IDIOCRACY

(quand la lutte pour la dominance, et la mémoire traumatique, impensées, germent dans le terreau fertile du net, produisant des imbéciles essentiellement occupés, au nom de « belles valeurs », à niveler par le bas)

Je vis cela tous les jours sur les pages Lafay depuis 13 ans et le phénomène ne fait que prendre de l’ampleur.

Ceux, celles, qui déjà, depuis bien longtemps, avant le net, salissaient, détruisaient, rabaissaient, sans jamais apprendre ni créer, soucieux de niveler par le bas, désireux de passer partout le bulldozer de la bêtise, ont intégré le fait manifeste qu’ils sont la majorité.
Intégré le fait qu’ils peuvent même, grâce au net, s’unir, faire pression, écraser et, au nom des différences, faire taire la différence. Faire taire la seule différence qui importe, et qu’il faudrait développer : la capacité à prendre du recul, penser, se cultiver, débattre et concevoir des possibilités de vivre ensemble qui ne conduisent pas à la guerre, à l’auto-destruction, et qui n’annihilent pas l’intelligence.

Le problème, effectivement est que la bêtise et l’ignorance cherchent à prendre de la dominance, non pas en s’épuisant elles-mêmes, et en devenant autres, en devenant finesse, subtilité, intelligence, mais en se camouflant derrière des valeurs ultimes censées faire taire toute réflexion et tout débat.

Si nous analysons, dans des articles et vidéos, les problèmes liés à la pratique No Pain No Gain, on lit des réactions du genre : « Pourquoi vous critiquez toujours la fonte? » ou « pourquoi tant d’intolérance? »

Si on demande un débat argumenté à toute personne venant imposer un avis qui nous semble incorrect, on lit « Vous êtes contre la liberté d’expression ! »

Si on dit aux gens de suivre sérieusement la Méthode, vu qu’elle a été pensée pour permettre les meilleurs résultats, plutôt que de faire selon son feeling en associant sans recul tout et n’importe quoi, des gens, trop de gens, s’exclament : « Vous êtes une secte, des gourous ! »

Dans une société abrutie, où il est impératif de ne pas « suivre », de manifester sa capacité à être une sorte de Dieu, créant le savoir ex-nihilo, celui qui SUIT ce dogme imbécile, et ils sont légions, s’assure ainsi de ne rien apprendre.
Il continuera sa vie durant à « penser » que ceux qui suivent un enseignement, se cultivent et réfléchissent sont adeptes de sectes.

Si on dit à une femme que l’exhibition régulière (dans des vidéos de pole dance) de ses parties intimes, en partie seulement cachées par des vêtements très « ouverts », nous choque, on lit : « Vous êtes racistes, misogynes, et vous ne savez pas contrôler vos hormones masculines ! »
Mais si c’était un homme qui s’exhibait ainsi, il serait qualifié de porc…
Déjà, ouvrir les cuisses, même habillé, c’est du « manspreading »…

Etc.

Le net est un puissant vecteur de la maladie mentale, du fascisme (faire taire toute réflexion en noyant le débat sous de l’émotionnel) et de la bêtise.

Se placer sur le terrain de l’émotionnel, pour échapper à toute discussion rationnelle, instruite, qui pourrait nous remettre en question, était déjà un classique avant le net.
Mais, actuellement, c’est devenu, grâce à la démocratisation écrasante de la bêtise permise par les réseaux sociaux, une norme de fonctionnement totalement intégrée par une majorité, impensée et un modèle de société désirable, une idéologie pour le présent et l’avenir.

Constamment, tous les jours, à toutes les heures, on a droit à une interaction où l’on dit : « Il y a un problème ici que l’on peut analyser ainsi et éventuellement résoudre, de manière rationnelle. »
Et on lit en retour : « Vous êtes méchants! » (méchant étant le terme qui recouvre l’homophobie, le refus de la liberté d’expression, le racisme, la misogynie, le sexisme, etc.).

Qu’est-ce que peut devenir un monde où tout débat et toute rationalité sont exclus?

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