LE CULTE DU SACRIFICE

(Le No Pain No Gain est une idée)

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Dans le Tome 2, j’ai montré les liens historiques, sociologiques, psychologiques, entre la vision frontale de la guerre (Clausewitz) et la musculation classique.
Se sacrifier, telle est l’idée principale…

Tous les propos tenus sur le net par les partisans de la musculation classique qui ne m’ont pas encore copié… vantent le sacrifice. Il faut se faire mal, sortir de sa zone de confort.
Il faut « se battre » pour obtenir un corps musclé (avec un peu de recul, on trouve que faire l’apologie du « fight » juste pour de gros muscles, est comique, mais les gens qui le font sont très sérieux).

La pratique intensive de la musculation mène à l’auto-destruction, EST auto-destruction. Elle est sacrifice. Et le comble de l’auto-destruction est la mort par sacrifice, pour des idées…

Ci-dessous, un texte de Brassens mis en chanson, qui ridiculise cette idée du sacrifice, et où l’on voit pointer les raisons de la haine des détracteurs de la Méthode Lafay (mourir pour des idées n’ayant plus cours le lendemain, c’est ballot).

Mourir pour des idées, l’idée est excellente
Moi j’ai failli mourir de ne t’avoir pas eue
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus

Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant cette erreur, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente,
D’accord, mais de mort lente

Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure
Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain

Or, s’il est une chose amère, désolante
En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Les Saint Jean bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
C’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas

Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté
« Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente »

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c’est bien beau mais lesquelles ?

Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Encore s’il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu’enfin ici bas, tout changeât, tout s’arrangeât
Depuis tant de « grands soirs » que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencée
Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente

Georges Brassens

NOTA : j’ai pris des photos d’une page facebook où les slogans assénés régulièrement se situent exactement sur la ligne de ce culte du sacrifice. 
Sauf une image, qui dit, comme moi, qu’il faut prendre soin de son corps… Certainement parce que, dans l’esprit des administrateurs, se faire mal, ne jamais lâcher, croire qu’on peut être qui on veut, c’est prendre soin de soi.

ETES-VOUS SOUMIS A L’IDÉOLOGIE DOMINANTE?

Sortir de votre zone de confort pour progresser vous semble une évidence?
La recherche de la progression vous semble aller de paire avec la souffrance à l’entraînement?

Et si la violence que vous vous faites à l’entraînement était inutile? Qu’elle n’était qu’un acte de soumission aux dominants?

Dans la quatrième partie du Fit Evening 8, vous allez voir les origines de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, de la violence dans l’éducation et les liens entre la violence dans le sport (musculation no pain no gain, crossfit…) et la soumission à l’idéologie dominante.

Découvrez les explications dans cet exposé inédit dans le monde de la musculation. Références scientifiques à l’appui. 
Attention, cela va secouer….

LE NO PAIN NO GAIN POUR LES NULS

[ si vous ne comprenez pas, là, c’est que vous êtes vraiment très con]

 

En photo, Andy Smagghe, pratiquant heureux 🙂

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Pour commencer, il faut savoir que l’expression No Pain No Gain, a pris beaucoup d’ampleur au début des années 1980 suite à son emploi par une célébrité sportive de l’époque : Jane Fonda.
C’est elle qui spécifie le sens de l’expression dans le sport, notamment dans la musculation.
On ne peut nier l’origine historique de cette expression utilisée en musculation. Jane Fonda dit que le muscle doit brûler à l’entraînement, qu’il ne pourra donc prendre sa forme la plus achevée que par la souffrance.
 
Et cela correspondait totalement à l’esprit régnant en musculation, comme en sport. Donc l’expression a connu un grand succès.
Arnold (le grand Arnold) vomissait d’épuisement, à l’entraînement, et disait que cela valait le coup car c’est comme ça qu’on peut obtenir des résultats d’un niveau supérieur.
 
Il ne s’agit pas juste de faire un effort, mais de faire un type spécial d’effort : celui qui fait mal.
 
Il s’agit d’un effort (implicitement) intense dont on parle, sinon ce serait stupide d’avoir comme slogan, devise, le fait qu’il faille juste faire des efforts, car on sait qu’il faut bien souvent faire des efforts pour atteindre le moindre objectif 😉
Ce serait donc très con de n’avoir que cette idée comme « guide ».
 
« Oh les mecs, j’ai découvert la vérité philosophique du siècle : il faut faire des efforts pour atteindre des objectifs ! Je suis si content de mon intelligence que je vais écrire ça sur un tee-shirt ! »
 
Il faut aussi s’habiller quand on a trop froid… Mais personne ne met ça sur un t-shirt, pas plus que : « il faut manger pour ne pas mourir de faim. »
 
Donc, si on utilise No Pain No Gain comme slogan (ou devise), c’est bien qu’on pratique le culte de l’effort…
 
C’est quoi ce culte de l’effort, putain !
 
On y vient. Peace les gars. Il va vous falloir encore un peu de PAIN pour comprendre (avoir du GAIN) 🙂
 
Le problème de l’idéologie No Pain No Gain, c’est qu’elle impose une vision du monde où tout passe par des efforts, des efforts qu’il faut constamment maintenir et renouveler.
 
Nécessairement, SI TOUT LE MONDE DOIT TOUT LE TEMPS FAIRE DES EFFORTS, ALORS CE SERA CELUI QUI FERA LE PLUS D’EFFORTS QUI RÉUSSIRA AVANT LES AUTRES.
 
Logique, non?
 
Il y a concurrence entre tous ceux qui font des efforts.
 
Et cela va nécessairement générer de la souffrance…
 
Plus on force, plus on souffre. C’est juste de la physiologie et de la psychologie.
 
Comprenez-vous cela?

Il existe une autre approche, complètement opposée, qui est élémentaire en Chine, qu’on peut appeler Efficience, basée sur l’idée de Wu Wei. On n’est pas obligé de faire constamment des efforts pour atteindre un but. Encore moins de souffrir. L’idée est d’en faire le moins possible, afin que les choses se fassent sans nous. Et on atteint quand même de magnifiques objectifs, si on sait comment s’y prendre.
Cette conception, qui assure la supériorité économique de la Chine est validée par l’approche cybernétique (une science occidentale).
Et c’est comme ça que fonctionne la Méthode Lafay.

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Vous pouvez maintenant me féliciter pour ce brillant article si vous avez tout compris (ou me demander mes coordonnées si vous êtes une femme avenante).
Vous pouvez maintenant poser des questions si vous n’avez pas tout compris (les femmes avenantes aussi).
Vous pouvez m’insulter, comme d’habitude, si vous n’avez absolument rien compris. Il y a bien un lien entre vos difficultés de compréhension et votre violence verbale…
 
Voilà, je viens de faire un effort (Pain), je vais me prendre une bière et attendre le Gain (votre éventuelle compréhension ET/OU la demande de rendez-vous par des femmes avenantes et/ou les insultes carabinées).

COMPÉTITION, SPORT ET EFFICIENCE

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Le problème n’est pas le dépassement de soi, le problème est les conditions du dépassement de soi.

Beaucoup de gens, et c’est normal (la plupart en fait), sont tellement imprégnés de l’idéologie dominante qu’ils ont du mal à faire la part des choses.

Dans la Méthode Lafay, on cherche aussi à se dépasser. Mais on n’est pas « en compétition ».
Et on vise à préserver son être et son environnement. Pourquoi? Mais pour pouvoir se dépasser le plus longtemps possible, voyons !

En prêtant attention à l’Optima (notre fonctionnement cybernétique), on peut atteindre le Maxima, sans aller le chercher par la violence (envers soi) et donc sans générer les conditions de l’auto-destruction.
L’idée centrale de la Méthode Lafay est de favoriser le Maxima à partir de l’Optima. Ce qui est en soi absolument novateur et la distingue de toutes les autres formes de musculation.

Si on cherche la performance et la victoire sans se soucier de la préservation de soi, les années où l’on sera performant et glorieux seront brèves. Ensuite viendront la dégénérescence, la frustration et le dégoût de soi.

Ce qui ne signifie pas que la compétition soit le mal absolu : la compétition sportive est un moyen de réguler nos aspirations (naturelles) à la dominance.
Et c’est seulement quand elle est envisagée ainsi qu’elle peut être saine.

Encore faut-il le comprendre et donc savoir dépasser cet élan naturel vers le dépassement de soi… par la réflexion.

Encore faut-il penser à se préserver, si l’on veut se gratifier suffisamment longtemps avec la dominance acquise.
Même l’argent gagné en compétition, quand il y en a, ne saurait vraiment compenser la perte de la santé et la chute, finalement assez rapide, du piédestal atteint avec tant d’efforts.

OUI, JE PERSISTE ET SIGNE !

12744027_10153911945076064_7201346265572274370_nLa Méthode LAFAY, c’est : « Peu d’efforts, beaucoup d’effets. »

Je vais à nouveau m’expliquer, d’une manière que tout le monde pourra comprendre.
C’est implacable, scientifique et d’une évidence brûlante une fois qu’on a lu ce qui suit.

Premièrement, beaucoup font l’erreur d’assimiler « peu d’effort » à « pas d’effort »  
Ce n’est pas la même chose. Peu, c’est… peu (il y en a, donc, des efforts).
Pas, c’est… aucun (je n’ai jamais dit qu’il n’y avait aucun effort à fournir).

Deuxièmement, il faut considérer l’expression entièrement.
On vous dit qu’il y a « peu d’efforts' »… pour… « beaucoup d’effets ».

Il faut bien éviter de séparer « peu d’efforts » de « beaucoup d’effets ».
Car c’est un RAPPORT qui est décrit : on a peu d’effort réalisés si on regarde les effets (importants).
C’est le résultat qu’on obtient si on suit sérieusement mes prescriptions. Le rapport entre les efforts réalisés et les effets obtenus est largement à l’avantage des effets.

C’est une conception (et une réalité) qui s’oppose au fonctionnement de la musculation classique, où l’on a une déperdition d’efforts pour avoir des effets (forcer très souvent, utiliser des techniques d’intensification).

C’est là que se trouve notre troisièmement : sur le terrain de l’intensité.
On force peu dans la Méthode Lafay. On fait des efforts, certes, mais on force peu. L’intensité des efforts est donc moindre qu’en musculation classique.
Il ne s’agit pas que de parler d’efforts, en général, mais de se pencher sur l’intensité de ces mêmes efforts.
Des efforts moins intenses = moins d’efforts.

Quatrièmement : l’apprentissage stratégique.
La maxime « peu d’efforts, beaucoup d’effets » est une « boussole » stratégique, un outil stratégique.
C’est une façon de diriger le regard du pratiquant, de façonner son mental. Ce que je veux, c’est qu’il s’imprègne complètement de l’idée selon laquelle il devra toujours chercher à faire le moins d’efforts possible pour obtenir des résultats.
Je veux faire de lui un stratège : gagner, mais avec le moins de « pertes » possible. Gagner, mais en s’économisant, en préservant sa santé et son énergie.
Etre un stratège…

 

12687769_10153911924086064_1267819426316587727_nPourquoi?
Parce que, plus on va forcer pour obtenir des résultats, plus on va s’user prématurément. Plus on va forcer, plus le risque de blessures, de vieillissement prématuré de l’organisme est accentué.

Aussi, j’ai élaboré un système d’entraînement unique en son genre, basé sur la cybernétique (science de la communication et du contrôle dans l’animal et la machine; science des systèmes, de leurs interactions, régulations et rétroactions).
Pour un maximum d’efficacité, la cybernétique est associée à la stratégie chinoise. La cybernétique donne la structure opérationnelle, la stratégie chinoise (Sun Tzu) donne l’état d’esprit à se construire pour opérer au mieux.

Je dis donc aux pratiquants : « vous bénéficiez d’une structure d’entraînement extrêmement efficace si vous l’utilisez intelligemment, c’est-à-dire si vous agissez en stratège.
Cherchez toujours, en vous servant de ce que vous donne la Méthode Lafay, à obtenir le maximum de résultats pour un investissement minimum.
Ainsi, vous vous renforcerez sans vous affaiblir par ailleurs (articulations, tendons, organes, hormones, etc.). Vous obtiendrez performances, santé, beauté…
Et l’énergie économisée pourra être réinvestie dans d’autres domaines, afin d’avoir une vie plus riche, plus épanouissante. »

La Méthode Lafay est conçue pour obtenir un maximum d’effets pour un investissement (effort) minimal (en fréquence, durée, intensité).
A condition de se comporter en stratège, non en guerrier, en aspirant héros, qui considère l’épuisement et la blessure comme signes du « devoir accompli ».

Cinquièmement : lutter contre l’entropie.
Croître et durer, autre « slogan » de la Méthode Lafay, est directement inspiré par la cybernétique. Vivre, c’est croître ET durer. Pendant un temps… Puis on régresse et on meurt.

En musculation « classique » (No Pain No Gain), on veut tellement croître rapidement qu’on en oublie de faire le nécessaire pour durer.
En forçant beaucoup (trop), on condamne nos possibilités de durer.
On s’use prématurément.
La musculation classique considère (consciemment ou non) que la préservation de soi nuira à la croissance. Ainsi, elle valorise l’auto-destruction (comme unique moyen de se développer).
Cette vision, profondément ancrée dans notre culture, est balayée par ce que nous apprend la cybernétique.

Le développement est la construction d’une complexité qui s’oppose un temps à l’entropie (désorganisation des systèmes vivants = vieillissement, usure puis mort).
Ce qui permet de s’opposer longtemps à la destruction est la stratégie : les êtres vivants développent des stratégies pour survivre, durer.

L’aboutissement, en termes de stratégie, est la stratégie chinoise (peu d’efforts, beaucoup d’effets). Puisqu’il s’agit d’obtenir des victoires (croître) en se préservant (durer).
Si l’on agit selon cette conception, en respectant les logiques cybernétiques, on peut donc… croître et durer.
On peut se développer, être performant, sain, et jouir des capacités acquises… longtemps.

Olivier Lafay

 

Pour compléter : https://olivier-lafay.com/2012/04/04/malentendu-n1/

Mes références :
Norbert Wiener (père de la cybernétique)
Gregory Bateson (écosystémique)
Heinz Von Foerster (constructivisme)
Henri Laborit (cybernétique)
Joël de Rosnay (cybernétique)
Henri Atlan (cybernétique)
Edgar Morin (cybernétique)
Hannah Arendt (recul stratégique)
François Jullien (stratégie chinoise).
>>> ce ne sont que quelques uns des auteurs de référence.

« Sans stress, sans forcer, la Finlande a aujourd’hui les meilleurs élèves d’Europe. »

 

« Sans stress, sans forcer, la Finlande a aujourd’hui les meilleurs élèves d’Europe. »

(citation extraite de la vidéo ci-dessous)
 
Le rapport avec la musculation?
 
Je reformule : on peut être au meilleur niveau sans se faire mal et sans qu’on nous fasse mal.
 
Les finlandais ont banni l’idéologie No Pain No Gain (pas de souffrance, pas de progrès) et sont pourtant les meilleurs.
 
C’est ainsi que fonctionne la Méthode Lafay. Il est possible d’atteindre un haut niveau athlétique… sans stress… sans « forçage ».
C’est le principe d’Efficience, à l’origine de l’Entraînement Stratégique que suivent les pratiquants Lafay.
Une révolution dans l’entraînement sportif, qui fonctionne majoritairement selon les codes habituels de la souffrance qu’on s’inflige et qu’on inflige.
 
On peut aller très loin en suivant les règles d’une écologie des rapports à soi, aux autres, au monde…
Et, de manière finalement amusante, on aura même un meilleur niveau que les adeptes du culte de la performance, de la douleur à l’entraînement, de l’investissement total (énergivore et chronophage) 🙂
Plus loin que les adeptes convaincus du culte de l’effort…
 
Les pratiquants Lafay les plus accomplis physiquement s’entraînent 3 à 5 fois moins que les adeptes du culte de l’effort, pour des résultats identiques, voire nettement supérieurs.
Et ce sans dopage.
Cela a des répercussions sur leur santé, sur l’équilibre de leur vie, sur leur épanouissement.
 
C’est juste possible !
(même si les résultats affichés choquent encore beaucoup de gens, tellement conditionnés par l’idéologie sociale dominante qu’ils en restent bouche bée, incrédules, dubitatifs; certains d’entre eux devenant même très agressifs, par peur, en voyant leurs certitudes sérieusement ébranlées)
 
Boris Cyrulnik remarque que, en Finlande, la mise en place de ce système éducatif moins stressant a non seulement permis de meilleurs résultats, il a également fait diminuer le taux de suicide de 40%, ainsi que les troubles comportementaux.
 
En effet, il ne s’agit pas que de réussite scolaire, ou de réussite en musculation dans notre cas; le modèle social qui rend un culte constant à la performance, au stress, à la souffrance, a un impact considérable sur la santé physique et psychologique des gens. C’est terriblement destructeur.
 
Comme le dit le sociologue François Dubet à propos du modèle No Pain No Gain appliqué dans l’enseignement et donc la compétition professionnelle : « ça fait des adultes teigneux, noués, vaniteux, déçus, amers […]. »

Méthode Lafay, croître et durer

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Réussir le pont, c’est se mettre en condition de protéger son système nerveux et donc de se sentir mieux dans sa peau, et de mieux se régénérer.
Ce qui signifie aussi que l’on progressera plus aisément en musculation. En s’entraînant moins et beaucoup moins dur.
 
Et on protégera ses épaules en dissolvant toute tension au niveau de la ceinture scapulaire.
En libérant le buste, on contribue à libérer la nuque et le cou. Les pensées sont ainsi plus claires et on se sent apaisé, même en situation de stress. On a davantage de recul sur nos choix, notamment en matière d’entraînement.
 
Réussir le pont permet aussi d’inverser la tendance à enrouler les épaules vers l’avant (due aux inhibitions et/ou à une mauvaise exécution des exercices pour la poitrine, et/ou un excès d’exercices pour la poitrine).
 
Cet exercice est présent dans mes livres depuis la première édition de 2004. Il n’a guère été remarqué à l’époque et dans les années qui ont suivi, car l’approche de la musculation fondée sur la construction de la santé est née avec la Méthode Lafay et était donc incompréhensible pour le monde de la musculation classique. C’est pourtant un exercice fondamental; il est la base…
 
Le pont fait partie des fondements d’une approche écosystémique (cybernétique) de la musculation, que l’on résume sous l’expression « croître et durer ».
On y parvient (à croître et durer) en cultivant l’efficience à l’aide de l’Entraînement Stratégique.

Le mot balinais « Tis »

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[ en illustration, la relation de l’âme au corps selon l’idéologie No Pain No Gain]

 

Tout le monde a visiblement séché au sujet du mot balinais Tis 🙂

Tis est un mot qui sert à décrire « cet état de température du corps qui est juste ce qu’il faut, une sensation ni de chaud, ni de froid, la sensation de douce détente qui fait suite à l’activité sexuelle. »
(Gregory Bateson)

Avez-vous remarqué qu’il existe généralement, et ce dans tous les domaines, peu de mots pour décrire des états de calme, de satisfaction et de détente?

Alors qu’il existe un riche vocabulaire pour décrire les malaises, les manques, les insatisfactions…

C’est certainement pourquoi l’idée de bien-être, de satisfaction, peut recouvrir plusieurs sens. Et c’est donc une des raisons pour lesquelles le concept d’Efficience est, pour certaines personnes, très difficile à appréhender tant qu’elles n’ont pu l’expérimenter en suivant précisément les consignes des Tome 1 et 2 de la Méthode Lafay.

La satisfaction et même la détente sont des états bien différents selon que l’on adhère à l’idéologie No Pain No Gain ou que l’on applique les consignes permettant d’atteindre l’Efficience.

Récemment, j’ai vu quelques personnes faire des pompes et autres mouvements dans un parc, dirigées par un coach. Les pompes étaient davantage des 1/3 de pompes, le dos creusé, tordu, la nuque en hyper-extension… Et il en était de même pour les autres mouvements.
On peut se demander pourquoi ce coach ne leur faisait pas faire des pompes avec les mains en appui sur les dossiers de bancs tout proches, tout en contrôlant la position de chaque élève. Mais, quand on connait bien l’idéologie No Pain No Gain, quand on a compris sa logique, ses fondamentaux, on n’est en fait guère surpris.

Et ces personnes étaient certainement « satisfaites » et elles le seraient encore plusieurs jours après, à causes des douleurs, petites ou grosses blessures car…
Elles ont « senti leur corps » et elles le sentiront quelques temps encore.
Elles ont fait quelque chose et ont donc l’impression d’avoir « bougé », d’avoir lutté pour reprendre possession de leur corps, et donc quelque part, de leur vie.
Ces personnes peuvent dire alors qu’elles ressentent un état de calme et de bien-être après le sport… car elles ont eu mal et ont dû… FORCER. En ayant mal et en forçant, elles ont validé une logique : la vision dominante (et normative) de ce qu’est le rapport au corps, à la maîtrise et au bien-être que le sport doit engendrer.

Elles se sentent « bien » car elles ont fait ce qu’il fallait faire pour être conformes. Et les douleurs lors de l’effort ainsi que les douleurs résiduelles sont comme un certificat de conformité aux normes édictées par l’idéologie sociale dominante; et inscrites profondément en nous dès l’enfance.

Et elles ont pu vider une part de leurs frustrations, de leurs inhibitions (au sens de Laborit), ce qui les soulage momentanément.

On est, bien entendu, assez loin du sens du mot Tis et donc de l’Efficience.

Entraînement Stratégique, guerre facile

MickaelRoux

 

Je propose de remplacer la maxime « Entraînement difficile, guerre facile » par celle-ci : « Entraînement Stratégique, guerre facile ».

J’en entends déjà certains s’exclamer : « qu’est-ce que c’est encore que ces conneries ! Il va encore nous pomper l’air avec son entraînement où on aurait soi-disant du muscle sans rien foutre ! »

Ou encore : « de toute façon, on n’a rien sans rien ! Si c’est pour nous faire croire qu’on peut être opérationnel en se la coulant douce, inutile de lire cet escroc ! »

Ou même : « un, guerrier, ça s’entraîne comme un guerrier ! On doit aller à l’entraînement comme on va sur un champ de bataille. C’est ça qui rend fort. La vie est comme ça, point barre ! »

Et le plus réfléchi des énervés de dire : « il n’y a aucun mérite à vaincre sans combattre. Où est donc la gloire, la valeur de la victoire, si on n’en a pas chié avant, pendant, et même après (faut bien vivre avec ses blessures) ? »

Je comprends ces réactions, qui sont si spontanées qu’on sent bien que les conceptions défendues font partie de notre culture.
Aussi, j’invite chacun à lire la suite et à se faire son avis.

Avant tout, je tiens à dire que la maxime « Entraînement difficile, guerre facile » est vraie… sous un certain angle. La vérité qu’elle contient s’est en quelque sorte prouvée sur divers théâtres d’opérations.
Lorsque l’on oublie que notre regard, notre conception de l’action, sont façonnés par nos conditionnements culturels, on a le sentiment que cette maxime se vérifie régulièrement. On voit ce qu’on a appris à voir et on a tendance à vouloir prouver ce qu’on nous a appris.
Et on entend dire : « on a bien fait d’en baver pour se préparer, car cela n’a pas été de la tarte, mais on a réussi. »

Effectivement, un organisme maltraité s’endurcit. Il peut devenir plus fort à court et moyen terme, il résiste à la douleur pendant un temps donné. Un organisme constamment sous tension sera aussi sous tension sur le « terrain »; il sera plus vigilant. Un organisme régulièrement stressé agit en organisme stressé, c’est-à-dire accaparé par sa survie dans le cadre qui lui est imposé.

Mais sa vigilance est lié à une surtension qui l’use. Sa combativité, née du stress régulier qu’on lui impose, l’use. Il s’endurcit, oui, mais au détriment de sa santé, de sa longévité et de son recul en situation de stress. Il est comme le rat dans la cage décrit par Henri Laborit ici :https://youtu.be/8ubYKgXU5ms

On peut bien sûr s’adapter à de forts stress. La réussite de l’espèce humaine est directement liée à notre très grande capacité d’adaptation.
Mais, en tant qu’individu, il faut mettre dans la balance ce qu’on gagne en s’adaptant et ce qu’on perd.

L’intérêt de l’espèce humaine n’est pas forcément celui de l’individu. De même, un groupe humain peut perdurer en sacrifiant certains des individus qui le composent, voire parfois une forte proportion de ces individus. Et l’idée d’un entraînement difficile repose sur cette conception du sacrifice du « guerrier »… à tous niveaux.

Mais, si on met l’accent sur ce qui singularise l’espèce humaine, sa zone orbito-frontale développée, son intelligence, on peut aussi imaginer la survie du groupe ET l’épanouissement de l’individu. Ou au moins la sauvegarde, autant que possible, de son intégrité physique et mentale.

Un organisme au mieux de sa forme, dont on aura préservé le système nerveux, sera finalement plus résistant, plus affuté, et sa vigilance sera élargie car il aura la possibilité d’avoir davantage de recul.

Ajouter du stress au stress fragilise. Alors que préserver, voir augmenter la complexité de l’organisme le rendra plus solide et plus subtil. Son potentiel énergétique et combatif pourra être libéré au bon moment, ce capital n’ayant été diminué en aucune façon par des manoeuves antérieures usantes.
Et il aura des réserves lui permettant de résister efficacement à un stress  »légitime », et un système immunitaire solide.

Si vous avez pu développer vos aptitudes stratégiques à l’entraînement, celles-ci seront présentes sur le terrain (quel qu’il soit).
Si l’entraînement vous apprend à être posé, à ne pas user inutilement votre énergie, à construire, avancer, progresser, et vaincre avec peu d’efforts, voire sans combattre, alors cette habitude agira en vous comme un conditionnement global et sera donc transférable à d’autres activités.

« Qui peut le plus peut le moins »
Un stratège peut être subtil dans son approche de l’action, ou  »bourrin  », en fonction de ses besoins.

L’inverse n’est pas vrai : un  »bourrin » ne saurait être stratège, ne saurait être subtil.

Braslevés