Sur la séparation corps/esprit et l’idée que « mon esprit peut tout et commande à mon corps »…

L’idée qu’un état mental dit « intentionnel » serait la cause de mouvements dans le cerveau suivis d’une action corporelle serait une illusion.

« Cette illusion n’en est qu’une que si l’on s’en tient à l’idée que les états mentaux en tant que tels, c’est-à-dire différents des états cérébraux objectivement observables auraient une efficacité causale sur les actions du corps. »
(Henri Atlan)

« le sentiment d’être la cause d’une action » ne date pas « des états mentaux qui l’ont précédée, mais d’états mentaux qui se seraient formés après son exécution. »
(Marc Jeannerod)

 » Le corps ne peut déterminer l’esprit à penser, ni l’Esprit déterminer le Corps au mouvement, ni au repos, ni à quelque chose d’autre (si ça existe). »
(Spinoza, Ethique, 1677)

Précisément parce qu’ils sont « une seule et même chose, mais exprimée de deux manières »
(Spinoza, Ethique)

On remarquera que Henri Atlan (biophysicien) et Marc Jeannerod (professeur de physiologie et fondateur de l’Institut des Sciences Cognitives) rejoignent la position du philosophe Baruch Spinoza, émise quelques 300 ans auparavant.

 

 

(Cet article a été originellement publié sur facebook et je vous invite à lire les très intéressants commentaires des lecteurs en cliquant sur le lien suivant : https://www.facebook.com/MethodeLAFAY/posts/10152316930511064?comment_id=32796438&offset=100&total_comments=103 )

3 réflexions sur “Sur la séparation corps/esprit et l’idée que « mon esprit peut tout et commande à mon corps »…

  1. Lisez Chisholm « Human Freedom and The Self », les textes de Nida-Rümelin sur le Subject Body Dualism, etc… Le physicalisme semble décidément évacuer la possibilité même du choix. A vous de voir ensuite si vous êtes prêts à accepter un déterminisme absolu (ce que beaucoup de physiciens acceptent) et abandonner l’idée que vous pouvez réellement agir sur le monde ou si vous préférez devenir dualiste (ce qui ne veut pas dire que vous devez également croire à Dieu, aux Anges ou à n’importe quelle entité divine) et conserver une part de liberté (ce que notamment le physicien Eccles accepte)!

    Ah et si vous trouvez une manière de demeurer physicaliste ET de garder le libre-arbitre, faites m’en part ça m’intéresse!

    • J’ai lu Eccles il y a une bonne vingtaine d’années et je connais donc sa théorie.
      Selon moi, il se « prend les pieds dans le tapis » puisqu’il ne fait que repousser le moment où se crée le libre-arbitre. Inévitablement, nous sommes déterminés, car même l’aléatoire nous détermine. Personne ne se crée ex-nihilo.
      Je connais aussi la très intéressante théorie de Bernard Dugué.
      Et j’ai été un « spécialiste » de Bergson et Jung durant mes jeunes années d’étudiant en philosophie.
      Puis j’ai continué à apprendre. La position dualiste est intenable.

      Je vous invite à lire l’article Stratégie de la motivation, où la notion de détermination de nos êtres est indiscutable. Nous sommes construits par ce qui nous détermine. Nous ne faisons qu’arriver dans et par une infinité de mouvements qui nous produisent. La liberté n’existe pas, mais la libération existe. Et je ne vois pas en quoi la perte de l’idée de libre-arbitre devrait nous rendre malade. Elle rend d’autant plus nécessaire la coopération entre les êtres (l’autre nous libère).
      Aussi, cette peur d’accepter que notre esprit soit notre corps me semble injustifiée et handicapante à partir du moment où l’on apprend beaucoup et que l’on pense « large ».

      • Je crois qu’il y a un malentendu: je parle uniquement de la possibilité du choix, pas de l’influence que plusieurs facteurs externes (culture, entourage,…) peuvent avoir sur nous. Le problème est simple: si le déterminisme est le cas, alors vous deviez créer la méthode lafay depuis le Big Bang (ou n’importe quel premier moment), je devais avoir de la cire d’abeille dans les cheveux maintenant, un ami à moi devait être en train de lire Titeuf à côté de moi, bref l’état du monde d’aujourd’hui aurait pu être lu à n’importe quel moment (déterminisme laplacien) depuis que celui-ci a été créé. Je ne vois pas comment vous conservez le physicalisme et la liberté (en d’autres termes, comment vous pouvez être compatibiliste). En outre, les problèmes que pose l’existence de la conscience ont amené plusieurs philosophes à développer des théories dualistes (Chalmers par exemple).

        Néanmoins, comme je l’ai dit, je suis très intéressé si vous arrivez à m’expliquer comment on peut être compatibiliste. Et je n’ai pas dit que nos actes n’étaient pas déterminés: ils le sont, seulement ils le sont par nous, et non par un Big Bang qui s’exprimerait à travers nous (lire Chisholm si ce que je dis est peu clair).

        Les seules choses que je refuse d’abandonner:

        – Je suis un être conscient: je suis le sujet d’expériences

        – J’ai le choix, au moins dans certains cas, de faire ou de ne pas faire X.

        Après, si je suis seulement mon esprit, mon esprit + mon corps, mon corps (^ l’esprit n’existe pas), cela m’importe peu en réalité.

        P.S: Et je ne suis pas sûr que la position dualiste soit intenable, surtout depuis que les théories émergentistes non épiphénomalistes se sont développées.

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