LES MUSCLES DE LA PEUR (font mal)

Vos peurs enfantines les plus anciennes auront nécessairement une influence sur votre pratique de la musculation.
Elles restent inconscientes mais nous gouvernent à notre insu.
Et une enfance qui n’aura pas été vécue dans une atmosphère de paix, de bienveillance et de sécurité entraînera une pratique de la musculation aussi brutale que notre rapport à la vie aura été brutal.
 
La musculation est un outil pour mieux contrôler notre vie, pour nous donner du pouvoir (notamment sur les autres). Plus on aura eu peur, plus on voudra se protéger.
La masse musculaire, la force physique, sont construites comme des boucliers destinés à nous rendre moins fragiles, moins victimes.
 
Celui qui fait des efforts désespérés pour « progresser » se trouve psychologiquement en situation d’urgence. Il cherche à obtenir rapidement de quoi être protégé, reconnu, aimé, en paix.
Il pratique, de plus, tel qu’on lui a appris à vivre : douloureusement.
 
Et la quête est sans fin car, par méconnaissance de son propre fonctionnement, de ses conditionnements, il reste avec ses peurs d’enfance même en étant immensément fort et musclé.
Il a beau être puissant, il se sent toujours petit et fragile. Il a beau se faire mal, tous les jours, il n’obtient pas la compréhension qu’il aurait dû avoir il y a bien longtemps.
 
Il lui faudrait avoir accès à ces connaissances et entamer avec lui-même une nouvelle relation, en se donnant à lui-même l’amour qu’il n’a pas eu.
Il lui faudrait donc être doux, bienveillant et protecteur vis à vis de lui-même. Il lui faudrait se donner la douceur qu’il n’a pas eu.
 
Mais l’urgence d’être « en sécurité », et l’idéologie dominante No Pain No Gain, le conduisent inexorablement à faire… exactement le contraire.
Toujours plus de violence envers soi >>> toujours moins d’amour envers soi.
Toujours plus de destructions, de sentiment d’inachèvement et donc de fragilité. Et toujours plus de violence en retour.
C’est un cercle infernal, très difficile à briser, surtout si l’entraînement No Pain No Gain a permis à l’individu d’acquérir une certaine notoriété. Il se raccrochera à ce semblant d’amour et sera d’autant plus confirmé dans son attitude auto-destructrice.
 
« L’amygdale mature dès la naissance, est déjà capable chez le tout-petit de stocker des souvenirs, mais ces souvenirs sont inconscients. Tous les souvenirs de peur vécus durant l’enfance gardent une empreinte dans l’amygdale, de façon inconsciente et durable. L’amygdale stocke ces souvenirs et n’oublie pas. Ces souvenirs de peur continuent à agir chez l’enfant sans qu’il en ait conscience, le modifiant et le perturbant. »
 
(Catherine Gueguen – Pour une enfance heureuse, p.134)

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Olivier Lafay

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Illustration extraite du film « The hole », scène du combat entre le fils et l’image intériorisée du père violent, source de tous les cauchemars et fantasmes du fils.
Un film à voir car il est très bien fait. Il est construit sur ces mécanismes de peurs et délires, dont on n’a pas conscience, et qui ont pour source nos peurs enfantines.
La manière dont le fils parvient à revivre ses émotions pour affronter l’image du père, qui le gardait en son pouvoir, est très bien conçue.

 

the-hole

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