Hanouna et le recul sur la merde télévisuelle

hanounaPour prendre du recul, il faut avoir accès à des outils qui construisent ce recul.
Personne ne prend du recul sans une éducation spécifique.
Est-ce que c’est chez Hanouna que l’on apprend le recul?

Pas besoin d’être très malin pour comprendre que non.

Cette émission, c’est justement l’annihilation de toute distance, de toute pensée. C’est ce qu’on vient chercher dans cette émission : le vide total. Soit-disant pour se reposer, se détendre. C’est vrai en partie, l’autre partie étant le besoin des personnes droguées par l’idéologie dominante de se faire leur piqûre de rappel le plus souvent possible, afin de ne plus voir qu’elles vivent dans un monde horrible.
 
Les ultra-dominants, qui créent le cadre social et idéologique menant chacun à la folie, délivrent aussi sans ordonnance les drogues permettant de supporter le mal-vivre.
 
Ce sont les maîtres des peuples, qui rabaissent, humilient exploitent, les individus, qui sifflent aussi les récréations…
Mais, attention ! Chaque récréation est conçue afin de confirmer les valeurs en place, la direction insufflée à la société par en haut.
 
Et on a une boucle permanente : les maîtres construisent le cadre dans lequel vivent les gens. Puis ces gens vont chercher chez Hanouna (et bien d’autres) une TV qui ressemble à ce qu’ils vivent au quotidien. Ce faisant ils valident l’idéologie en place (ne la remettant pas en question) et appliquent d’autant plus dans leur quotidien ce qu’ils ont vu à la TV. Les maîtres n’ont plus alors qu’à maintenir la communication habituelle et sont d’autant plus libres pour agir (exploiter, dominer, détruire la collectivité) puisque la validation est venue d’en-bas, grâce à l’imprégnation télévisuelle.
 
C’est une boucle « positive » car elle ne cesse de s’amplifier, avec de plus en plus de misère, de détresse, de souffrance et de violences. Et de connerie…
 
Quant au recul critique.
On ne l’apprend pas à l’école.
On l’apprend grâce à d’autres maîtres : les penseurs.
 
Il suffit de voir ce que Hanouna et sa bande pensent d’Onfray pour comprendre que la Pensée, c’est ce qu’ils rejettent le plus. Tout comme leur public : on a appris à ce public à éviter toute pensée. La pensée, c’est le début de la révolte…
 
Hitler, en créant les jeunesses hitlériennes a dit : « je veux des corps bien faits, pas des intellectuels qui contestent tout. »
 
C’est un peu déprimant, il est vrai, même si on connaît le mécanisme, de voir à quel point il est facile de détruire toute contestation, toute pensée, avec l’accord du peuple, qui va même en venir à aimer son humiliation, la perte de toute dignité.
Et qui va défendre ceux qui le martyrisent.
 
C’est comme ça qu’on voit des millions de gens, inhibés par une vie horrible (jamais l’écart entre ce qu’on pourrait faire socialement et ce qu’on fait n’a été aussi immense) aller se désinhiber avec des « jeux » qui mettent en scène leur propre humiliation, leur propre inhibition.
Mais ça ne suffit pas, alors il faut se droguer (valium, tranxène, joints, etc.), s’épuiser en sport pour ne plus avoir la force de penser sa déchéance, cracher sa haine sur l’autre (le « terroriste »)…
Et ça ne suffit pas, alors on retourne voir Hanouna, attendant qu’un truc se passe,, qu’un déclic se fasse, pour se sentir enfin vraiment mieux.
Mais rien n’y fait.
 
Alors on s’enfonce dans son néant personnel, on remet toutes les clefs de son âme à ceux qui nous dominent et on attend que ça passe, que la vie se termine. En faisant sembler de rêver à un avenir meilleur.
Déjà étourdis, on ne se rend plus compte que Hanouna nous étourdit davantage encore, mais on aime ça, car c’est comme une dose de morphine régulière…
 
La Pensée nous étant interdite, la prise en main de notre vie l’est aussi. Et on hurle comme des cons, pourtant, qu’on fait notre destin nous-mêmes. Car c’est le discours qu’on nous a mis dans le crâne.
Et c’est pas faux en fait : sans la Pensée, on fabrique notre destin, mais c’est pas celui des pubs pour parfums de luxe. C’est un destin de merde, comme en atteste l’état des sociétés occidentales.
 
Voilà, le lien est fait ; Hanouna, c’est le reflet de nos sociétés. On y trouve ce qui nous fait du mal, mais vécu par d’autres. On y trouve notre vide, notre douleur.
 
Tout ça parce qu’on n’a pas appris à penser.
Mais, n’oublions pas : penser, c’est se révolter. Et ça fait peur de créer son propre sens, de prendre vraiment en mains sa vie.
Mieux vaut, peut-être, rester devant Hanouna. Au moins, on sait qui nous frappe, et comment, et on a l’habitude…
 
Ne sortons pas de notre zone d’inconfort.

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