Apprentissage et souffrance

« Plus un apprentissage a été difficile, malaisé, douloureux ou même humiliant, moins l’individu est prêt à remettre en cause la valeur de ce qui lui a été enseigné. Cela signifierait en effet qu’il a investi et souffert pour rien. »

Citation de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue, épistémologue américain (1904-1980) Et, étant à l’origine de la pensée écosystémique et bienveillante, référence centrale de la Méthode Lafay.

Bien entendu, c’est nécessairement dans une société qui valorise la souffrance (menant paraît-il au mérite et à la valeur individuelle) que les apprentissages auront été longs et difficiles 🙂

C’est dans une société qui enseigne à l’aide de la souffrance, que cela est possible.

Le pouvoir éduque à la souffrance et via la souffrance. Les adultes, relais du pouvoir dans la famille, éduquent leurs enfants de façon brutale « pour leur bien », se soumettant ainsi aux valeurs des dominants. L’enfant ainsi éduqué valorise à son tour la souffrance en grandissant. Il valide ainsi le pouvoir en place. Et le pouvoir continue de communiquer sur la valeur souffrance (sacrifices, etc.).
La boucle est bouclée.
Tout le monde considère que vivre dans la souffrance va de soi. Ce n’est guère remis en question, même si ce culte de la souffrance n’avantage que ceux qui sont tout en haut de la hiérarchie sociale, et qui s’évitent, eux, de par leur position, bien des souffrances.

Bateson explique aussi que c’est dans les sociétés historiques, qui datent de quelques milliers d’années, après la naissance de l’agriculture, que le pouvoir, pour s’assurer la dominance et la maintenir, a poussé les gens à sortir de l’Optima pour aller dans le Maxima. C’est le début de la véritable exploitation de l’Homme par l’Homme…
Si c’est pas assez clair, regardez les 3 vidéos Effi-Sciences Lafay (youtube) sur la Zone de confort 🙂

Olivier Maurel explique, lui, que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, on ne frappe pas les enfants. Ces sociétés dites primitives considèrent qu’un enfant ne peut pas comprendre et qu’il est donc inutile de le frapper ou de le punir.
Ces « primitifs » avaient intégré les recherches les plus actuelles en neurosciences…

>>> Il y a donc un lien étroit, historique, de cause à effet, entre la violence sociale, les échelles de dominance et la violence faite aux enfants, sans chercher à les comprendre.
Wilhelm Reich explique dans « La révolution sexuelle » que les parents sont la courroie de transmission qui établit auprès des enfants les volontés du pouvoir.

Dans une société de douceur, la citation de Bateson n’aurait pu exister. La violence sociale serait faible ou inexistante. Les enfants ne seraient donc pas mis sous pression, et ne reproduiraient donc pas le schéma social et la violence parentale. Et les hiérarchies seraient forcément très différentes de celles qu’on connaît (où très peu de gens s’accaparent tout, vivent dans l’opulence, et enseignent au peuple qu’il est bon de souffrir pour exister).
En fait, chaque baffe à un gosse est, sans qu’on le sache clairement, un acte de soumission aux ordres venus des dominants…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s