Efficience et musculation : quand l’armure tombe (l’avenir des extrémistes conscients)

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[ci-dessous, le témoignage de Bruce, un pratiquant très musclé et très puissant, capable de grimper aisément 4,5 mètres à la corde avec ses seuls bras, alors qu’il pèse 90 kgs]

 

On pourrait diviser les pratiquants de la Méthode Lafay en trois catégories :

  • ceux qui adoptent cet entraînement parce qu’on leur en a dit du bien (et que les résultats montrés les ont bluffés);
  • ceux qui se sont plongés dans la philosophie de la Méthode et l’ont trouvé convaincante (ils avaient déjà en eux l’a priori qu’une vie de souffrance, une vie dans le No Pain No Gain, est une erreur);
  • ceux qui ont une forte tendance No Pain No Gain et qui veulent « limiter la casse » en adoptant un entraînement plus doux et qui fonctionne quand même très très bien.

C’est de la dernière catégorie dont nous allons parler aujourd’hui. Ce sont des personnes qui ont senti plus ou moins confusément que leur forte tendance No Pain No Gain avait besoin d’être encadrée.

Ceux-là, on pourrait les nommer : « les extrémistes conscients. »

Ils ont du recul par rapport à l’idéologie de la musculation classique, mais ont beaucoup de mal à en sortir.

Ce sont ceux qui se sont auto-limités en pratiquant la musculation « à fond », mais à l’aide d’une structure tournée vers l’Efficience.

Ils pratiquent la Méthode en mode No Pain No Gain, et c’est la Méthode, de par sa structure, ses commandements, qui régule leur tendance auto-destructrice, leur volonté ardente d’un dépassement permanent, quitte à se brûler les ailes.

J’ai écrit « ils pratiquent. » Mais je peux aussi écrire : « ils ont pratiqué. »

Car nombreux sont ceux qui finissent par adopter pleinement l’Efficience, à force de lectures, de remises en question, faisant évoluer peu à peu leur conception d’eux-même, leur… épistémologie.

Dans la tête des extrémistes conscients, « quelque chose » a compris. Ce quelque chose pense, à sa façon, que si l’on est No Pain No Gain dans sa tête, il faut équilibrer avec une pratique la moins No Pain No Gain possible, une pratique qui régule, encadre, la violence qu’on peut être amené à se faire à soi-même.

C’est donc plutôt une intuition qui amène ces personnes à la Méthode Lafay. Puis la pratique et la lecture de mes articles transforme finalement l’intuition en conscience. Et, là, le grand tournant est franchi.

 

Ci-dessous, le témoignage de Bruce, un pratiquant emblématique connu pour ses cuisses fabuleuses de 69 cm de tour (il mesure 1m75).

Vous verrez que l’on peut avoir de gros résultats en pratiquant la Méthode Lafay sous l’angle idéologique du No Pain No Gain. Mais la souffrance est toujours là : on souffre bien moins que si on avait travaillé en suivant un entraînement No Pain No Gain, on se blesse rarement, mais on se vit souvent comme une âme douloureuse dans un corps régulièrement irrité, à vif.

Réguler le No Pain No Gain ne suffit pas. Il faut prendre le chemin de l’Efficience.

Bruce, comme tant d’autres, a été régulé par l’Efficience inscrite en filigrane dans le livre vert, mais il a continué à être « à fond » là où il le pouvait. La découverte, des années plus tard, de l’Efficience, en tant que concept apparent, formalisé, a pu provoquer une révolution en lui (comme chez tant d’autres).

A noter que Bruce dirige une entreprise qui fait vivre 40 familles.

 

TEMOIGNAGE  DE  BRUCE :

« Pour ajouter quelque chose, je dirai que la pratique efficiente de la méthode remet à elle seule en cause notre épistémologie, qu’on le veuille ou non.

Pour donner un exemple concret, je pratique la méthode depuis maintenant huit ans mais seulement depuis un an et demi de façon efficiente.

Auparavant ma vision de la musculation était celle du « No pain no gain ». Depuis que je pratique la musculation de façon efficiente, c’est toute ma vision du monde qui fut bouleversée.

En effet voir son corps changer et progresser alors qu’on ne le maltraite plus, cela dépasse la pratique propre de la musculation et s’étend aux autres domaines de la vie.

Cela a induit chez moi une remise en question totale de ma façon de voir la vie, de me comporter. « Se faire violence » au quotidien devient alors intolérable car on sait qu’il existe une autre voie, moins énergivore et destructrice, pour réussir malgré tout. Nul besoin de se punir ou se torturer pour réussir dans sa vie.

Il faut donc réapprendre à vivre au quotidien, car on se croyait libre et l’on se rend compte que l’on est plus esclave que jamais. Esclave d’une société de compétition qui ne tolère que la réussite aux prix de violents efforts contre soi même.

L’apprentissage est long mais la libération qui en découle vaut tous les efforts. Il en résulte une confiance en soi inaltérable et inconditionnelle. On se surprend parfois à surfer entre les gouttes là ou auparavant on prenait la tempête en pleine poire:-)

Je ne suis qu’au début de mon chemin personnel mais le retour en arrière n’est plus possible après avoir vu les bénéfices de l’Efficience dans sa propre vie. »

 

 cuisses 69cm cuisses bruce

 

Ce témoignage peut être complété par cet excellent travail d’explicitation de l’Efficience, réalisé par Raphaël :

« il y a deux définitions. La définition courante, largement répandue dans le monde de l’entreprise et qu’on retrouve parfois en sport, consiste à minimiser les efforts pour parvenir à un résultat donné. Avec cette définition on peut être efficient pour vaincre encore plus, imposer plus, exploiter, affronter plus longtemps (les autres ou soi-même), gaspiller, et même s’auto-détruire.

La deuxième définition, celle d’Olivier Lafay est une extension (Efficience avec une majuscule) qui apporte un recul sur la finalité recherchée et sur la modalité des relations avec soi et autrui, dans laquelle on va coopérer avec soi et les autres pour construire quelque chose de mieux : un entrainement qui vise à préserver la santé, une pratique respectueuse de l’individu basé sur la coopération avec soi-même plutôt qu’un affrontement, avec un rythme d’entrainement qui épouse le développement naturel du corps plutôt que de prévoir à l’avance des cycles dont la durée est déconnectée de l’évolution du pratiquant.

Un entrainement de cette nature a comme incidence de modifier la façon d’envisager sa vie comme le démontre le parcours de Fabien ou le commentaire de Bruce ici : https://olivier-lafay.com/2014/08/28/la-methode-lafay-et-lepistemologie-selon-bateson/comment-page-1/#comment-1660

Deux articles pour approfondir cette vision :

http://methode.lafay.free.fr/index.php?2012/02/15/610-de-l-efficacite-a-l-efficience-la-nouvelle-voie-du-muscle

https://olivier-lafay.com/2014/04/06/le-grand-gaspillage-permanent-reflexion-sur-la-necessite-dune-musculation-efficiente/

Bien sur il y a forcément des moments ou il va falloir forcer, mais ces phases d’affrontements seront limitées et non perçues comme un affrontement contre son propre corps. L’effort n’est plus qu’un outil stratégique à utiliser au bon moment.

https://olivier-lafay.com/2012/04/04/malentendu-n1/

Cette façon d’envisager la culture physique prend le contre-pied de du paradigme des violences ordinaires dont nous sommes tous imprégnés et selon lequel il faudrait souffrir pour progresser, symbolisé par le slogan « no pain no gain » en musculation.

https://olivier-lafay.com/2012/07/10/no-pain-no-gain-une-phrase-remarquee/ »

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