Tout le monde triche, ment, et/ou prend des médicaments de la performance : anti-dépresseurs, excitants, anxiolytiques, stimulants, anabolisants, cocaïne, hormones de croissance, etc.

Le sportif a encore plus de raisons de se doper que le quidam lambda, qui pourtant consomme bien souvent beaucoup de ce qui pourrait l’amener à être plus performant. Et ce quidam le fait sans jamais se poser la moindre question sur le pourquoi de ses actes d’achats de tas de produits légaux ou non, censés en faire un winner (ou ne pas le laisser trop loin derrière).

Et personne (ou presque) ne vous dira : “je me dope”.

Si des sportifs de haut niveau restaient naturels dans un monde où tout le monde se dope, cela signifierait qu’ils auraient des capacités “naturelles”… réellement surnaturelles  

Et ils auraient encore plus de raisons de se doper !

(pour vaincre les gens moins doués naturellement, mais qui se trouvent devant eux, aux premières places grâce au dopage)

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La question qui reste est : pourquoi avez-vous besoin de croire au “naturel” des sportifs? Pourquoi les chérissez-vous autant? Quelle est la fonction de vos comportements et volontés de défendre avec détermination (voire rage) des inconnus dans votre système? Plutôt que de défendre des hommes de paix et des intellectuels avec la même véhémence…

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IDIOCRACY

(quand la lutte pour la dominance, et la mémoire traumatique, impensées, germent dans le terreau fertile du net, produisant des imbéciles essentiellement occupés, au nom de “belles valeurs”, à niveler par le bas)

Je vis cela tous les jours sur les pages Lafay depuis 13 ans et le phénomène ne fait que prendre de l’ampleur.

Ceux, celles, qui déjà, depuis bien longtemps, avant le net, salissaient, détruisaient, rabaissaient, sans jamais apprendre ni créer, soucieux de niveler par le bas, désireux de passer partout le bulldozer de la bêtise, ont intégré le fait manifeste qu’ils sont la majorité.
Intégré le fait qu’ils peuvent même, grâce au net, s’unir, faire pression, écraser et, au nom des différences, faire taire la différence. Faire taire la seule différence qui importe, et qu’il faudrait développer : la capacité à prendre du recul, penser, se cultiver, débattre et concevoir des possibilités de vivre ensemble qui ne conduisent pas à la guerre, à l’auto-destruction, et qui n’annihilent pas l’intelligence.

Le problème, effectivement est que la bêtise et l’ignorance cherchent à prendre de la dominance, non pas en s’épuisant elles-mêmes, et en devenant autres, en devenant finesse, subtilité, intelligence, mais en se camouflant derrière des valeurs ultimes censées faire taire toute réflexion et tout débat.

Si nous analysons, dans des articles et vidéos, les problèmes liés à la pratique No Pain No Gain, on lit des réactions du genre : “Pourquoi vous critiquez toujours la fonte?” ou “pourquoi tant d’intolérance?”

Si on demande un débat argumenté à toute personne venant imposer un avis qui nous semble incorrect, on lit “Vous êtes contre la liberté d’expression !”

Si on dit aux gens de suivre sérieusement la Méthode, vu qu’elle a été pensée pour permettre les meilleurs résultats, plutôt que de faire selon son feeling en associant sans recul tout et n’importe quoi, des gens, trop de gens, s’exclament : “Vous êtes une secte, des gourous !”

Dans une société abrutie, où il est impératif de ne pas “suivre”, de manifester sa capacité à être une sorte de Dieu, créant le savoir ex-nihilo, celui qui SUIT ce dogme imbécile, et ils sont légions, s’assure ainsi de ne rien apprendre.
Il continuera sa vie durant à “penser” que ceux qui suivent un enseignement, se cultivent et réfléchissent sont adeptes de sectes.

Si on dit à une femme que l’exhibition régulière (dans des vidéos de pole dance) de ses parties intimes, en partie seulement cachées par des vêtements très “ouverts”, nous choque, on lit : “Vous êtes racistes, misogynes, et vous ne savez pas contrôler vos hormones masculines !”
Mais si c’était un homme qui s’exhibait ainsi, il serait qualifié de porc…
Déjà, ouvrir les cuisses, même habillé, c’est du “manspreading”…

Etc.

Le net est un puissant vecteur de la maladie mentale, du fascisme (faire taire toute réflexion en noyant le débat sous de l’émotionnel) et de la bêtise.

Se placer sur le terrain de l’émotionnel, pour échapper à toute discussion rationnelle, instruite, qui pourrait nous remettre en question, était déjà un classique avant le net.
Mais, actuellement, c’est devenu, grâce à la démocratisation écrasante de la bêtise permise par les réseaux sociaux, une norme de fonctionnement totalement intégrée par une majorité, impensée et un modèle de société désirable, une idéologie pour le présent et l’avenir.

Constamment, tous les jours, à toutes les heures, on a droit à une interaction où l’on dit : “Il y a un problème ici que l’on peut analyser ainsi et éventuellement résoudre, de manière rationnelle.”
Et on lit en retour : “Vous êtes méchants!” (méchant étant le terme qui recouvre l’homophobie, le refus de la liberté d’expression, le racisme, la misogynie, le sexisme, etc.).

Qu’est-ce que peut devenir un monde où tout débat et toute rationalité sont exclus?

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WHO’S THE BOSS?

(en anglais, ça rend mieux)

Merci à tous ceux qui se sont déjà déplacés pour venir aux rencontres et en dire beaucoup de bien; et merci à tous ceux qui vont le faire !

C’est autant grâce à eux qu’à nos modestes talents que le CTRL+C et CTRL+V a encore frappé…

Le succès des Rencontres Lafay ne pouvait laisser indifférents tous ceux qui nous observent au jour le jour, tout en niant notre existence.

Encore une fois, ce que nous faisons a été copié, depuis peu, sans bien entendu nous citer 
Bien entendu, certains diront que Lafay n’a pas inventé les conférences et les ateliers (ou séminaires..).
Mais cet écran de fumée est-il assez dense pour occulter le fait que beaucoup de gens nous dénigrent, tout en nous copiant sans vergogne?

Sur le net, tout se sait, ou finit par se savoir.
Cela finira par se savoir, ou cela se sait déjà, qu’ils ont copié.

Si quelqu’un doutait de qui donne le La dans le “game” du net francophone 

Bientôt le bodybuilding va s’allier au crossfit pour faire des conférences sur… la santé? Heu…
Le sport naturel (sans dopage)? Heu…
N’exagérons pas 

On me souffle dans l’oreillette que cette alliance est déjà faite, depuis peu, mais dans le domaine le plus neutre possible 

LDMT est le vecteur le plus influent de la sélection naturelle dans le Fitgame (et au-delà, visiblement).

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LA SECTE DE CEUX QUI PENSENT (et multiplient les points de vue)

Suite à un excellent commentaire de Denis Tiquet, je voudrais préciser certaines choses au sujet des références de la Méthode Lafay.

Si tous les livres que je cite disaient la même chose, un seul livre suffirait 
L’approche Lafay est très différente, par exemple, du point de vue unilatéral que l’on voit dans la musculation classique, où tout le monde dit à peu près la même chose, tout en citant quelques études discordantes aussitôt oubliées (ou appliquées un temps de manière périphérique).
En musculation classique, on part de pas grand chose (un domaine d’étude très circonscrit, très peu étendu) et on généralise, voire on “philosophe”. On essaie de valider ses présupposés, qui ne sont autres que ceux de la culture dominante.

L’inversion accusatoire, bien connue en psychologie, est le procédé habituel de ceux qui reprochent à la Méthode Lafay ce qu’ils font eux-mêmes : être sectaires, intolérants, refusant l’ouverture et la liberté d’expression.

La Méthode Lafay est la tentative (réussie) de lier de nombreux domaines du savoir, n’allant pas tous dans le même sens idéologique, n’adhérant pas aux mêmes conclusions, afin d’en tirer un modèle applicable lorsque l’on veut croître (se développer) et durer (vivre en bonne santé le plus longtemps possible).

Si ceux qui cherchent à se débarrasser d’un problème gênant sans trop avoir à penser, lisaient, se cultivaient et étaient aptes à lier et comparer des savoirs, l’accusation de secte Lafay, qu’ils balancent à tout va, où les gens liraient des références adoptant unilatéralement le même point de vue, tomberait brutalement.

Quelques exemples, afin de mieux comprendre 

Edgar Morin critique Gregory Bateson, qu’il intègre à sa Méthode.
Henri Atlan, dans Entre le cristal et la fumée, critique Morin…
Mathieu Triclot, dans Le moment cybernétique, critique Atlan, lui-même considéré par le magazine La recherche comme un génie ayant eu 40 ans d’avance.

Stirner (L’unique et sa propriété) affirme la primauté du MOI JE, qui est largement et fortement condamné par Durckheim (Hara, centre vital de l’homme).

Nietzsche, premier psychologue des profondeurs, est repris tout en étant critiqué par Watzlawick, représentant célèbre de Palo-alto, qui rejette la psychiatrie et la norme de santé mentale, pourtant reprise et intégrée par Nardone, issu du même mouvement et collaborateur de Watzlawick.

Alexander Lowen, reprend, dépasse et critique Freud, et se situe sur une ligne opposée à celle de Palo-alto, qui mise essentiellement sur la communication.
Et des auteurs dont je parlerai bientôt font vivre ensemble, avec finesse, ces deux opposés.

Ehrenberg, avec son étude classique sur la performance, n’a pas encore été jeté de son piédestal, tant son analyse est pertinente. Si bien que même les Staps le reprennent, sans pour autant responsabiliser leur discours.

Bruce Lipton, de par son point de vue religieux, centré sur l’individu, est contré par de nombreuses autres références de la Méthode Lafay.

De Rosnay a une vision très entrepreneuriale de la cybernétique, certainement à l’opposé de celle de Bateson, qui l’a nourri pourtant.

La question du curseur à déplacer et fixer entre compétition et coopération, est fondamentale. Il faut apprendre à penser ces opposés. et savoir les faire cohabiter, nécessairement.
Ainsi, Pierre Rabbi est pris non comme modèle, mais comme outil pour penser nos conditionnements. Sa vision de la croissance est-elle la nôtre?

Etc.

Mon travail a toujours consisté à assimiler autant ce qui allait dans le sens de mes présupposés que ce qui s’y heurtait, du moment que cela était pertinent et/ou sourcé.
Puisque mon projet de base a toujours été : lutter contre l’entropie, croître et durer.

Il paraîtra évident à toute personne un peu cultivée qu’il faut adopter une méta-position très réfléchie pour allier Reich et Watzlawick…

En fait, la question à se poser est toujours la même : quel est le projet?
Quelle est la fonction d’un discours ou d’un comportement dans un système? Pour le système?

Si le projet est juste de faire du muscle, sans inclure d’autres paramètres (ou si peu), forcément…

Si le projet est de protéger ses croyances et/ou sa mémoire traumatique, forcément…

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Olivier Lafay

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Ci-dessous, le commentaire de Denis :

Je ne crois pas qu’il faille juste opposer fermeture et ouverture d’une façon telle qu’éviter certaines choses serait être totalement fermé (et ce serait négatif) et que pour être ouvert (positivement) il faudrait lire tout ce qui nous tombe sous la main.

Pour élargir ce principe au-delà de la lecture, doit-on absolument tester tout ce qui existe dans la vie pour être “ouvert” ?
Assurément non.

Il y a des choses qui ne nous plairons pas, d’autres qui nous ferons du mal et on peut le savoir à l’avance selon notre vécu, nos expériences, nos savoirs…

En ce qui concerne les lectures, faut-il absolument lire l’intégrale de Steve Jobs, la biographie de Justin Bieber, les livres de Tony Robbins et les leçons de développement personnel (et ça fait un sacré paquet de livres) en plus de Edgar Morin pour être plus ouvert que celui qui prendra plutôt du temps pour Edgar Morin et Alain Ehrenberg mais évitera les biographies de toutes les personnes ayant “réussi” ?

Pas sûr.

En fait, on en arrive à la question des critères et de la hiérarchisation des lectures.

Et quand on a des critères, forcément, on élimine certaines choses et on en garde d’autres, sauf si le critère unique est “l’ouverture” , critère dont la mesure est de lire tout ce qui nous passe sous la main sans considération pour le contenu, les apports, la qualité de l’ouvrage.

Mais être en ouverture totale et absolue n’est pas souhaitable. Il faut pouvoir filtrer. 

Enfin, pour ta question, ça dépend ce que tu entends par “plaire”.

Ce qui compte, c’est de ne pas rejeter une lecture parce qu’on sait qu’elle risque de mettre à mal certaines de nos croyances.
Il faut pouvoir utiliser les informations même contradictoires pour enrichir et nuancer sa pensée, pouvoir la complexifier.

Mais ça ne veut pas dire que pour avoir une valeur une “information” doive être contradictoire avec nos croyances.
Elle peut être contradictoire et sans aucune valeur ou bien ne rien apporter alors qu’elle va dans le sens de ce que l’on connaît.

Si l’on prend exemple sur le thème de l’éducation bienveillante, il y a des ouvrages qui, une fois qu’on en a lu plusieurs sur le sujet, n’apporteront rien. Alors qu’ils vont dans notre sens…

Et lire quelqu’un qui nous dit “non mais moi la fessée ça va j’ai pas été traumatisé”, dès que tu connais les travaux scientifiques les plus récents sur le sujet, tu ne peux pas juste accepter et changer tout ton système de croyances pour ça. 

Cela étant, il peut y avoir des choses fausses ou incorrectes dans certaines des connaissances acquises et des ouvrages vont permettre d’enrichir, de corriger tout cela et rejeter alors que ça pourrait apporter quelque chose à sa grille de lecture, c’est là que ce n’est pas bon.

Et on pourra noter dans l’approche pluridisciplinaire de la Méthode Lafay que les auteurs de références ne sont pas toujours sur la même ligne exactement: il y a des approximations ici, une contradiction entre auteurs là et à force de lectures, toutes ces différences permettent d’avoir de la nuance dans une pensée riche et complexe.

Si tout le monde disait strictement la même chose, quel intérêt?

Si tout le monde disait tout et son contraire, comment avoir une vue d’ensemble riche et cohérente sur les choses?

Il y a des points de convergence, des points de divergence, à chacun de se nourrir de tout cela, puis au fil du temps creuser plus en détails certains points qui l’intéressent de son côté ou avec nous et de juger toujours mieux, se nourrir et s’enrichir toujours mieux…

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PRODUIRE UNE PENSÉE HONNÊTE

Peut-être, et même certainement, l’on devrait faire la différence entre une pensée auto-centrée, fermée, pauvre, et une pensée ouverte et enrichissante.
Même si une pensée fermée peut être enrichissante, de par sa différence, pour celui désireux de croître et durer…

Nombreux sont les textes, nombreuses sont les vidéos, et même les livres, qui sont produits en circuits fermés, et où l’auteur cherche essentiellement à justifier les théories prises à d’autres, ou qui ont germé en lui, et par lesquelles il se définit.

Pour ce faire, il construit tout d’abord sa vision du monde, de manière inconsciente, assis sur le socle irréductible de l’enfance, jusqu’au moment où il veut se gratifier en l’établissant dans le monde (en la faisant accepter par d’autres). Alors, il va rédiger sa conception, pour publication écrite ou orale.
Il prend un ou plusieurs thèmes (comme le sens de la vie, la pensée, l’amour, le travail, etc.) et dit de manière plus ou moins ordonnée ce qui lui passe par la tête.
Et, de manière totalement naïve (souvent) ou malhonnête (souvent aussi), il va chercher des soutiens un peu au hasard, à l’aide de mots-clefs, chez d’autres auteurs.
Il se met à parsemer ses propos de citations d’auteurs qu’il n’a JAMAIS lus, prenant hors-contexte, et sans aucune envie d’enrichir sa pensée, des successions de mots qui semblent le valider.

Bien entendu, le must consiste à citer des scientifiques connus (Einstein, Heisenberg), quelques hommes reconnus comme sages et un ou deux auteurs en vogue. Et puis, dans tout cela, il ajoute quelques auteurs bien moins connus, pour donner l’impression qu’il est érudit.
Il veut impressionner en validant de manière circulaire, repliée, ses croyances.

Son but n’est pas de produire de la connaissance, de lier des savoirs pour croître, de progresser en lui-même par un travail de recherche, mais de se valider, de ramener à soi tout ce qu’il peut pour valider son être actuel ; et la croissance recherchée n’est pas celle du Soi, mais la confirmation de croyances par l’approbation d’un public.

C’est une démarche où l’environnement n’existe que pour confirmer un état du système-individu conçu intimement comme indépassable.
L’information (comme par exemple des citations) est récupérée à l’extérieur, non pas pour complexifier le système (la personne totale), mais pour figer toujours plus le système dans une configuration qu’il a atteinte.
C’est une armure qu’on fabrique pour l’enfiler sur l’amure déjà existante. Une double protection.
C’est une tentative de protéger sa propre construction, qu’on ressent comme fragile.
C’est le caractère (au sens de Reich) qui veut par tous les moyens rester caractère et toujours plus se durcir au lieu de s’assouplir.

Reprenons la logique à son début : l’enfant que nous avons tous été se retrouve très tôt à buter contre l’incompréhension parentale et le formatage social. Ses émotions sont soit totalement niées, soit niées de manière régulière. Extrêmement fragile, dénué de toute protection, il est extrêmement sensible à tout ce qui va lui donner la sensation d’être incompris et rejeté. Et il va très souvent dissocier (se déconnecter de ses émotions, trop violentes pour être vécues et assimilées).
N’ayant plus accès à de nombreuses émotions, parts de soi, il devient alors INCOMPLET. Et met en place des compensations pour devoir survivre. 
Se fabrique alors son « caractère » (des restrictions mentales et physiques), sa forme figée, peu susceptible d’évoluer (ça ne change pas un homme, disait Johnny, un homme ça vieillit). Il se fabrique une armure, et y reste emprisonné.
Figé dans une image de lui-même, il est alors narcissique, auto-centré, aussi éloigné des autres que de ses propres composantes non-assimilées (refoulées).

Sa « philosophie » ne sera alors que la justification de son propre fonctionnement incomplet…

Il lit peu, voire pas du tout, et s’il lit, il se tournera essentiellement vers les livres vers lesquels sa propre programmation l’aura fait se diriger. Autrement dit, son « caractère » le pousse vers des livres, qui vont confirmer son caractère…
C’est une boucle refermée sur elle-même, où la personne peut s’illusionner en croyant apprendre.
Un être incomplet, désireux de le rester, a des horizons limités.

On peut donc voir, sur les réseaux sociaux, des personnes mettant régulièrement en avant des citations, d’auteurs qu’elles n’ont jamais lus. Du moment que cela semble s’accorder avec leurs croyances et pensées du moment…
A un autre niveau, il y a ceux qui pondent un texte plus ou moins grand, s’improvisant philosophes, et utilisent Wikipedia ou les dictionnaires de citations, pour étayer ce qu’ils écrivent, tirant au hasard.
A un autre niveau encore, il y a les « penseurs youtube », plus ou moins formés (souvent moins que plus), qui produisent de longues vidéos, parfois emplies de jargon, mais creuses.

Et cette dernière catégorie devrait être rapprochée de ces écrivains, parfois très connus, qui ne cherchent qu’à consolider leur propre image, à densifier leur « caractère » au lieu de l’assouplir et le dissoudre, à justifier leurs croyances, avec parfois une érudition réelle, mais qui ne cessent de se prendre les pieds dans le tapis, tant ils sont incohérents, n’ayant jamais pu se confronter à leurs oppositions internes (à leur refoulé).
Le travail d’écriture n’est pas, dans ce cas, un travail sur soi, mais un travail parfois très élaboré de fuite de soi. Ce n’est pas le Soi qui s’expose dans les écrits, mais un Moi Intransigeant, en quête de suprématie (autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du système).
C’est un travail destiné à se rassurer, dans la continuité de l’effort réalisé tout petit pour se donner le droit d’exister malgré les différentes formes de violences, contraintes, exercées par les adultes.

La démarche opposée, celle du penseur honnête, consiste à :
– lire beaucoup de livres, de tous styles, dans tous domaines, et chercher ce qui peut être subversif à nos yeux ;
– être attentif à tout ce qui nous contredit et chercher à être honnête, c’est-à-dire à intégrer ce qui s’avère contraire à nos croyances, si bien démontré, et donc modifier nos propres croyances (élargir, ouvrir et changer le système que nous sommes en y ajoutant d’autres données) ;
– se rapprocher de sa mémoire traumatique, afin de se mettre en disposition de cesser d’être intimement incomplet, ce qui nous rendra ouvert à tout ce qui nous était caché jusque-là suite aux orientations prises lors de la formation de notre « caractère » ;
– ne citer principalement que des auteurs qu’on a lus (ne pas chercher, en bel imposteur, à impressionner nos interlocuteurs, lecteurs ou spectateurs, en faisant mine d’être cultivé) ;
– citer ceux qui nous ont inspiré. S’il n’y a personne, c’est bien la preuve que nous sommes auto-centrés, absolument narcissiques, et très refermés sur nous-mêmes, donc très traumatisés, avec un immense refoulé et beaucoup d’inculture ;
– accueillir avec satisfaction et auto-dérision, ceux qui mettent le doigt sur nos tâches aveugles cognitives (qui sont parfois très nombreuses, même chez des auteurs en vogue à la Tv, et c’est bien normal, puisqu’ils valident par leurs écrits le système en place qui en a fait des traumatisés).

Le penseur honnête grandit en vieillissant ; il change vraiment. En changeant, il vieillit moins, moins vite, car il croît constamment et se complexifie, luttant ainsi contre l’entropie. Il se libère, plus ou moins totalement, de ses démons, et peut enfin jouir de la vie, ne plus faire semblant, en mentant aux autres et à lui-même pour conserver une forme déterminée par le milieu social et familial d’origine.

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LES POIVROTS MUSCLÉS DU NET

J’étais en fait à la recherche d’un article mentionnant l’expression “poivrots du net” que j’ai utilisée à plusieurs reprises pour désigner une masse d’ignorants fébriles et hargneux qui utilisent le net comme une arme dans le but souvent inconscient de détruire autant d’intelligence que possible.

Ceci (ma recherche) pour produire un écho avec la citation d’Umberto Eco ci-jointe.

Ce qui dépasse l’imbécile devrait ne pas exister. Or, si on fait le compte de tout ce qui dépasse l’imbécile, le monde finirait par se réduire à son clavier ou son verre. Et, pour certains, à leurs haltères…

Lors de ma recherche, je suis tombé par hasard sur la page d’un auteur de livres de musculation connu, qui utilisait une étude “scientifique” très légère pour essayer de faire du tort à la Méthode Lafay (son principal concurrent). Il s’agissait de dire de manière lapidaire que la musculation au poids de corps était démontrée comme inefficace…

Dans les commentaires, sous cette publication, bien évidemment, des torrents de haine et de bêtise.

N’ayant pas mon article comprenant les mots “poivrots du net”, j’ai trouvé son expression vraiment parfaite dans l’un des commentaires, dont je vous cite un extrait.

L’auteur répond à un pratiquant de la Méthode venu la défendre et qui dit que les animaux se musclent très très bien avec leur propre poids de corps. Or, nous sommes des animaux…

La réponse : “Venir nous raconter que les animaux prennent du muscle sans charges additionnels et que certaines espèces ont de meilleurs capacités athlétiques que nous, c’est juste prodigieux!

Mais qu’est ce qu’on en a à foutre sérieux? Ça prouve quoi? On a pas du tout la même génétique, c’est pas comparable.

Ça n’a rien à foutre dans le débat.”

>>> Ce commentaire est tellement débile, de mauvaise foi, preuve d’inculture, que cela touche au sublime 

“On a pas du tout la même génétique”

.. que tous les animaux de la terre?

Bien sûr que l’on n’a pas la même génétique que les autres animaux. Mais cette généralisation est stupide et sert à noyer la réflexion.

Le pratiquant Lafay voulait simplement dire qu’il serait étonnant, quand même, que l’homme soit le seul mammifère incapable de se muscler avec son poids de corps.
Mais son interlocuteur lui répond à côté, afin d’éviter toute remise en question.
Bien sûr qu’on ne peut comparer la puissance d’un lion et celle d’un humain…
Donc le sujet n’était pas celui-ci.

Vouloir exclure du débat ce qui dérange, afin que le “débat” (un lynchage en fait) se termine bien pour cet adepte du KKKM (Klu Klux Klan de la Musculation), c’est un des artifices inconscients (ou pas) récurrents.

Tel est le poivrot musclé du net…

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