EST-CE AUSSI SIMPLE?

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Ce matin, je suis tombé par hasard sur cette BD, publiée sur la page d’un de mes contacts (femme et lesbienne, cela a son importance). Sous la BD, il y avait une discussion, de celles qui reportent les attitudes entreprenantes des hommes sur ce qui serait une sorte de concupiscence débile très masculine. Et la femme serait une innocente injustement malmenée par ce désir masculin hors de propos.
J’ai participé à la discussion. Ce n’est pas la première fois que j’interviens ainsi dans une discussion de ce genre ces dernières années.

Les BD telles celle mise en évidence ici sont extrêmement simplistes, jamais nuancées, et nourrissent une guerre hommes/femmes, dans un monde où sévit la lutte pour la dominance, et le besoin de lécher ses blessures narcissiques par l’entremise d’une séduction sans cesse renouvelée.

Je vous mets ici mes seuls commentaires, qui sont donc en partie décontextualisés, et je suis ouvert au débat.

« Tant qu’on remet la faute sur l’autre, ici le mâle bestial, c’est qu’on n’a pas vraiment compris comment fonctionne un être humain, dans un sens comme dans l’autre 😉

Les relations humaines sont co-construites, selon des codes sociaux, inspirés par des besoins biologiques à gérer.
Donc il y a co-responsabilité des hommes et des femmes dans les états de séduction…

Oui, tout comme les seins nus sur les plages, la femme se maquille, met en valeurs ses jambes, sa poitrine, etc., pour séduire. Elle cherche à se gratifier en étant désirée.
Comme souvent c’est une démarche égocentrée, narcissique et qu’on refuse de conscientiser, alors cette dernière se sentira scandalisée si des hommes entreprenent une manoeuvre allant plus loin que ce qu’elle autorise (car elle veut rester maîtresse du jeu).
Nécessairement, plus une femme sera séduisante et cherchera à gratifier son narcissisme, plus elle sera gratifiée, mais plus aussi elle aura des « demandes » qui ne rentreront pas dans son « cadre ».
Elle va s’en plaindre… mais cela fait AUSSI partie du jeu…
(Oh lala, tous ces soupirants, alors que je n’ai rien demandé, dit-elle)

De l’autre côté de la barrière de la séduction, des hommes se serviront de cette manoeuvre féminine pour justifier leur dépassement :
– des limites autorisées par la femme (qui restent subjectives et relatives);
– des limites autorisées par le cadre social du moment (les règles comportementales admises, et qui sont générales, mais restent néanmoins relatives à leur époque).

C’était la minute biologie, psychologie et sociologie, qui va un peu plus loin qu’une simple bd ma foi fort conventionnelle, démagogique et dans l’air du temps 🙂 »

« Tant qu’on n’est pas adulte dans sa manière d’envisager les rapports humains (en général), les rapports hommes/femmes se résument à de simples rapports de force, où il doit y avoir un gagnant et un perdant.

Et le gagnant et le perdant passent leur temps à se victimiser pour justifier leur quête de pouvoir (sur l’autre) sans bien comprendre ce qui les motive vraiment.
Se victimiser permet de s’autoriser à toujours dépasser les limites, sans avoir à rendre des comptes.
Narcissisme incontrôlé et dignité ne vont pas de pair.

Et comme nous vivons dans une société de compétition à outrance, les rapports hommes/femmes ne vont pas s’arranger à l’avenir. Surtout avec les pathologies mentales acquises dès l’enfance. Qui entraînent un déficit d’estime de soi à combler.

D’où l’entrée dans des « jeux », comme l’explique très bien Eric Berne. »

« Se plaire à soi serait autre chose que vouloir plaire aux autres?

Ce n’est pas où l’un ou l’autre 🙂
Ce n’est jamais ou l’un ou l’autre…
Se plaire à soi, c’est plaire à toutes les images intériorisées depuis l’enfance. La frontière entre le dedans et le dehors est très mince, voire inexistante.
Pour bien comprendre cela, il faut bien comprendre comment se construit une personnalité.

Une femme qui met des photos d’elle en dentelle, string, etc., sur une page de musculation, est bien sûr dans un processus de séduction. Qu’elle en soit peu ou beaucoup consciente.
Elle présente son image à des images (réelles, virtuelles, intérieures).

C’est pour ça que je parlais de narcissisme tout à l’heure.
Ce serait moins problématique si c’était conscient.
Mais pour que le « jeu » soit plaisant, il est préférable pour beaucoup d’entre elles d’ignorer leurs motivations profondes.
Car cela va les ramener à des blessures, des peines, pas digérées et fort anciennes.

Et pour moi, comme pour nombre de mes références bibliographiques, être lesbienne n’y change pas grand chose. Je dirais même que c’est un élément supplémentaire pour alimenter le « jeu » entre hommes et femmes. Qui est souvent une guerre, en fait.
Et il serait bel et bon d’en faire autre chose, pour le bonheur de chaque sexe. Mais c’est pas évident dans un monde qui valorise les jeux de pouvoir, assis sur des éducations traumatisantes, qui créent des déficits du coeur et de l’âme. »

2 réflexions sur “EST-CE AUSSI SIMPLE?

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