LE CULTE DU SACRIFICE

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(Le No Pain No Gain est une idée)

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Dans le Tome 2, j’ai montrĂ© les liens historiques, sociologiques, psychologiques, entre la vision frontale de la guerre (Clausewitz) et la musculation classique.
Se sacrifier, telle est l’idĂ©e principale…

Tous les propos tenus sur le net par les partisans de la musculation classique qui ne m’ont pas encore copiĂ©… vantent le sacrifice. Il faut se faire mal, sortir de sa zone de confort.
Il faut “se battre” pour obtenir un corps musclĂ© (avec un peu de recul, on trouve que faire l’apologie du “fight” juste pour de gros muscles, est comique, mais les gens qui le font sont très sĂ©rieux).

La pratique intensive de la musculation mène Ă  l’auto-destruction, EST auto-destruction. Elle est sacrifice. Et le comble de l’auto-destruction est la mort par sacrifice, pour des idĂ©es…

Ci-dessous, un texte de Brassens mis en chanson, qui ridiculise cette idĂ©e du sacrifice, et oĂą l’on voit pointer les raisons de la haine des dĂ©tracteurs de la MĂ©thode Lafay (mourir pour des idĂ©es n’ayant plus cours le lendemain, c’est ballot).

Mourir pour des idĂ©es, l’idĂ©e est excellente
Moi j’ai failli mourir de ne t’avoir pas eue
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus

Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant cette erreur, se rallie Ă  leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourons pour des idĂ©es, d’accord, mais de mort lente,
D’accord, mais de mort lente

Jugeant qu’il n’y a pas pĂ©ril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, Ă  forcer l’allure, il arrive qu’on meure
Pour des idĂ©es n’ayant plus cours le lendemain

Or, s’il est une chose amère, dĂ©solante
En rendant l’âme Ă  Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompĂ© d’idĂ©e
Mourons pour des idĂ©es, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Les Saint Jean bouche d’or qui prĂŞchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idĂ©es, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas

Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en apartĂ©
“Mourons pour des idĂ©es, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente”

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idĂ©es, c’est bien beau mais lesquelles ?

Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourons pour des idĂ©es, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Encore s’il suffisait de quelques hĂ©catombes
Pour qu’enfin ici bas, tout changeât, tout s’arrangeât
Depuis tant de “grands soirs” que tant de tĂŞtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencĂ©e
Mourons pour des idĂ©es, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Georges Brassens

NOTA : j’ai pris des photos d’une page facebook oĂą les slogans assĂ©nĂ©s rĂ©gulièrement se situent exactement sur la ligne de ce culte du sacrifice. 
Sauf une image, qui dit, comme moi, qu’il faut prendre soin de son corps… Certainement parce que, dans l’esprit des administrateurs, se faire mal, ne jamais lâcher, croire qu’on peut ĂŞtre qui on veut, c’est prendre soin de soi.

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