De la la violence subie à une musculation qui libère…

femme-emprisonnee

Nota : cette réflexion est venue suite aux accusations qui ont été portées contre moi, quand des « féministes » ont pensé que pousser les gens à réfléchir à leurs responsabilités dans les rapports tendus entre hommes et femmes était « légitimer le viol », etc.

Cela parle de viol, donc c’est un sujet qui concerne beaucoup de gens.

°

Le viol est un sujet grave. Utiliser cela pour essayer de me salir, voire de me détruire, car mes propos dérangent, est profondément malsain.

Quelques chiffres, que je rappelle :

« On ne connait pas le nombre exact d’hommes victimes de viol, on estime à 7-10 % le nombre d’hommes qui ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie en France. La plupart de ces agressions sont commises par d’autres hommes.
– 1 femme sur 10 a été violée ou le sera au cours de sa vie.
– 57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) »

Donc, sur ce groupe, il y a plus de 1000 personnes qui ont, statistiquement, subi des violences sexuelles.
Et 10.000 qui ont subi des violences éducatives, au minimum.

C’est pour modifier le cours des choses que LDMT et moi nous nous battons, en proposant… de l’instruction et de la réflexion.
Modifier le rapport au corps, l’exercer pour en reprendre le contrôle et reprendre goût à la vie, savoir relativiser et déconstruire l’obsession de la beauté physique, tout ceci est facteur de progrès humain.

Dire de quelqu’un qui cherche à améliorer les relations humaines, en poussant les gens à réfléchir à leurs conditionnements et leurs responsabilités, qu’il fait l’apologie du viol et des violences faites aux femmes est non-seulement blessant, erroné, mais aussi très grave.

LE RAPPORT ENTRE MES ARTICLES (sur les relations humaines) ET LE SPORT?

Voilà une réponse… de base

°
Ce que j’écris ci-dessous est valable pour tous, s’adresse à TOUS et TOUTES… mais… si une féministe hystéro-dingo débarque, parachutée ici par ses copines hargneuses et assoiffées de victoire, pour me demander, encore une fois, le rapport entre mes articles et le « sport », il s’agit de lui répondre de manière très simple (qu’elle puisse comprendre) :

1 – Pour croître et durer, il faut chouchouter son système nerveux (démonstrations déjà faites, cherchez les articles et lisez le tome 2).
Je fournis des dizaines de milliers de pages de références pour l’expliquer.

2 – Le chouchoutage du système nerveux dépend totalement des relations que nous entretenons avec notre environnement (dont les autres humains sont une partie essentielle).
Références : Henri Laborit, Eric Berne, Gregory Bateson, Jean-Jacques Wittezaele, Paul Watzlawick, Joël de Rosnay, Joël Monzée, Etc.

3 – Toute connaissance qui nous permettra de prendre du recul sur nos relations pour les améliorer sera donc ESSENTIELLE… à notre croissance, à nos changements physiques si on les veut… durables.
L’altruisme est un égoïsme bien compris…
La pensée écologique (celle qui définit les rapports adéquats avec l’environnement, tout comme l’écologie de l’esprit) devrait donc être la première préoccupation de chacun.

Conclusion : le fait quelles n’aient jamais pensé à ça (comme tant de monde) en dit long sur le formatage social dont elles ont été l’objet. Car demander le « rapport » (entre la culture et la musculation) est le signe d’une incompréhension complète de son propre fonctionnement.
Et cette incompréhension sert les intérêts des dominants. Il est plus difficile d’exploiter des gens qui sont conscients de leurs vrais besoins, et qui oeuvrent pour les satisfaire.
Je vous envoie à la lecture de « Communication et société » de Gregory Bateson, où sont mis en évidence les liens entre dominance, exploitation humaine et sortie de la zone de confort.

Tant qu’on n’a pas compris ça, comment être authentiquement subversif?
On ne l’est PAS… On ne fait, en réalité, que proposer des ghettos, de la violence, de la séparation, de la haine, et ceci en parfaite adéquation avec le modèle dominant (que l’on croit pourtant critiquer).

Tout ce qui détruit du lien humain est pour moi profondément haïssable.

°

°

NOTA : Bateson n’est pas le fils de Bateman, roulant en Batemobile 😉
Ni un affreux gauchiste, barbu et mal lavé, défilant au son de l’Internationale…

Gregory Bateson est un biologiste, anthropologue, psychologue, éthologue, cybernéticien, pionnier de la pensée systémique et le pionnier de la pensée écologique moderne. C’est une des sources essentielles d’Edgar Morin.
Son père, William Bateson, a forgé le terme « génétique ».
Gregory Bateson a théorisé le concept de Double Bind, et est l’élément théorique fondamental sur lequel s’est construite l’Ecole de Palo Alto (thérapies systémiques). Il a influencé toutes les conceptions pluridisciplinaires, et est une des références majeures de la Méthode Lafay.

LA journée DU Câlin…

calins

(21 janvier, journée mondiale du câlin, semble-t-il)

°

Ce qui est paradoxal (mais avec un fond logique), c’est d’instaurer une journée des câlins dans un monde de violence permanente, d’encouragements à la compétition, la concurrence, la destruction des autres, leur humiliation, etc.

Comme si « on » nous donnait ce DROIT (qu’on ne sait prendre nous-mêmes), dans un climat constant de DEVOIRS de haine, et de coups à donner (à soi et aux autres).

Que peut-on dire d’une société où il faut rappeler aux gens qu’il est important de se faire des câlins?

°

Les câlins, ce n’est pas un droit, pas une obligation, pas un « truc » de plus à fêter, devant lequel on devrait s’incliner, et qu’on oublie le lendemain… ce devrait être un mode de vie.

°

Il y a un lien étroit entre câlins et santé du SNC (système nerveux central).
Lutter contre l’entropie, se régénérer, se sentir bien et heureux de vivre passe par le câlin. Sans câlins, on se flétrit.
Je vous renvoie à Henri Laborit et Eric berne, qui l’expliquent très bien.

Les caresses sont bonnes pour la moelle épinière (Eric berne).

Ce qu’on peut dire de notre société est qu’il faut qu’elle soit diablement pervertie pour que ce fait biologique soit oublié, souvent rabaissé et empêché.
Pour qu’on nous rappelle qu’il faut y penser une fois l’an…

EST-CE AUSSI SIMPLE?

bd-1

 

Ce matin, je suis tombé par hasard sur cette BD, publiée sur la page d’un de mes contacts (femme et lesbienne, cela a son importance). Sous la BD, il y avait une discussion, de celles qui reportent les attitudes entreprenantes des hommes sur ce qui serait une sorte de concupiscence débile très masculine. Et la femme serait une innocente injustement malmenée par ce désir masculin hors de propos.
J’ai participé à la discussion. Ce n’est pas la première fois que j’interviens ainsi dans une discussion de ce genre ces dernières années.

Les BD telles celle mise en évidence ici sont extrêmement simplistes, jamais nuancées, et nourrissent une guerre hommes/femmes, dans un monde où sévit la lutte pour la dominance, et le besoin de lécher ses blessures narcissiques par l’entremise d’une séduction sans cesse renouvelée.

Je vous mets ici mes seuls commentaires, qui sont donc en partie décontextualisés, et je suis ouvert au débat.

« Tant qu’on remet la faute sur l’autre, ici le mâle bestial, c’est qu’on n’a pas vraiment compris comment fonctionne un être humain, dans un sens comme dans l’autre 😉

Les relations humaines sont co-construites, selon des codes sociaux, inspirés par des besoins biologiques à gérer.
Donc il y a co-responsabilité des hommes et des femmes dans les états de séduction…

Oui, tout comme les seins nus sur les plages, la femme se maquille, met en valeurs ses jambes, sa poitrine, etc., pour séduire. Elle cherche à se gratifier en étant désirée.
Comme souvent c’est une démarche égocentrée, narcissique et qu’on refuse de conscientiser, alors cette dernière se sentira scandalisée si des hommes entreprenent une manoeuvre allant plus loin que ce qu’elle autorise (car elle veut rester maîtresse du jeu).
Nécessairement, plus une femme sera séduisante et cherchera à gratifier son narcissisme, plus elle sera gratifiée, mais plus aussi elle aura des « demandes » qui ne rentreront pas dans son « cadre ».
Elle va s’en plaindre… mais cela fait AUSSI partie du jeu…
(Oh lala, tous ces soupirants, alors que je n’ai rien demandé, dit-elle)

De l’autre côté de la barrière de la séduction, des hommes se serviront de cette manoeuvre féminine pour justifier leur dépassement :
– des limites autorisées par la femme (qui restent subjectives et relatives);
– des limites autorisées par le cadre social du moment (les règles comportementales admises, et qui sont générales, mais restent néanmoins relatives à leur époque).

C’était la minute biologie, psychologie et sociologie, qui va un peu plus loin qu’une simple bd ma foi fort conventionnelle, démagogique et dans l’air du temps 🙂 »

« Tant qu’on n’est pas adulte dans sa manière d’envisager les rapports humains (en général), les rapports hommes/femmes se résument à de simples rapports de force, où il doit y avoir un gagnant et un perdant.

Et le gagnant et le perdant passent leur temps à se victimiser pour justifier leur quête de pouvoir (sur l’autre) sans bien comprendre ce qui les motive vraiment.
Se victimiser permet de s’autoriser à toujours dépasser les limites, sans avoir à rendre des comptes.
Narcissisme incontrôlé et dignité ne vont pas de pair.

Et comme nous vivons dans une société de compétition à outrance, les rapports hommes/femmes ne vont pas s’arranger à l’avenir. Surtout avec les pathologies mentales acquises dès l’enfance. Qui entraînent un déficit d’estime de soi à combler.

D’où l’entrée dans des « jeux », comme l’explique très bien Eric Berne. »

« Se plaire à soi serait autre chose que vouloir plaire aux autres?

Ce n’est pas où l’un ou l’autre 🙂
Ce n’est jamais ou l’un ou l’autre…
Se plaire à soi, c’est plaire à toutes les images intériorisées depuis l’enfance. La frontière entre le dedans et le dehors est très mince, voire inexistante.
Pour bien comprendre cela, il faut bien comprendre comment se construit une personnalité.

Une femme qui met des photos d’elle en dentelle, string, etc., sur une page de musculation, est bien sûr dans un processus de séduction. Qu’elle en soit peu ou beaucoup consciente.
Elle présente son image à des images (réelles, virtuelles, intérieures).

C’est pour ça que je parlais de narcissisme tout à l’heure.
Ce serait moins problématique si c’était conscient.
Mais pour que le « jeu » soit plaisant, il est préférable pour beaucoup d’entre elles d’ignorer leurs motivations profondes.
Car cela va les ramener à des blessures, des peines, pas digérées et fort anciennes.

Et pour moi, comme pour nombre de mes références bibliographiques, être lesbienne n’y change pas grand chose. Je dirais même que c’est un élément supplémentaire pour alimenter le « jeu » entre hommes et femmes. Qui est souvent une guerre, en fait.
Et il serait bel et bon d’en faire autre chose, pour le bonheur de chaque sexe. Mais c’est pas évident dans un monde qui valorise les jeux de pouvoir, assis sur des éducations traumatisantes, qui créent des déficits du coeur et de l’âme. »

LE SAVOIR UNITAIRE, c’est quoi?

Ci-dessous, je vous donne une définition élaborée par Baptiste Metayer, membre de LDMT.
Ce sera un pas de plus vous permettant de mieux réfléchir encore à vos RELATIONS.
Car nos relations sont conditionnées par notre perception, qui est conditionnée par notre langage, lui-même conditionné par notre éducation.

L’expression « savoir unitaire » vient d’un ouvrage de White et Epston (les moyens narratifs au service de la thérapie) présent dans la bibliographie du tome 2 de la Méthode Lafay.
A travers elle, on comprend mieux comment nous sommes formatés autant par notre langage que notre milieu familial, social, et ses divers traumatismes.

Nous avons déjà vu l’importance des traumatismes, qui nous conditionnent de façon irréductible (tant que l’on n’a pas abordé cela à l’aide d’outils intellectuels bien précis). Il faut créer du recul par rapport à sa mémoire traumatique, et mettre en place les conditions de son expression (pour la résorber).

Avec la notion de « savoir unitaire », nous réalisons aussi la toute puissance du langage dans la construction de nos conditionnements.
Le langage familial, acquis dès l’enfance, et qui va déterminer le discours tenu sur soi. Et le discours tenu aux autres…
Le langage de l’éducation scolaire, médiatique, professionnelle; le langage de notre culture.

C’est un thème abordé en linguistique, et cela a des conséquences psychologiques majeures. Ainsi le sinologue François Jullien parle de l’importance du langage dans la construction des façons de se penser propres à la Chine et à l’occident.
Par exemple, en se développant économiquement, la Chine acquiert le langage occidental et donc sa façon de penser et se penser. Et cela peut tout à fait expliquer la progression impressionnante du christianisme en Chine.

Heinz Von Foerster parle de trivialisation (formatage social), ce qui est une autre façon de décrire le processus mis en évidence par White et Epston.
La société fabrique de petits robots, qui sont limités dans leur manière de penser le monde et de se penser par leur propre langage; langage acquis via les outils du pouvoir (école, médias, famille).
D’où l’importance d’élargir son vocabulaire, et d’acquérir de nombreuses autres façons de penser, principalement à l’aide de la lecture.

Franck Lepage explique clairement cette idée : on croit toujours penser d’abord ce qu’on veut exprimer, puis on choisirait ensuite les mots pour le dire.

Mais en fait, c’est faux. On pense en réalité d’après les mots qu’on a en soi… Donc notre pensée est limitée par notre vocabulaire, qui exprime déjà des idées.
Ainsi, dès qu’on change de vocabulaire, on change de façon de penser.
Donc, si un pouvoir quelconque impose un type de vocabulaire, il impose une façon de parler et AUSSI de penser. Il peut ainsi élargir, diminuer, orienter, notre façon de penser (le monde, la société, les autres, nous-mêmes).
En bien ou en mal…
C’est très bien décrit dans le livre 1984.

Et le premier lieu où le formatage de notre pensée se réalise, c’est bien sûr la famille, considérée par Wilhelm Reich comme l’interface essentielle entre le pouvoir et l’enfant. Papa et maman sont les rouages ultra-déterminants du pouvoir et fabriquent ainsi notre vision du monde selon les codes imposés.

Donc, vous êtes déjà limités (ou agrandis) dans votre façon de percevoir le monde environnant et vous-mêmes par le milieu familial.
Et si votre famille est pathologique, on peut imaginer la pression négative et lourde de conséquences du formatage.
Le langage + les traumatismes vont faire de nous ce que nous sommes, souvent à vie, sauf si « quelqu’un » vient « créer de l’espace » en nous, et que nous ne sommes pas trop abîmés (au point que notre conditionnement soit irréversible)…
En effet, l’homéostasie (le maintien de la structure) sociale est confortée par l’homéostasie individuelle (résistance au changement).

°

Ci-dessous, la présentation de Baptiste:

« Je vais tenter de simplifier au mieux le concept de savoir unitaire sans savoir où tu es rendu dans le livre de White et Epson.

Pour raconter leur histoire de vie, et ainsi exister au yeux du monde et des autres, les individus s’appuient sur un langage et des savoirs afin de transmettre leur expérience à autrui.
Mais ce langage et ces savoirs ne sortent pas d’un chapeau 🙂

Ils sont co-construits en permanence par les individus mais aussi et surtout par les instances de pouvoir en place qui vont formater les modes de langages (ainsi que les savoirs) transmis aux individus (par l’école, la télévision, le système familiale, la politique, le système économique…).

Les individus vont ainsi devenir assujettis à un certains type de savoir mais ils vont également en devenir les véhicules à travers leur narration 🙂

Un langage (ou un savoir) unitaire favorisera une seule vérité (souvent l’idéologie dominante en place) et évacuera toutes les autres possibilités.

Car c’est grâce au langage qu’on se représente « la réalité » sociale, il est donc très important pour le pouvoir en place que les individus puissent penser leur vie d’une façon qui profite aux intérêts du pouvoir. 🙂

On ne peut pas exprimer et identifier complètement la florissante et complexe expérience de « la vie ».
Mais on va tenter de narrer nos histoires avec les outils (savoir + langage) que notre socio-culture nous a donné pour le faire. Et notre socio-culture cherche à maintenir son homéostasie comme tout système complexe, d’où un savoir unitaire distillé dans l’esprit des individus par tous les canaux d’information 🙂« 

Vos représentation mentales : douceur ou « auto-violence » ?

leaJ’ai publié le témoignage de Léa sur la page Méthode Lafay, et je pense que c’est l’occasion de vous parler de ce sujet, en vitesse 🙂

Des dizaines de milliers de femmes ont eu des résultats très importants avec la Méthode Lafay. En termes de perte de poids, remodelage et bien-être, c’est la plus efficace des pratiques, relativement à l’investissement en temps et en énergie.
Les gens ont quand même 12 ans de recul (le livre est sorti en 2005).

Pourtant, malgré des résultats très importants, un nombre remarquable de femmes est allé, après une transformation fabuleuse, pratiquer du crossfit, l’entraînement peu construit de Sonia Tlev, de la musculation traditionnelle, ou d’autres programmes « fitness » nettement moins efficients.

On peut se demander pourquoi des femmes, qui ont affiché de magnifiques résultats sur les pages Lafay, avec 2 à 3 entraînements par semaine seulement, et un bien-être ressenti immense, ont préféré « en chier ».

Souvent, j’ai des nouvelles d’anciennes pratiquantes, au cours de discussions facebook mp. Je vais voir sur leur page pour vérifier, et je constate qu’elles parlent toujours du fait d’en baver à l’entraînement. Il « faut que ça fasse mal »…

Dans l’article « Je ne serais jamais assez belle », je parlais de ces femmes qui misent tout sur l’activité physique, sur la quête de perfection corporelle, alors que, en réalité, leur véritable quête, la plus profonde, est ailleurs.
On mise tout sur le corps, par incompréhension ou méconnaissance de son véritable fonctionnement, des traumatismes qui nous ont conditionnés, mais on le fait aussi pour se fuir…

Cette fameuse mémoire traumatique, que nous avons tous, ou presque tous, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour l’éviter !
Et on voit à quel point on va mal quand on abandonne la douceur à l’entraînement, afin d’aller vers des pratiques souvent bien moins efficaces, mais où on en « chie »… Ou l’on en bave et où on peut mettre en scène son héroïsme et son auto-destruction, le mal qu’on se fait à soi-même, sur facebook.

Le problème, et j’en ai parlé dans un autre article, c’est ce qui se passe quand on atteint rapidement son objectif (ou pas loin) en douceur, et qu’on se retrouve face à notre propre vide intérieur.
Tout le monde n’a pas forcément envie de se dire qu’on s’est mis à la musculation pour toute autre chose que la seule beauté corporelle, ou en croyant que cela allait résoudre TOUS nos problèmes.
Tout le monde n’a pas envie de se dire qu’on a fait aussi, et peut-être surtout, de la musculation pour se fuir. Pour s’éviter soi-même…

Le souci avec la douceur, c’est qu’un grand vide peut s’installer quand on a atteint son objectif. Un grand calme s’installe et on sent alors des « trucs » gênants qui « remontent »…
C’est plus facile de passer à côté de soi, de s’oublier, quand on vit dans le bruit et la fureur.
Les douleurs qu’on se fait, l’épuisement à l’entraînement, cela évite de penser ; et puis on se sent davantage conforme à l’idéologie dominante (faite de stress, d’humiliations, de « la réussite passe par la souffrance »).

Oui, cela vaut le coup de se poser la question : pourquoi des femmes qui ont eu d’excellents résultats en douceur, leur tournent le dos et se fixent comme objectif, non plus vraiment le corps (elles l’ont déjà atteint), mais un environnement idéologique (douleur, exhibition de sa peine physique – et donc morale – sur facebook, mode de vie décérébré de fitness girls dopées) ?

Celles qui ont lu les articles sur l’enfance, les conditionnements au No Pain No Gain, qui ont regardé nos vidéos, les entretiens avec Joël Monzée, ont de quoi, il me semble, apporter une réponse à cette question 🙂

Et cet article permet de prendre un peu de recul sur vos « choix »…

Vous pourrez noyer votre « mémoire traumatique » dans l’entraînement usant, chronophage, douloureux, et vous la raconter sur facebook, cette mémoire refera surface un jour ou l’autre. Elle est increvable !
Et cela viendra forcément. Et cela ajoutera à votre malheur. L’échec du reconditionnement de soi par la violence, par l’oubli de sa dimension humaine et spirituelle (la pensée, la réflexion et le « connais-toi toi-même ») est pourtant patent dans notre société. Mais chacun croit toujours faire mieux, différemment, ou n’y réfléchit pas, allant là où la pratique sportive ressemble le plus au matraquage social (tv, médias divers, travail, école).

Apprendre à vivre avec douceur, en se pensant à l’aide d’outils adéquats, cela devrait juste être la base. Même si c’est source de tristesse, mélancolie, de sentiment de fragilité, à certains moments du parcours.
Les outils, vous les avez sur nos pages, dans nos articles et nos vidéos.

PREMIERE INTERVIEW VIDEO

LDMT a le plaisir de lancer sa série IN VIVO VERITAS.

Nous la démarrons avec une interview réalisée au Canada, chez Joël Monzée, docteur en neurosciences, qui nous a fait l’honneur de nous accueillir chez lui pour cet entretien exclusif. 😀

L’interview est conduite par Raphaël Arditti, interne en médecine, futur psychiatre, et membre de LDMT.

Pensez au pouce bleu, à partager et à commenter si ça vous a plu.

Bon visionnage!

 

UN NOUVEL OUTIL DANS VOTRE LOGICIEL DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION

statues

 

Si vous avez lu l’article d’hier sur « la fonction des relations », je vous propose un autre bond en avant 🙂

Je suis le perturbateur de votre système, qui vous influence pour ajouter un nouvel outil à votre « logiciel » (à votre manière de considérer et traiter le monde, d’y agir).

Car, comme je l’ai déjà dit : « je ne suis pas libre de me changer moi-même, c’est l’autre qui m’aide à changer. »

En lisant l’article, vous avez engrangé un certain nombre d’idées, donc de solutions opérationnelles possibles.

Mais, est-ce que cela suffit pour agir différemment, dès la fin de la lecture?

Chez certains, oui. Ils intègrent immédiatement les données de mon article à leur « logiciel ». Ils voient désormais les choses différemment et vont pratiquer différemment.

Chez d’autres, il manque une « logique » pour que cela devienne « actif »; il manque un processus.

Ce qui leur manque, c’est qu’on leur dise juste ceci : « vous pouvez désormais traiter différemment les informations, pour votre plus grand bien, si vous décidez consciemment d’ajouter cet outil de recul stratégique à votre personnalité. »

Gregory Bateson appelle « apprentissages secondaires » les multiples conditionnements qui font une « personnalité ».
C’est une mise en forme de vous-mêmes, par de multiples conditionnements opérés dès votre naissance, qui fait ce que vous êtes.

Si vous vous dites que vous pouvez élargir votre personnalité, pour votre bien, en y ajoutant les outils donnés dans mon article, alors il est très possible que ces outils restent en conscience ou tout proches de la conscience, et soient donc régulièrement utilisés.

En fait, ce qui manque à la plupart des gens, pour qu’il y ait un véritable changement, ce n’est pas seulement de disposer de nouvelles informations sur leur comportement, de comprendre, mais de savoir comment intégrer une bonne fois les outils de compréhension donnés. Comme faire pour qu’ils deviennent, ces outils, « une seconde nature »…

Ce qui leur manque, c’est ce qu’il faudrait qu’ils se disent pour que leur personnalité intègre un nouvel apprentissage, en soit complètement imprégnée, au point de fonctionner désormais différemment.

Ce qu’il leur faudrait, c’est donc un nouveau discours intérieur.

Une nouvelle forme narrative (merci à messieurs White et Epston)…

°

Vous pouvez, si vous le souhaitez, commenter en disant ce qu’il faudrait que vous vous disiez pour que votre logiciel intègre une bonne fois les outils de l’autre article

Sinon, commentez juste pour dire ce que cet article vous apporte

LA FONCTION D’UNE RELATION DANS VOTRE SYSTÈME

(amour, musculation, automobile, musique, etc.)

 

mains

 

C’est la toute première question à vous poser. C’est l’essentiel pour mieux se comprendre et s’orienter. C’est LA question !
Et, c’est directement issu de l’approche cybernétique, la plus complète qui soit en matière de psychologie des comportements.

1 – nous sommes des machines biologiques à traiter de l’information.
C’est-à-dire que notre système nerveux puise en permanence de l’information, en nous et hors de nous, pour trouver le comportement qui semble le mieux adapté. Le but naturel de la machine biologique est de survivre et se reproduire.
Il faut donc bien retenir que nos sens servent à recueillir de l’information.

2 – le traitement de l’information est pour l’essentiel totalement inconscient.
Imaginez ce qui se passerait si vous deviez consciemment analyser un nombre considérable de données afin de juste franchir une marche d’escalier…
J’ai pris l’exemple de la marche, car c’est une aptitude de l’organisme extrêmement complexe. Les créateurs de robots connaissent bien ce problème.

3 – lorsque nous traitons l’information, forcément, nous réalisons des opérations à l’aide d’outils – déjà – intégrés en nous. Cela se fait à notre insu, l’immense majorité du temps, ce qui donne une idée de notre « liberté » 🙂
Nous traitons l’information d’après des processus conditionnés :
– par nos gènes ;
– par notre environnement socio-culturel (école, tv, travail, livres, cinéma, amis) ;
– par notre éducation familiale (souvent le lieu des tout premiers traumatismes).

4 – le traitement de l’information a un unique objectif : l’adaptation aux aléas de la vie. Nous cherchons à nous adapter au mieux, mais nous le faisons uniquement, et c’est très IMPORTANT à comprendre, compte tenu de nos outils de traitement de l’information !
Nos conditionnements ont produit une structure comportementale, une homéostasie, qui par définition tient à sa forme et va donc éviter tout grand changement ; elle persévère dans son « être » et traite donc les informations dans ce but.

Les systèmes sont conservateurs… par définition. Ce qui signifie que tout ce que vous avez obtenu de la vie (en bien et en mal), tout ce qui vous a mis en forme (structuré ), constitue un filtre qui met l’accent sur certaines informations, en élude certaines, en rejette d’autres, afin d’assurer la stabilité de ce que vous êtes (de votre système).
Cette stabilité peut être totalement auto-destructrice. Nous ne cherchons pas nécessairement notre propre bien…
Nos réactions auto-destructrices sont les fruits de nos conditionnements.
Et dans une société qui est faite de multiples douleurs, dès l’enfance, nos conditionnements, qui oeuvrent à notre insu, je vous le rappelle, ne nous veulent pas toujours du bien.

5 – si nous sommes par nature des systèmes, c’est-à-dire ayant une volonté de stabilité (homéostasie), nous avons aussi le potentiel des systèmes complexes, celui qui nous permet de changer, mais toujours dans une dialectique avec l’homéostasie.
En permanence, la possibilité du changement s’oppose à l’homéostasie. Le mouvement vers un « autre que soi » s’oppose à la stabilité.
C’est bien normal, car si nous pouvions changer n’importe comment, n’importe quand, sans règles de transformations, nous n’aurions plus d’identité.
Notre identité est le fruit d’une mémorisation d’informations dans le cadre d’un système relativement stable.

6 – Nous pouvons donc changer, gagner en liberté, mais il nous faut pour cela nous poser des questions essentielles. Il nous faut nous demander, pour mieux se comprendre et modifier les opération inflexibles dictées par l’homéostasie, quelle est la fonction dans notre système de nombreux comportements.
Cela nous apprendra des choses sur nous, sur notre fonctionnement, sur nos conditionnements et la manière dont ils nous gouvernent à notre insu.

Quelle est la fonction dans notre système d’un acte ?
Quelle est la fonction dans notre système d’une pensée ?
Quelle est la fonction dans notre système d’une émotion ?
Quelle est la fonction dans notre système d’une passion ?
Quelle est la fonction dans notre système d’une addiction ?
Quelle est la fonction dans notre système d’une femme, d’un homme (de tel ou tel homme, de telle ou telle femme)?

Chaque comportement, intérêt, pensée, a une fonction : nous adapter aux aléas de la vie en respectant notre stabilité interne (fruit de nos conditionnements).

Si nous ne pensons pas ces fonctions, forcément nous ne ferons en aucun cas dévier les opérations produites par nos conditionnements. Nous ne changerons pas, même en nous démenant comme des dingues (en nous faisant violence, NPNG)…
Nous pourrons obtenir des changements superficiels, mais qui entreront en conflit avec la manière globale dont le système se perçoit, ou avec de multiples mécanismes qui lui sont propres.
Le système cherche à changer, oui (nous cherchons à changer), mais en nous soumettant aux injonctions inscrites en nous, dictant la « bonne manière » de changer. Et cette « bonne manière » en restant fidèle à nos croyances (conditionnements) peut s’opposer et à notre physiologie et à ce qu’est un système humain équilibré psychologiquement.
D’où une souffrance physique et morale, inéluctable (à court, ou moyen terme)

7 – souvent, quand nous répondons à nos conditionnements (le « bon » comportement ayant rempli la « bonne fonction » dans le système) lors d’un traitement d’informations, nous nous sentons bien ou « mieux ».
C’est normal, car nous avons en nous un système de récompense, qui « flatte » notre obéissance !

Mais cela ne signifie PAS que nous avons pris la bonne décision, adopté le comportement le plus sain (physiquement et psychologiquement). Cela va dépendre de l’état de notre système de traitement des informations !
Donc de nos conditionnements…

Par exemple, si vous vous êtes senti très faible à plusieurs moments de votre vie (souvent l’enfance et l’adolescence), et que vous avez ressenti très fort le besoin de vous renforcer, il se peut que vous optiez pour une pratique No Pain No Gain (violente) de la musculation. Cette pratique violente aura pour but de vous rendre plus fort, certes, mais aussi de vous rendre par l’action conforme à certains conditionnement sociaux et familiaux, et de libérer des drogues (endogènes) vous permettant d’obtenir une satisfaction (et donc une reproduction des actes).
A terme, malgré votre sentiment de satisfaction (construit en interne, je le rappelle), vous allez souffrir physiquement et moralement. Et tout handicap va annihiler votre possibilité de compenser la faiblesse ressentie par la force montrée.

Autre exemple : si votre père battait votre mère, vous battait, et trompait votre mère, et que vous êtes une femme, alors il y a de fortes chances que votre système vous conduise, totalement à votre insu, à vous remettre dans une situation soit identique, soit similaire. Votre choix de partenaire se fera inconsciemment, sur la base de signaux infimes, mais bel et bien exprimés.
Et la rigidité de votre homéostasie donnera naissance à une addiction : vous serez possédée par la situation (par l’autre).
L’homme remplit une fonction dans votre système… Ne pas dévier d’un modèle. Et il sera très dur d’en sortir si vous ne réfléchissez pas à la fonction qu’occupe chaque homme rencontré.

°

CONCLUSION :

Prenez le temps de vous observer. C’est cela le recul stratégique. Et cherchez régulièrement à comprendre les fonctions de vos comportements (sensations, émotions, pensées, actes, paroles, écrits).
Qu’est-ce que cela cherche, à rassurer, protéger, reconduire, reproduire, compenser ?
Est-ce sain ? Sur quelles bases j’en décide ? Comment faire évoluer la situation au mieux (et cela veut dire : comment trouver ou retrouver ma zone de confort, et l’élargir)?

L’amitié, l’amour… apprivoiser…

marie-terrayNe trouvez-vous pas que beaucoup d’hommes et de femmes se désirent, s’utilisent, se blessent, mais ne prennent pas le temps de s’apprivoiser?
Comment faire croître et durer une relation si on n’a su rendre l’autre unique?
Et si cela aussi s’apprenait?

Petite mise en perspective, avant les articles à venir 🙂

°

« Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes […]. »

°

– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

– Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses:

– Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient bien gênées.

– Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard:

– Adieu, dit-il…

– Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

– Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

°

Illustration de Marie Terray (la rose du Petit Prince).