Autonomie et progression : les conditions de modification de votre entraînement

(Article écrit par Denis Tiquet et Arnaud Méthode Lafay)

 

BUT : gestion autonome des multiples outils composant la Méthode.

 

Passer de ça :

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à ça :

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De multiples pratiquants souhaitent modifier la Méthode ou viennent demander conseils afin de l’optimiser.

La conception de la Méthode vous apprend à être autonome, elle vous apprend à progresser linéairement. Vous pouvez ainsi constater que les pratiquants ayant un niveau élevé n’ont fait que suivre la méthode à la lettre : les niveaux, les exercices, les stratégies proposées. Aucun, sauf accord des moniteurs/modérateurs sur musculaction.com ou d’Olivier, n’a modifié la Méthode. Il y a de bonnes raisons à cela.

Les ouvrages et le Blog d’Olivier sont là pour que vous appreniez à devenir autonome : une pratique saine de la méthode, son optimisation, sa gestion et celle de l’alimentation.

La Méthode vous apporte une nouvelle vision de la musculation. Ne la modifiez pas pour qu’elle corresponde à ce que vous pensez savoir.

 


Pourquoi certains modifient à tort la Méthode?

Lorsqu’un pratiquant réalise une modification non prévue par la Méthode, c’est souvent due à une stagnation ou une lassitude. Les pratiquants ayant modifié l’entrainement se vantent souvent provisoirement d’avoir constaté une progression. Mais cela ne reste que provisoire.

Il ne faut pas confondre stagnation psychologique et stagnation athlétique. Le choix d’appliquer un changement d’exercice ou de format peut permettre de vaincre une stagnation psychologique (une lassitude) mais, la plupart du temps, ne permet pas de vaincre la stagnation athlétique (apparence/performance).

Modifier la Méthode, hors des limites qu’elle impose et des solutions qu’elle propose, s’avère donc être une erreur.

 


D’où vient cette erreur?

Lorsqu’on bloque, lorsqu’on se lasse, lorsqu’on se démotive, on a parfois tendance à chercher une solution “personnelle”. Quand on débute, et qu’on n’a pas de suite les résultats escomptés, on peut se démotiver car on pense avoir fait ce qu’il fallait, on pense avoir bien suivi la Méthode. On peut aussi avoir bien progressé pendant un moment puis constater une stagnation soudaine, ce qui affecte le moral. Ce manque ponctuel de résultat peut conduire à penser qu’il faut “adapter la méthode à son cas personnel”.

En effet, si un pratiquant expérimenté sait prendre du recul sur son propre entraînement, ainsi que sur celui des autres dans le cas où il donne des conseils, le pratiquant peu aguerri peut avoir par contre du mal à faire ce travail de prise de recul. Il estimera donc qu’après avoir “tout essayé”, il doit effectuer des modifications qui lui seront bénéfiques en fonction de “ses faiblesses personnelles”. Le cas le plus extrême étant celui qui veut “tout avoir tout de suite” et qui se démoralise si ses pectoraux sont “en retard” par rapport à ses bras, ou toute “disproportion” qui l’attriste et l’énerve au point de vouloir trouver une solution “ultime” immédiatement.

Ainsi, nous pourrons constater des pratiquants qui voudront :

– ajouter des exercices (exemple : “je veux ajouter du curl pour progresser en biceps, parce que j’ai du mal aux tractions.”);

– modifier des exercices (écartements, rythmes…);

– modifier la logique de progression (cf exemple ci-dessous).



Exemple :
Prenons l’exemple d’une modification de l’exercice numéro 1 : Le pratiquant stagne à B (psychologiquement = il en a marre), il décide de changer cet exercice par B2. Naturellement, son choix lui permettra de mettre son égo en avant, de regonfler son moral, provisoirement.
Mais la conclusion de ce choix, sans recommandations de personnes expérimentées, aura une conséquence non pas pour le présent, mais pour l’avenir. Cette stagnation psychologique repoussée par la modification de la méthode ne sera que provisoire. Cette personne ne progressera pas physiquement (ou très peu).

Vu que la stagnation psychologique et la stagnation physique sont liées, cette personne, quelques séances plus tard, sera en stagnation psychologique et physique. Et tout recommencera, avec une recherche hors de repères structurants de la Méthode.

La bonne façon de progresser est celle qui suit les consignes de base (livres, blog).

Olivier l’a rappelé récemment sur le blog par ce commentaire :
“C’est d’une méthode dont il s’agit, autrement dit : il faut respecter son mode d’emploi afin de contrôler le processus de développement et obtenir des résultats.”

Faire des modifications non prévues par le processus de la Méthode = erreur dont on paiera le prix à court ou moyen terme.

C’est une erreur qui sera :
– au mieux inutile (sans effet), sans impact négatif sur la progression;
– au pire, un nouveau problème qui ne fera qu’empirer, avec parfois des risques de blessures.

Dans le premier cas, la modification n’aura que peu d’effet sur l’entraînement et, si la progression est relancée, certains attribueront une partie de leurs résultats, à tort, à cette modification. Cela n’aura pas de grande incidence pour la suite, il suffira de revenir à la méthode de base dès que la progression sera relancée.

Dans le second cas, on entre dans le problème du “plus de la même chose”. (cf les ouvrages de Watzlawick, que conseille Olivier : commencez par “Comment réussir à échouer” et “Faites vous-même votre malheur” si vous souhaitez vous y mettre, vous comprendrez encore mieux l’idée).
>>> On bloque >>> on effectue une modification. Cette modification s’avère peu fructueuse. On se dit que la modification est mauvaise >>> on en effectue une nouvelle, on en rajoute… Résultat : on s’éloigne de plus en plus de la Méthode, avec de moins en moins de résultats, en faisant “toujours plus de la même chose”.

C’est un problème qui touche essentiellement les pratiquants qui débutent, mais qui peut toucher des pratiquants plus expérimentés.
D’où l’intérêt de revenir régulièrement à la base : les livres, pour s’assurer de ne pas s’en être éloigné sans s’en rendre compte, et de lire le blog régulièrement.

Lire le blog vous permet d’acquérir des outils vous permettant d’augmenter votre recul stratégique et donc d’éviter des erreurs dans lesquelles on a tôt fait de tomber, dès lors qu’on manque de recul.

Modifier la méthode, n’est pas le choix de progression optimum : inventer des mouvements, modifier d’initiative les temps de repos n’est pas souhaitable. Si cela avait été nécessaire pour que vous progresseriez davantage, nul doute qu’Olivier aurait déjà fait ces modifications.

Une modification “personnelle” du cheminement de la méthode ne doit être validée que par Olivier ou une personne qualifiée pour. “Inventer” sans penser aux conséquences ne fait pas partie de l’esprit de la Méthode et de la réflexion qu’elle vous enseigne.

 

Que faire en cas de problème ? Des conseils concrets pour tous

Quand vous bloquez :

1 – rouvrez votre livre et lisez-le calmement (entièrement, si vous débutez). Avez-vous respecté le mode de progression? Avez-vous respecté les conseils sur l’alimentation? Tenez-vous un carnet d’entraînement? Avez-vous respecté la fréquence des entraînements, les temps de repos, amplitudes, les étirements, le diaphragme?
Avez-vous manqué une ou plusieurs de ces étapes?
Tout vous semble parfait du début à la fin? Contactez un moniteur Lafay sur le forum pour avoir son avis. Pensez à donner un maximum de renseignements (objectifs, problèmes, solutions tentées, mensurations…).

2 – pensez aux exercices de substitutions. Si vous avez beaucoup de difficultés à évoluer sur C1, remplacez-le par C4/5-6 pendant quelques temps. Si ces exercices sont présents c’est qu’ils sont efficaces et ils vont vous permettre de progresser très bien. Vous reviendrez à C1 plus tard, une fois plus fort.

3 – en cas de douleurs sur B, appliquez les consignes de la FAQ, passez même à A12. Il ne faut jamais persister sur des douleurs. Il existe souvent des solutions pour progresser sans avoir mal. Exploitez-les, sans vous inquiéter pour le développement de vos muscles.

Un article indispensable: gérer les tendinites et autres douleurs

(en cas de douleurs persistantes malgré les solutions proposées, reposez-vous et consultez – médecin/ostéopathe – si les douleurs ne passent pas ou si elle reviennent de façon chronique)

4 – soyez honnêtes envers vous-mêmes et envers les moniteurs. Si vous avez mal fait quelque chose, il n’y a pas de honte à le dire. Si vous n’êtes pas certain sur la manière de faire un exercice, dites-le, quoi qu’il y ait. Faites-en part, même en privé. Les moniteurs du forum ne raconteront pas vos problèmes personnels à tout le monde.

5 – suivez l’actualité du blog, voici quelques articles qui pourront vous être utiles :

Gestion de la performance : une-synthèse incontournable 

Efficience et mini-boucle comprendre-la-logique 

Dialogue sur l’efficience 

6 – regardez la chaîne youtube officielle : chaîne youtube officielle 

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Wilfried Dubost

Wilfried en 2009

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Wilfried en 2010

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Aujourd’hui

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Bonjour à tous et encore merci à Olivier pour ce passage sur le blog.

Cela fait maintenant 4 ans et demi que je pratique la méthode Lafay.
Je n’avais avant cela aucun passé sportif puisque je n’ai jamais vraiment rien fait, mis à part deux-trois pompes par ci par là. Vraiment rien de sérieux.
Je buvais, fumais (1 paquet et demi par jour) et mangeais tout et n’importe quoi… Une vie vraiment pas saine quoi.
J’étais gros et gras et très mal dans ma peau. Pour oublier un peu ça, je buvais à me mettre à l’envers quasiment tous les week-ends et même quelques fois la semaine.

 

2010

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Je suis actuellement boulanger et suis passé par l’apprentissage (CAP). J’ai eu de nombreux problèmes respiratoires à cause de la farine et avec cette mauvaise hygiène de vie que j’avais. C’est donc à partir de là que j’ai commencé à ne plus vouloir manger, afin de maigrir et me “muscler”.
Très mauvais choix que j’ai fait car mes problèmes n’ont fait que s’accentuer. Je suis tombé dans la boulimie : le peu que je mangeais ressortait directement (c’était voulu bien sûr). Je ne buvais même plus d’eau par peur de grossir, ça devenait vraiment grave.

J’ai perdu 17 kilo en continuant ainsi, mesurant 1.80 pour 63 kilo.
Un jour, étant sur internet, je cherchais des “ceintures abdominales” (qui ne marchent pas, je confirme ^^) et j’en ai commandé une et m’en suis servi 2 mois il me semble, sans résultat, bien entendu. Une autre fois sur internet, je cherchais un banc de musculation que j’ai trouvé, et immédiatement commandé. Je me suis donc fait un “programme” par moi-même, ce que je n’aurais pas dû faire car, au bout d’un mois, je me suis blessé à l’épaule, à force de forcer comme un malade. Résultat : arrêt de tout sport pendant 2 mois.

A force de surfer sur internet, je suis tombé par hasard sur le bouquin vert de la méthode et ensuite sur “musculation.com”. J’ai un peu tout observé et j’ai découvert le journal de “Charles”. Je suis resté bouche bée du changement qu’il avait pu avoir en si peu de temps grâce à ce bouquin vert. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose et que cela était truqué, mais j’ai quand même voulu essayer. J’ai donc commandé la bible verte. Si ça marchait sur lui, pourquoi ça n’aurait pas marché sur moi ?
C’est la phrase que j’ai pensée au moment de passer ma commande.

Début des tests, je suis allé direction le niveau 1 b et les changements se sont vite fait sentir, autant moralement que physiquement. J’ai continué à progresser et suis monté de niveau en niveau, avec un plan alimentaire que je m’étais fait à l’aide du livre. Je grossissais aussi au fur et à mesure et j’ai repris les 17 kilos que j’avais perdu.

 

2011

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La volonté de continuer était de plus en plus forte et je ne pouvais plus arrêter la musculation. Grâce à elle, j’ai même arrêté de fumer 1 mois après mes premières pompes Lafay. Par la même occasion, j’ai aussi cessé totalement de boire.

 

2012

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Jamais je n’aurais cru qu’un jour je serais ce que je suis actuellement. Il faut le dire : pour moi cette méthode m’a vraiment changé la vie aussi bien à l’intérieur de moi même qu’à l’extérieur, aussi bien moralement et mentalement que physiquement.
Mes problèmes respiratoires liés à la boulangerie se sont envolés au fur et à mesure de la pratique de la musculation. Avant ça, j’étais tout le temps malade et, maintenant, si j’ai une gastro par an, ça doit être le grand maximum. Coïncidence ou pas, je ne sais pas, mais pour moi une bonne hygiène de vie et une pratique régulière de la Méthode ont tout fait.

 

Aujourd’hui

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Aujourd’hui, j’enchaîne les boucles et les mini boucles, et me muscle intelligemment, sans même trop “forcer” par rapport à ce que l’on pourrait croire. Pas besoin de se déchirer pour avoir un physique correct, c’est ce que l’efficience m’a appris il n’y a pas longtemps.

Je mesure 1.80 mètres pour 88 kilos et suis actuellement en prise de masse.
Mon objectif serait de pouvoir un jour atteindre les 95 kilos secs et j’y crois, même s’il y a du boulot.
Si j’ai un mot à dire à tous les pratiquants c’est “FONCEZ”. Investissez-vous dans la Méthode.

Et un grand merci à tout ceux qui m’ont soutenus et qui me soutiennent encore au jour d’aujourd’hui, et bien sûr un grand merci aussi à Olivier, je vais te le dire franchement : tu m’as changé la vie.

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Médecine et constructivisme : vers des liaisons heureuses (Part II)

J’ai choisi, pour illustrer l’article ci-dessous, écrit par Raphaël Arditti, les photos de personnes dont les travaux ont permis de fonder le Constructivisme ou d’en alimenter le développement.
Il s’agit d’un nouvel extrait d’une liste d’auteurs incontournables sans qui la Méthode Lafay n’aurait pu voir le jour. Ces personnes m’ont permis de penser, élaborer et affiner la méthode.
D’autres références illustrent des articles précédemment publiés sur ce blog, vous les trouverez en section “Philosophie”.

Place maintenant à l’article de Raphaël (la première partie de l’article est disponible en cliquant ICI).

 

Bonjour,

En tant qu’étudiant en médecine et pratiquant de la Méthode Lafay, j’aimerais montrer dans cet article comment les savoirs qui structurent la Méthode Lafay peuvent être selon moi transférés au domaine médical. En quoi le Constructivisme permet-il de repenser la formation des médecins, et comment ces derniers, une fois formés, soigneront-ils leurs patients ?
Comme nous le verrons, la prise en compte du contexte s’avèrera déterminante dans le but de proposer un enseignement ainsi que des soins de qualité.

 

Francisco Varela

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I. L’enseignement de la médecine : acquérir des compétences

Dans le cadre des études médicales, prendre en compte le contexte revient à porter son attention sur la situation des étudiants auxquels on s’adresse. Quelles sont leurs attentes, leurs contraintes, leurs ressources ?

On peut penser que ceux-ci cherchent avant tout à acquérir des compétences dans le but d’exercer un métier et donc un rôle dans la société. Dans cette perspective, la formation se trouve subordonnée à la pratique clinique. Plutôt que de viser une connaissance exhaustive du corps humain (anatomie, physiologie, embryologie etc.), elle doit travailler à sélectionner, dans les divers champs de savoirs constitués (sciences dures, sciences humaines), les informations à même de permettre une prise en charge globale du patient.

Une fois ce tri opéré, on se trouve en possession d’une masse de connaissance, certes réduite, mais désordonnée. La prise en compte du niveau de nos étudiants devrait nous permettre de dégager un point de départ : en prenant garde à ne pas commencer trop « haut », mais bien plutôt à débuter à un niveau qu’ils seront en mesure de maîtriser, nous favorisons leur sentiment de contrôle, leur motivation et donc leur réussite. Enfin, à présent que nous sommes en possession d’un point de départ et d’un point d’arrivée (objectif), il s’avèrera nécessaire d’élaborer de multiples étapes intermédiaires, afin d’amener sans encombre l’étudiant à destination.

 

Andrée Piecq

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Une fois le volet théorique achevé, on peut se demander comment l’articuler avec la pratique de terrain. Afin que les deux se conjuguent et s’interpénètrent au mieux, il est préférable de créer un va-et-vient permanent entre eux, plutôt que d’enseigner toute la théorie avant de passer à la pratique.
Dans ce but, on transmettra au départ des informations d’ordre général, qui devront permettre à l’étudiant de se diriger avec un minimum d’assurance vers la pratique. Puis, la confrontation aux situations de terrain créera d’elle-même le besoin de collecter de nouveaux savoirs. L’étudiant pourra alors se tourner vers les connaissances théoriques organisées précédemment par l’enseignant afin de nourrir sa propre pratique. Ces pérégrinations incessantes permettront aux connaissances théoriques de diffuser et de se sédimenter progressivement dans l’esprit de l’étudiant, sans que celui-ci cherche à forcer leur acquisition.

 

John Weakland

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II. La pratique de la médecine : une prise en charge globale

La prise en compte des contextes psychologiques et sociologiques dans lesquels survient la maladie amène le médecin à reconsidérer profondément la prise en charge de ses patients, notamment en prêtant une attention soutenue à la communication qu’il peut entretenir avec eux.
En effet, lorsqu’une maladie survient (phénomène biologique), elle se présente alors comme un élément potentiellement intégrable à notre histoire personnelle. Notre identité peut être en partie comprise comme un récit, où divers événements ont été sélectionnés puis ordonnés chronologiquement, par nous ainsi que par notre entourage, dans le but de produire une cohérence à même de donner un sens à notre vie.
Ce récit, en fonction de ce qu’il raconte de nous, peut, à des degrés divers, rentrer en conflit avec l’événement « maladie ». Une personne se définissant comme une « battante », qui dans son histoire personnelle met surtout en avant les situations où elle est sortie victorieuse de nombreux combats, rencontrera probablement des difficultés à intégrer dans son récit l’annonce d’un grave cancer, dans le cas où celui-ci symboliserait pour elle une perte de contrôle.

 

Jean-Jacques Wittezaele

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Dans ce contexte, il semblerait que la relation thérapeutique ait pour premier objectif la réappropriation par le patient de sa maladie, la réintégration de celle-ci dans son récit personnel. Dans ce cadre, le praticien doit s’attacher à comprendre comment son interlocuteur considère le monde, les autres et sa propre personne. En utilisant son propre langage, en pénétrant dans son univers, il peut ainsi l’accompagner dans la construction d’une nouvelle cohérence, d’un nouveau récit de vie.

Les avantages d’une telle attitude vont se manifester à de multiples niveaux, notamment en permettant une relation de qualité entre le médecin et son patient, ainsi qu’entre le patient et lui-même.
En effet, la sensation d’évoluer dans un univers qui lui est familier amène le patient à davantage d’ouverture et de confiance, contribuant ainsi à l’instauration d’un réel confort psychologique propice à la guérison.

Se réapproprier la maladie permet également au patient de consolider son identité, de l’unifier. Un tel événement peut être en effet très déstabilisant car il n’est pas facile d’être dans le déni perpétuel : les défaillances du corps se manifestent régulièrement à la conscience, non seulement par les symptômes, mais également par l’attitude des proches ainsi que par les structures de prise en charge (hôpitaux, cliniques, maisons de soin etc.). Ces fréquentes perturbations mettent régulièrement en danger la cohérence et l’identité de la personne qui doit par conséquent lutter contre les autres et contre elle-même afin de préserver son récit.
A présent que la maladie fait partie de son histoire personnelle, elle n’est pas plus un élément extérieur qui lui échapperait : le patient se sent davantage capable d’exercer un pouvoir sur elle et il prend alors une place beaucoup plus active dans sa propre prise en charge.

 

Steve de Shazer

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Envisager les interactions entre les niveaux biologiques, psychologiques et sociologiques de l’individu peut ainsi nous permettre de conditionner au mieux la situation, en créant un esprit d’optimisme et d’enthousiasme chez le patient. Mais on peut également, sur le plan purement biologique, s’appuyer sur les organes qui interagissent avec l’organe lésé afin de mieux le soigner.
Deux exemples illustreront cette démarche.
En ostéopathie, on considère que les troubles affectant les organes profonds se répercutent sur les structures mécaniques : os, muscles, tendons, fascias etc. Ainsi, en soulageant ces structures directement accessibles par l’ostéopathe, on peut induire en retour un effet bénéfique sur les organes profonds. On fait alors l‘économie d’examens et de traitements à la fois coûteux et non dénués d’effets secondaires.
Il y a quelques mois, des chercheurs ont établis un lien entre l’activité de notre flore intestinale (1015 bactéries) et le fonctionnement de notre cerveau. On peut penser que cette découverte est potentiellement riche de promesses en ce qui concerne le traitement des pathologies cérébrales. En effet, le cerveau est un organe particulièrement bien isolé des vaisseaux sanguins, de par l’existence d’une barrière dite hémato-encéphalique.
Plutôt que de chercher à forcer cette barrière, pourquoi ne pas tenter d’atteindre le cerveau « de biais », en modifiant le fonctionnement de la flore intestinale dans le but de remédier au dysfonctionnement cérébral ?

 

Gregory Bateson

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Dans cette partie, nous avons vu comment la prise en compte du contexte (système) nous permettait de mieux prendre en charge un dysfonctionnement qu’on pourrait à tort considérer comme purement localisé au plan biologique. Mais la prise en compte du contexte ne permet pas seulement de contourner plus aisément les obstacles (maladies) qui se dressent sur le chemin de la santé. On peut également l’utiliser afin de réduire fortement la probabilité d’apparition de tels obstacles : ainsi, en maîtrisant son alimentation, en pratiquant une activité physique régulière, en cherchant à réduire son exposition aux toxiques et au stress, dans la mesure de ses ressources et de ses possibilités, on produit un contexte favorable à l’épanouissement de son organisme.

 

Richard Fisch

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Conclusion

En nous invitant à contextualiser nos actions, le constructivisme nous permet non seulement de mieux les orienter, par la création d’un objectif, mais il nous permet également d’identifier de multiples chemins pour y accéder. Si tout est lié, alors il existe de nombreux détours pour parvenir en un point du système et l’attaque frontale n’est plus l’unique solution. Ainsi, de même qu’il est possible de faire progresser les dips en bloquant momentanément cet exercice afin de se focaliser sur le reste de la triade, on peut également atteindre le cerveau en passant par le tube digestif, le corps par l’esprit, la théorie par la pratique. Cette multiplication de chemins possibles nous rend plus libre : notre éventail de choix est considérablement élargi et nous permet, dans chaque situation, de repérer puis d’emprunter un chemin de moindre résistance.

« Cultiver l’efficience en vous cultivant » (Olivier Lafay)

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Efficience : une progression constante et inexorable

Il y a 10 ans, en 2003, je signais chez Amphora le contrat pour la publication du tome 1 de la Méthode. Depuis, des centaines de milliers de gens se sont reconnus dans mon projet.Vous trouverez ci-dessous un texte que les éditions Amphora ont écrit et publié tout récemment sur leur site.

 

“5 694 exemplaires vendus en janvier 2013… Record battu !

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Depuis sa parution en 2004, la “Méthode Lafay” pour hommes domine les classements de vente de livres de sport en France.
Véritable phénomène d’édition avec plus de 50 000 exemplaires vendus par an, cette méthode révolutionnaire doit son succès à l’esprit visionnaire de son auteur, Olivier Lafay, qui a véritablement redéfini les codes de la musculation en particulier et de l’entraînement en général.

Approche sys­té­mique, effi­cience, redé­fi­ni­tion du “no pain no gain”… Autant de concepts, alors inédits dans la mus­cu­la­tion, qui ont été déve­lop­pés par Oli­vier Lafay dans le cadre des ses tra­vaux.
En effet, beau­coup ne voyaient en cette méthode qu’un simple pro­gramme de mus­cu­la­tion sans maté­riel “clés en main” ; il s’agissait en réa­lité d’une nou­velle façon d’appréhender la culture phy­sique, d’une alter­na­tive pour s’entraîner har­mo­nieu­se­ment, où le corps et l’esprit étaient indis­so­ciables, où la pro­gres­sion ne pas­sait plus par la souffrance…”

Lisez la suite du texte en cliquant ici

NB : L’Efficience, c’est un ensemble de pensées, comportements et valeurs, dont l’application en sport engendre une structuration singulière de l’entraînement, et des résultats exceptionnels.
Etre malhonnête en parlant d’efficience sans citer celui qui a amené et développé le concept, c’est avouer un pur esprit marketing, en étant très éloigné de la compréhension et des valeurs de l’efficience. Celui qui se “place sur ce terrain”, uniquement parce que cela paraît “rentable”, en piétinant les valeurs, piétine aussi sa propre dignité et ne fera rien de bon avec et pour les autres.

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Vovinam Viet Vo Dao… à haut niveau

La profession principale d’Arnaud exigeant, selon lui, une certaine discrétion médiatique, il m’a demandé d’occulter tout ou partie de son visage.
Notons qu’il est également écrivain.

 

Musclé

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Athlétique

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Compétiteur
(coupe de France – 3° au bâton en 2012)

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(Coupe de France – 3° au sabre en 2012)

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En liminaire, je tiens à remercier chaleureusement Olivier Lafay de me laisser une place sur son blog pour faire état de mon parcours et de ma motivation au travers de sa méthode géniale et exceptionnelle de musculation (trop restrictif à mon goût, puisque cette méthode combine et synthétise un entraînement du corps – et de l’esprit – à part entière). Je salue aussi sa grande disponibilité et son écoute sans faille.

Comme beaucoup j’imagine, j’ai découvert la Méthode Lafay par le hasard du bouche à oreille (un ami sportif me l’avait conseillée).
Il faut savoir que j’ai toujours été très sportif, mes capacités s’étant révélées à la fin de ma croissance. D’abord joueur de tennis, j’ai embrassé la pratique des arts martiaux à l’âge de 15 ans (j’en ai aujourd’hui 34), et plus précisément le Vovinam Viêt Vo Dao (art martial traditionnel vietnamien).
A côté, je m’entretenais de temps en temps en salle de musculation et j’ai parallèlement pratiqué l’Aikido, le Tae Kwon Do et le Ju Ji Tsu. Aujourd’hui, ma pratique est exclusivement centrée autour du Vovinam Viet Vo Dao (que j’enseigne depuis plus de 10 ans et pour lequel je prépare actuellement mon 4ème Dang). Aussi, j’ai repris les compétitions en championnat de France et coupe de France où je valide régulièrement des podiums.

Il faut savoir que la pratique de ces multiples activités ne m’a jamais crée de traumatismes sérieux (si ce ne sont des douleurs liées aux compétitions combats).
La musculation en elle-même n’était pas pour moi une source de motivation particulière pour les raisons suivantes : les démarches pour s’inscrire en salle (plus le coût à l’année), le narcissisme ambiant, la saturation ou la prise d’assaut des diverses machines, le manque de disponibilité des entraîneurs et le défaut de plus value apportée à la pratique de mon Art. Et lorsqu’il m’arrivait de franchir une salle de sport « muscu », je suivais les programmes communs et ne progressais que peu. Démotivant, cher et peu structurant.

 

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Je croyais par ailleurs que seul le travail avec des poids permettait la prise de masse (ce que je ne cherchais pas particulièrement) et que les physiques impressionnants des bodybuilders étaient pour la plupart naturels… Bien entendu, j’étais dans l’erreur sur ces deux points

Alors pourquoi venir à une méthode de musculation que je semble décrier supra ?
Dispensant de nombreux cours et mon activité professionnelle étant chronophage, je n’avais plus le temps de m’entretenir comme auparavant. Je souhaitais donc reprendre un peu de masse musculaire et être encadré, ce que proposait finalement la Méthode, et ce, à domicile (simplicité, souplesse et efficacité). J’ai donc commencé les tests proposés par l’ouvrage et commençais au niveau 2, étant capable d’enchainer les 8 dips de l’exercice B (et uniquement 8).

 

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Et comme certains peut-être, je n’ai pas compris immédiatement qu’il s’agissait d’un entraînement global, en commettant les erreurs de débutants suivantes :
Entraînement du haut du corps exclusivement au début, pensant que la pratique des arts martiaux était suffisante à l’exercice du bas.
Passage trop rapide d’un niveau à l’autre, considérant qu’atteindre les hauts niveaux était gage de progression rapide.
Aucune boucle ou mini boucle.
Obsession de l’entraînement par crainte de perdre ou régresser.
Etc, etc…

 

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Désormais, je crois que deux ans et demi d’une pratique assidue (je n’ai jamais cessé de m’entrainer, si ce ne sont les pauses imposées par mon corps ou mon état d’esprit) et de nombreux contacts avec Olivier Lafay (ainsi qu’une lecture attentive du blog et de ses brillants articles de fond) m’autorise à dire que je connais bien le fonctionnement de la Méthode. Car oui, il s’agit bien d’une Méthode avant tout.

 

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En conséquence, j’entraîne tout mon corps et utilise régulièrement les minis boucles, boucles… Aussi, je n’hésite jamais à retourner aux niveaux inférieurs ou splitter mes séances quand le temps ou l’envie me font défaut. D’ailleurs, je suis actuellement en boucle et au niveau 4 (retour au niveau 2 en Quadriade pour une sollicitation supplémentaire des épaules) après avoir flirté avec le niveau 10 (particulièrement physique).
En terme de performances, si j’avais énormément de mal à mes débuts à valider un mode 9 à B, je suis aujourd’hui à un mode 17 (ainsi qu’aux autres exercices de la triade, avec A6 ou A12 en deuxième exo), et suis passé à K2 spécial. J’ajoute régulièrement du Curl Lafay pour solliciter davantage mes bras, utile pour le maniement des armes (sabre, bâton). Et bien sûr, j’exerce le bas du corps avec des performances honorables (mode 15 à E2 et 20 à F).
Inutile de dire que la pratique dans mon art martial s’en est ressentie : puissance, explosivité, réactivité, condition physique, cardio… En un mot : bluffant.

 

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Pourtant, je suis certain que le plus important à retenir (et cela a été une belle découverte pour moi), c’est le refus d’être dans le « no pain no gain » et savoir comprendre le principe de l’efficience. Du coup, au travers de ces postulats, j’envisage la Méthode un peu comme un jeu : je m’amuse à boucler, mini-boucler, faire des variantes plus dures de certains exos pour revenir à des plus simples, parfois je pousse les séries à l’échec ultime sur plusieurs séances pour revenir à des séances en échec simple…
Aussi, je fais des séances à 70% en milieu de semaine que je substitue régulièrement à des exos type HIIT ou TRX, pour le changement et la découverte aussi. Attention, la Méthode n’exclut pas l’effort : elle exclut la douleur ! Et bien entendu, cela me sert à l’entrainement des arts martiaux comme dans ma vie professionnelle. Ce que j’aime dans le principe de l’efficience et dans celui du refus du « no pain no gain », c’est l’attitude et la position d’écoute octroyées à notre corps. Savoir se reposer, ne pas s’acharner, ne pas s’escrimer à faire toujours plus, au détriment du progrès et de la motivation. Car par l’application de l’efficience, je n’ai jamais autant progressé. En effet, qui est capable de retenir correctement une leçon lorsque le cerveau sature, dit « stop ! » ? Pour le corps, c’est pareil. Il faut savoir l’écouter : il nous parle !

 

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Si mentalement, j’ai toujours été épanoui, je ne me suis jamais senti aussi bien physiquement : mon cœur bat à 52 pm alors qu’il était à 72 pm avant. Pour ce qui est des mensurations, je n’ai jamais été un obsédé du mètre de couturier, et c’est surtout mon propre regard qui guide mon évolution : j’ignore donc celle de départ et je ne me suis pas pris en photo avant. Néanmoins, par curiosité, j’ai sorti le mètre aujourd’hui : je fais entre 40 et 41 cm de bras (à chaud), 104 poitrine (à froid), 120 d’épaules (à froid), 81 cm de tour de taille, 60 cm de tour de cuisse (à froid), pour 1.77m et 76-77 kg (je n’ai jamais cherché la prise de masse).

In fine, je souhaite continuer la méthode avec davantage de recul et de prise de hauteur. La méthode Lafay constitue désormais pour moi un équilibre psychique et physique avec une prise de temps minimum. Fidèle à mon esprit et celui de la Méthode, je n’utilise aucun produit dopant, ni aucune poudre « miracle », je mange sainement (avec de temps en temps des excès « naturels ») et suis véritablement à l’écoute de mon corps, n’hésitant pas à consulter un kiné ou ostéo quand le besoin s’en fait ressentir.

Et si je puis me permettre de donner un conseil à nos amis lecteurs et pratiquants, c’est de passer tranquillement par la phase découverte, sans se fixer de gros objectifs : soyez curieux, lisez, réfléchissez, ne vous mettrez pas la pression, interrogez-vous et surtout : a-m-u-sez-vous !!!!

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