» FIGHT FOR IT « 

[Bats-toi pour « ça », c’est-à-dire pour tout ce que tu désires]

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Sans jamais te poser de questions sur tes désirs…

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Toute philosophie est une autobiographie, disait Nietzsche.
Les slogans des bodybuilders, crossfiteurs, fitness, sports de haut niveau n’échappent pas à la règle.
Leurs slogans sont censés représenter leur philosophie à l’entraînement, une philosophie de vie en général. Et cette philosophie est une autobiographie.

Comme nous l’avons vu avec le docteur en neurosciences Joël Monzée ici:

https://youtu.be/fJo3HChmPLA

l’enfant brimé qui n’a jamais eu (ou si peu) l’expérience de la douceur reste prisonnier de son enfance, une enfance qui fût douloureusement vécue, une enfance dans laquelle compréhension, empathie et douceur furent inexistantes ou peu fréquentes.

En voulant échapper à cette enfance avec les moyens qui l’ont fait souffrir, il ne fait qu’y rester : pour enfin pouvoir s’aimer, il lui faudrait être doux avec lui-même, faire pour lui ce que ses parents n’ont pas fait.
Mais il n’a appris que la souffrance et le combat comme moyen d’exister…
Souffrir devient alors le seul moyen d’exister.

Souffrir pour exister, ce n’est possible que si on nous l’a enseigné.

« De manière paradoxale, l’expérience clinique souligne qu’un enfant ou un adolescent aimera mieux une attention négative de l’adulte que l’absence d’attention. »
(Joël Monzée, docteur en neurosciences et psychothérapeute)

L’enfant qui manque d’attention va provoquer, déconner, se faire du mal etc, dans le seul but d’exister aux yeux de l’adulte.
Et si l’adulte n’accorde de l’attention que dans les moments de crise, cela renforce alors la stratégie de l’enfant pour obtenir de l’attention, et les situations de crises se répéteront…

Même si ces moments sont vécus douloureusement par l’enfant, même si les parents répondent à ces sollicitations par des formes de violence. Car souffrir d’une attention négative, mais exister auprès du parent, est encore moins pénible que de ne pas se sentir exister du tout.

Souffrir pour exister, ce n’est possible que si on nous l’a enseigné….

Celui/celle qui dit qu’il faut « se battre pour avoir quoi que ce soit dans la vie » ne fait que montrer, comme dirait Paul Watzlawick, qu’il n’a jamais rien eu sans se battre.

Bref, Fight For It… cela dit exactement comment nos parents ont été avec nous, eux-mêmes ne faisant que valider l’idéologie dominante.
Cela est davantage un cri de désespoir qu’autre chose.

Nous en faisons un cri de guerre, de viril guerrier, mais c’est en fait une plainte, une fatigue d’être soi !

Fight For It, c’est donc subordonner la destruction de soi à la destruction du corps : détruire le corps pour le construire en mieux (afin d’être enfin aimé, reconnu) devient un objectif prioritaire, et il englobe le reste, ce qui conduit à la destruction de soi.

Comme l’expliquent les plus grands psychologues sur l’enfance, il est évident que quelqu’un qui aura toujours eu le sentiment d’exister dans un environnement doux, qui le valide et le reconnaît, n’ira pas chercher la souffrance pour se valoriser.
Il saura que l’on peut être gratifié, heureux, par la douceur.

Finalement, lorsqu’on a comme slogan « Fight for it », ou quelque chose de similaire, on ne peut prétendre se préoccuper de santé.

En effet, Fight fort it, c’est se battre pour obtenir quelque chose.
Le développement musculaire est vu comme un combat. Et un combat, ça épuise, ça détruit, ça tue.

On peut donc opposer le développement musculaire obtenu par le combat et celui obtenu par la coopération.
Combat contre soi (une guerre fait toujours des dégâts, même si on atteint notre objectif) VS Coopération avec soi (l’objectif est atteint en préservant la « population » et les ressources, donc notre santé).

Toute référence au combat est donc un obstacle à la santé. Et, pour virer de bord, pour croître mais aussi durer, il faut apprendre à examiner les conditionnements qui nous poussent à l’autodestruction, notamment ceux de l’enfance.

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Auteurs : Maxime Bratanoff, Denis Tiquet, Olivier Lafay

Bibliographie associée

Alice Miller : Notre corps ne ment jamais / C’est pour ton bien
Joël Monzée : J’ai juste besoin d’être compris
Boris Cyrulnik : Sous le signe du lien
Christophe André : L’estime de soi
Paul Watzlawick : Faites vous-même votre malheur/Comment réussir à échouer
Alexander Lowen : La peur de vivre/ Le plaisir
François Jullien : Traité de l’efficacité
Alain Ehrenberg : La fatigue d’être soi / Le culte de la performance/L’individu incertain
Edgar Morin : La méthode / Penser global
Henri Laborit : La légende des comportements
Gregory Bateson : Une unité sacré / Communication et société
Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse
Muriel Salmona : Châtiments corporels et violences éducatives-Pourquoi il faut les interdire en 20 questions réponses

Retrouvez la collection Lafay : http://amzn.to/2sJ6lDU

En illustration : la sportive Marine Leleu.
Citation de Brigitte Oriol extraite de cette vidéo : https://youtu.be/OfPE3a3Pmew

L’HOMME PRÉHISTORIQUE, EDGAR MORIN ET LE CULTE DE LA DOULEUR

 

Il y a très longtemps, un homme (très) préhistorique taillait un silex assis à l’entrée de sa grotte.

Tout en accomplissant sa tâche, il regardait la campagne environnante avec l’air hébété typique des hommes préhistoriques.
Evidemment, ce qui devait arriver arriva : notre gros nigaud, distrait par les mammouths passant au loin, fit éclater un long morceau de silex tranchant qui lui coupa un doigt. Le sang jaillit.

Ayant stoppé (difficilement) l’hémorragie, il se pencha à nouveau vers le silex tout en donnant son doigt coupé à manger à son fidèle pitbull nommé Boudibuldeurencur.

Et que vit-il?
Il vit que son silex était magnifiquement taillé. Son manque d’attention avait eu comme conséquences l’entrée dans une nouvelle ère pour le silex taillé.

Il regarda à nouveau Boudibuldeurencur qui rongeait les os de son doigt perdu à jamais et il eut une illumination soudaine : dans la vie, on n’a rien de bien si on ne souffre pas (et si on n’est pas un peu distrait).

L’expression nouvelle jaillit de ses lèvres : No Pain No Gain.
Pas de douleur, pas de progrès.
Il était fier de lui, si fier, il venait de mieux comprendre le monde.
Comme le dit Edgar Morin, il avait mis le doigt (ahemm) sur une « notion élucidante ».

Il avait fait un CONSTAT.
Il appela son ado de fils qui traînait pas loin avec ses potes. Et il lui raconta sa découverte d’une notion élucidante.
« Hé oui, mon fils, la vie, c’est No Pain No Gain. Tu peux m’admirer maintenant. »

Le fils, comme tous les ados, était porté à la rébellion et à la critique facile et vicieuse.
Il répondit : « Heu papa, ok mais pas tout le temps. Ta notion élucidante est cool, mais tu exagères juste un peu. Et puis moi j’ai une autre idée. On pourrait réfléchir et trouver des moyens d’avoir du Gain sans trop de Pain, voire pas du tout. »

Le père ulcéré, lui tint à peu près ce langage : « Ta gueule fils de con, va faire du skate. »

Et son égo blessé le poussa à oublier la proposition de son fils pour une vie plus agréable, avec une vision stratégique, où l’on chercherait à se faire moins de mal pour plus de bons résultats.
Il faudra quelques dizaines de milliers d’années avant que le génie précurseur du fils put à nouveau éclore dans quelques esprits brillants et proposer (à nouveau) cette vision si subversive…

Le soir, au coin du feu, le père ivre de sa découverte d’un nouveau concept, l’exposa bruyamment à ses compagnons de beuverie.

Putain c’est trop cool, lui dirent-ils tous.
« Sacrée notion élucidante. »

Le père obtint le poste de chef qu’il convoitait depuis longtemps (le chef en place fut mangé) et la femme du chef (qu’il convoitait depuis longtemps aussi).

Et c’est là, comme dirait Edgar Morin, que la notion élucidante devint abêtissante…
D’un CONSTAT, la bande de sauvages bourrés fit une DEVISE.
Ils conclurent, après avoir dépassé les 4 grs d’alcool dans le sang, que pour faire le moindre progrès, il faudrait au minimum beaucoup d’efforts et pas mal de souffrance.

Bref, tout progrès nécessiterait, partout et toujours, de la peine.
Et c »était non négociable, indiscutable…

Autant dire que le fils ado, du haut de son skate, était consterné. Il tenta de protester timidement, mais on lui confisqua immédiatement son skate, tout en lui disant que, la prochaine fois, la punition serait une bonne décapitation.

Les adultes ivres ne comptaient pas nuancer le moins du monde une notion nouvelle si simple, facile à comprendre et si utile pour « réussir » dans ce monde sauvage.
No Pain No Gain, essayaient-ils de chanter (hurler) autour du feu.
Et ils appliquèrent à la lettre cette DEVISE pendant des millénaires, car cela était si facile à comprendre et enregistrer (et appliquer) que cela se transmit au fil des générations.

Comme le dit Edgar Morin, on découvre une idée et on la possède.
Mais si on cesse de la penser, on est alors complètement possédé par elle.
Elle devient notre démon.
Le CONSTAT permettant d’évoluer, et demandant d’être pensé, devient une DEVISE abrutissante, qui enferme ceux qui sont alors possédés par elle.

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Olivier Lafay.

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« Aussi les idéologies ne sont-elles pas à juger seulement comme erreurs ou vérités, comme fantasmes ou reflets d’une culture ou d’une classe. Elles sont aussi des êtres noologiques, se nourrissant de substances cérébrales et culturelles. Qui possède une idéologie est aussi possédé par elle.

Car, comme les dieux, les idéologies sont non seulement dépendantes et instrumentales, mais elles sont aussi possessives et exigeantes. Elles ne sont pas seulement au service de nos intérêts, mais elles nous asservissent en retour, nous parasitent comme des virus – puisque nous pouvons être animés par une idéologie qui travaille à notre perte – et, à la limite, elles nous immolent à elles, puisque des hommes peuvent mourir « pour une idée ». »

« Toute notion au départ élucidante devient abêtissante dès qu’elle se trouve dans une écologie mentale et culturelle qui cesse de la nourrir en complexité. Les idées, les théories n’existent pas en dehors de la vie mentale qui les anime. »

Edgar Morin

L’espace Stratégique, dont Edgar Morin est une référence fondamentale : http://amzn.to/2yEnrYQ

Interview avec Brigitte ORIOL

Brigitte ORIOL, assistante d’Alice Miller, psychothérapeute et conférencière, a accordé un entretien exclusif à LDMT qui explique les liens entre l’enfance et une approche no pain no gain du sport et de la musculation, la sortie de la zone de confort, traite des relations aux parents, aux enfants et du pardon.

Ce sont des sujets capitaux pour vous permettre de progresser sur la voie de l’Efficience Lafay, pour vous permettre de croître et durer dans votre pratique sportive.

 

LE PLAISIR ET LES LARMES

Avoir du mal à pleurer/ avoir du mal à jouir

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Lorsqu’on grandit dans une famille dysfonctionnelle, pathologique, une famille de merde quoi, on souffre continuellement du rejet, des pressions, des peines infligées, du manque d’amour…
Et nos parents poussent souvent le vice, afin aussi de préserver leur homéostasie, à exiger de nous qu’on aime être soumis, qu’on aime ce qu’ils nous imposent, tout en goûtant nos larmes (qui sont pour eux, et pour nous, notre défaite ultime).

Ils veulent qu’on pleure quand ils nous briment, afin de jouir totalement de notre abandon, les pleurs étant un abandon de l’enfant que nous sommes à leur toute-puissance, l’expression de notre fragilité. Les pleurs sont le signe que notre dernière résistance a cédé.
En pleurant, nous sommes leur objet, complètement.

Parmi nous, certains pleurent, se soumettant à cette violence, cédant devant la puissance parentale, écrasés. D’autres, même s’ils pleurent quelquefois, ou ont pleuré, se construisent un espace de liberté, refusant du fond de leur être la structure du système familial, et gardent leurs larmes, ne voulant donner à leurs parents le spectacle de leur être en pleurs. Ils entrent en rébellion en refusant de pleurer. Vous ne m’aurez pas complètement, hurlent-ils au fond d’eux.

La perversité des parents atteint un stade ultime lorsqu’ils sont ceux qui amènent l’enfant aux larmes, exigent cette soumission totale par les larmes, cet abandon ultime, tout en le refusant une fois obtenu.
Ceci afin d’aller encore plus loin dans la prise de pouvoir : « Ah, mais arrête de pleurer, je t’interdis de pleurer. »
Le parent veut les larmes comme signe de soumission totale, mais il ne veut pas les larmes attendrissantes, celles qui devraient le conduire à protéger son enfant, à le consoler…
Je te soumets et je te rejette, dit-il pour asseoir son pouvoir. Je te rejette quoi que tu fasses, je n’accepte et soutiens que ta soumission, ta peine, et le seul plaisir que je t’octroie est celui qui réside dans ta soumission.
Tu dois aimer ta soumission. comme tout esclave totalement à merci devrait le faire, afin d’aller encore plus loin dans sa déchéance. L’objet doit aimer être un objet….

Ainsi, le parent, de par ses actions et de par la structure pathologique de la famille, tue le plaisir de l’enfant, il en fait un être anorgasmique, ne sachant jouir. Du moins c’est ce qu’il vise. L’enfant, tout comme lui, ne doit pas aimer la vie… Sans souvent en être conscient, il a mis en place une entreprise destinée à briser l’enfant, tout comme il a été lui-même brisé, ce qui lui permet de s’arranger avec sa mémoire traumatique, de dissocier en faisant subir la douleur et l’immense détresse qu’il a subies. Comment en effet pouvoir aimer la vie si tout ce qui pourrait nous donner du plaisir est punissable, nous est enlevé, ou qu’il nous en est laissé que des parties, quelques pièces, quand le plaisir est ainsi sali? Comment aimer la vie quand on ne se sent pas aimable, car pas aimé, et que l’image que l’on a de soi est misérable : celle d’un petit être réduit en esclavage, toujours dans la faute et considéré comme incapable, considéré comme une erreur de cette même vie ?

Et, le pire, c’est que le parent détruit ce plaisir fondamental d’être en vie chez son enfant, il détruit donc partiellement ou totalement son élan naturel de croissance, d’abandon aux forces de vie, pour le soumettre aux forces de mort présentes en lui et qui le torturent (mémoire traumatique)… tout en exigeant que l’enfant aime ça. Soumis aux forces destructrices, aux forces de mort du parent, l’enfant est quand même sommé de « faire semblant », de dire et montrer qu’il aime cette structure familiale pathologique, qu’il aime son malheur… Il doit faire bonne figure, aimer son esclavage. C’est très souvent ce qui lui est demandé, même s’il est humilié publiquement, puni régulièrement. C’est ce qui se passe dans nombre de familles « respectables », c’est-à-dire des familles qui sont assez conformistes pour jouer le jeu social et mettre des bornes publiques à leur violence. C’est-à-dire la plupart des familles…
Et ainsi, bien souvent, l’enfant soumis, obligé de faire bonne figure, grandira en ne sachant faire confiance à ses émotions, il grandira en considérant, finalement, la violence, l’humiliation, la soumission à l’ordre, comme normales

Il passera ainsi à côté de sa vie, de la vie… Et détruira d’autres vies, s’il en a à sa disposition (famille, travail).

Dans ce cadre, l’enfant qui pleure plus facilement est un enfant qui cède donc plus facilement, donc plus soumis. Il va grandir en se soumettant sans trop d’encombres à l’idéologie dominante, faisant le jeu du conformisme social. Et sa soumission est acquise, même s’il apprend à retenir ses larmes, à force de subir les injonctions parentales verbales ou non-verbales, qui les refusent (ses larmes, sa sensibilité exprimée).
A l’âge adulte, il sera un parfait exécutant de la logique sociale, exprimant une sensibilité « normée », une sensibilité qui s’exprime dans les bornes de ce qu’admet la société, une sensibilité de surface, superficielle, afin d’éviter autant que possible le réveil de la mémoire traumatique.

Il ne saura jouir de la vie que superficiellement, et pas longtemps, n’ayant pas accès à la/sa profondeur, car toute profondeur vécue amènerait le réveil de démons, de monstres, mis jusqu’ici sous clef, enfermés, puisque il n’a pas été connu, depuis tout petit, de moyens de faire autrement, de dépasser ces situations de souffrance et détresse extrêmes. Reste seulement le déni, et l’oubli forcé. Sa sexualité sera médiocre, soumise aux normes du moment : gadgets sexuels, romans sado-maso à deux sous et porno aussi crade que sa mémoire traumatique est enflée et douloureusement trop présente.

Les femmes ne jouiront pas, ou si peu, prenant bien souvent comme « le grand soir », comme des feux d’artifice, les quelques pétards qu’elles ressentiront parfois dans le ventre…

Mais que vivre d’autres quand on n’a pas de référent, quand on n’a pas les outils pour comprendre et se comprendre, quand l’accès à nos propres profondeurs a été barré? La sauvagerie brute de la vie, de l’élan vital qu’exprime le plaisir sexuel, ne peut être que jouée, et bien mal jouée, quand cet élan vital a été foulé aux pieds par des parents eux-mêmes traumatisés, et ce dès l’âge le plus tendre. Quand on n’a pas appris à vivre, quand on n’a pas appris à aimer la vie, on ne peut que faire semblant, et toujours rester loin de l’essentiel.

Et que dire de l’enfant qui s’est créé son espace de rébellion, en refusant à ses parents le plaisir de voir ses larmes couler? Cet enfant qui refuse les règles du jeu, qui a du recul par rapport au système familial. Qui a UN recul… Cet enfant qui, comme les autres, n’a pas le droit au plaisir de vivre, mais qui ne peut jouer la comédie, ne peut accepter pleinement de jouir de se soumettre.

Je ne parle pas de l’enfant qui, contraint, forcé par des parents qui dénigrent ses larmes, a fini par obéir, se soumettre et grandir en ne sachant plus pleurer. Je parle de celui qui, très tôt, est entré en rébellion, de celui qui se met à l’écart, qui ne peut faire autrement que rester fier face à ses parents.
Peut-être parce que ses parents n’ont su aller jusqu’au point où ils auraient aussi, comme tant d’autres, exigé que l’enfant ne pleure pas. Peut-être parce que, dans leur violence et leur rejet, leur brimades, ces parents ont inconsciemment laissé à l’enfant la possibilité de construire son espace de liberté et de lutte. Peut-être qu’ils n’ont su ou voulu le briser complètement…

Cet enfant, qui ne peut ainsi adhérer aisément à la psychose sociale, car restant rebelle, insoumis, par force et par chance, va développer son propre univers de rêves et de fantasmes, voulant peut-être bien refaire le système. Mêlant indistinctement, s’il n’a pas appris le recul, système familial et système social.
Il deviendra peut-être dictateur, avide de pouvoir, de changer le monde, révolutionnaire, activiste. Froidement enfermé dans un extrême de ce que la société peut dire et faire de pire, plus anorgasmique que les anorgasmiques conformes, plus glacé, insensible, brisé par ses exigences d’amour inconditionnel inassouvies.

En effet, cet enfant devenu adulte, restant en contact avec ses profondeurs, de par l’espace d’insoumission qu’il a conçu, va peut-être bien vouloir les fuir tout en les comblant, pour ne pas voir sa mémoire traumatique surgir et le dévorer .

Mais il se peut aussi, qu’à l’inverse, l’enfant entré en rébellion, garde un lien vivace avec sa mémoire traumatique, voulant la résoudre et non la combler, révolté, en colère, vivant, toujours vivant, en quête de plus de profondeur, toujours, affamé de vie et donc de sexe.
Une quête de tendresse et de sexe chaud, bouillant et virevolant, explosif et débridé, une quête d’adhésion, d’adhérence, constantes, à l’élan vital, celui qui rend créatif, amoureux non superficiel, et avide de tout changer… mais sans jamais perdre l’amour.
Et, à travers ses créations, à travers l’amour toujours redécouvert, si cela lui est permis, il apprendra à pleurer.
Et il se régénérera, se construira autre tout en étant lui-même, enfin complètement vivant. Non plus en quête, mais enfin installé en lui-même et dans la vie. A sa place, enraciné dans les tréfonds terrestres de la vie, et la tête dans les étoiles, grandi, étiré, en équilibre dynamique et, aussi, plus proche que jamais des autres.

Il saura prendre et voudra donner. Il bougera ce qui cherche à rester immobile. Il changera la donne.

Comme le dit Edgar Morin : « Ainsi l’hominisation prélude par un malheur écologique, une déviance génétique, une dissidence sociologique, c’est-à-dire aussi une modification dans l’autoreproduction de l’écosystème (forêt devenant savane), une modification dans l’autoreproduction génétique chez un primate évolué (mutation), une modification au cours d’une autoreproduction sociologique, c’est-à-dire la scission d’un groupe juvénile fondant une colonie extra-territoriale.
Il semble donc déjà que les anormaux, les rejetés, les heimatlos, les aventureux, les rebelles, soient les initiateurs de la révolution hominienne. »
(cité dans le Tome 2 de la Méthode Lafay, l’espace stratégique)

Dans notre univers, nous fabriquons les rebelles que vous n’avez pu être, et orientons ceux qui sont déjà en quête, pour éviter qu’ils se perdent en chemin. Nous leur.. permettons.

Devenons plus humains, avançons dans notre hominisation.
Ouvrons l’accès aux profondeurs, un accès sécurisé par la connaissance et la tendresse; ouvrons l’accès aux larmes et au plaisir.

COUPLE : qui est vraiment toxique?


 
Le plus dur n’est pas de penser mordicus que l’autre est toxique, méchant, un bourreau, un obstacle, un empêcheur de vivre en rond… et nous une victime.
C’est en fait ce qu’il y a de plus facile…
 
Le plus dur est de se considérer soi-même comme un bourreau, une personne toxique, pour soi-même et les autres. De comprendre que l’on est tous à la fois victime et bourreau. Parfois, souvent même, tour à tour.
Et que penser que l’on n’est que victime prouve une vision incomplète de la relation à l’autre, à soi…
 
Nous sommes naturellement portés à considérer l’autre comme un bourreau, afin de pouvoir vivre pleinement notre besoin de dominance. Le méchant, c’est toujours l’autre…
Nous sommes naturellement portés à avoir peu de recul sur nous-mêmes, et donc à ne pas voir en quoi nous sommes responsables de nos peines, blessures, choix erronés (de partenaires, notamment).
 
Et nous vivons dans une société qui promeut la concurrence à outrance et la déresponsabilisation. Une société qui nous encourage, tous les jours, au travail, dans les médias, dans les séries et films, à être toxiques pour les autres. Tout en les considérant comme des salopards. Analysez les discours des apôtres du développement personnel, des gourous de la réussite, et vous verrez qu’il n’est fait que de ça.
 
Dominer, écarter, écraser, soumettre, faire souffrir, humilier… C’est ça être vainqueur dans notre bel imaginaire social…
C’est comme si, constamment, on nous brandissait un panneau devant les yeux : « Soyez toxiques, c’est cool. C’est le chemin vers la puissance, la réussite. »
 
Vouloir absolument dominer, sans recul sur cette pulsion naturelle, gonflée artificiellement par la société, c’est l’injonction fondamentale. S’aimer soi-même au-delà de tout, comme une espèce de dieu exigeant toujours plus de pouvoir et de valorisation, c’est le mot d’ordre, c’est la fin ultime. Facebook comme espace gratifiant, lieu si désirable du nombril hypertrophié et de la masturbation, faute d’une bonne pénétration joyeuse, à deux…
Soyez pervers, soyez narcissiques.
 
Et alors, forcément, on fait du mal. Et alors, forcément, on se fait du mal…
Toujours en se pensant victimes, jamais bourreaux. Toujours en se pensant innocents, victimes d’une odieuse personne affligée d’un gène maléfique qui la rend toxique. Un pervers narcissique de naissance. Et nous, sans tâche, absolument sains, tellement dignes d’amour, et si odieusement manipulés…
 
Bien sûr, il existe des cas où des personnes perturbées agressent un innocent qui s’est trouvé au mauvais moment au mauvais endroit, mais ce sont des cas rares.
Bien souvent, on est toxique pour soi-même en se trouvant un bourreau, qui va nous permettre d’être les victimes que l’on a besoin d’être, ou l’on est bourreau soi-même, ou même on joue très régulièrement les deux rôles…
 
Bien souvent, la toxicité présumée d’une personne ne peut exister sans notre complicité…
Nous sommes toxiques pour nous-même et nous cherchons inconsciemment des exécuteurs.
 
L’idéologie dominante valorise autant la destruction que l’auto-destruction. Le narcissique qu’on nous conditionne à être se doit aussi d’être pervers…
Avec les autres, avec soi.
 
Et quand on perd le bras de fer dans notre jeu de dominance avec l’autre, quand notre soumission nous emmène vers une souffrance insupportable, alors on identifie le bourreau. C’est l’autre !
 
Et la société, qui résiste à tout changement qui lui permettrait d’instaurer de meilleures relations humaines, a déjà généré des catégories d’individus « mauvais » : les toxiques, les pervers narcissiques. Quelques livres bien pourris, quelques « thérapeutes » pervers, cupides, parfaitement moulés, et hop, ça roule…
 
La société qui identifie son propre fonctionnement comme étant pathologique, mais sans se l’attribuer, en désignant seulement des boucs-émissaires.
La société qui se défausse de sa logique de merde, jamais remise en question.
 
Encore une fois, ces catégories sont le fruit d’un défaut terrible d’approche systémique/cybernétique, où l’on se centre sur l’individu, en oubliant le contexte, les conditionnements sociaux, et ceux des uns et des autres, où l’on dramatise, excuse certains et condamne d’autres, là où il faudrait de la vraie pensée.
 
Le rôle des conditionnements sociaux, de l’idéologie dominante, qui construit les conditions d’une terrible violence sociale.
Le rôle de la mémoire traumatique, qui nous amène à rechercher le statut exclusif de victime, parfois, ou de bourreau souriant.
Le rôle des tâches aveugles cognitives, des biais, qui font que l’on ne voit bien que ce qui nous arrange. Et le bourreau se voit victime… Et l’on ne se voit jamais bourreau, toujours accusant la méchanceté, les violences et manipulations de l’autre.
Le rôle de l’inculture, qui empêche tout véritable recul.
Le rôle que pourrait jouer une approche systémique/cybernétique dans la résolution de problèmes et la création d’un espace social plus paisible…

BAISER SANS JOUER N’EST PAS BAISER


 
(titre à revoir, car trop choquant, même pour des gens passant beaucoup de temps sur des sites porno ou à lire les conseils sexe de Cosmopolitan, ou devant 50 nuances de Grey.
Surtout ne pas publier avec ce titre, afin de conserver une bonne image publique)

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L’objectif de nos pages est de se situer toujours au-dessus de la ceinture. En effet, que seraient donc des paroles sur l’amour qui seraient enracinées dans la sexualité? Hein? Ne serait-ce pas une erreur anthropologique? Une faute de goût? Une entorse à l’hypocrisie pudibonde de tous ces amateurs de porno? De ces humains paumés, en quête d’une norme sexuelle, comportementale et langagière, se trompant toujours, frustrés, désespérés, trompés par des médias aux ordres, médias eux-mêmes torturés et sans boussole?
 
Rien sur l’amour mon capitaine, dit-il scrutant l’horizon.
Et sous la ligne de flottaison, sens-tu la mer cogner les flancs du navire, lui répondit celui-ci. Sans attention donnée aux profondeurs, sauras-tu vraiment distinguer et comparer les horizons? Car ils sont plusieurs, ils sont nombreux…
 
Laisse tomber ta longue-vue un instant et sens les vibrations du navire. Ces vibrations qui remontent en toi. Dessers ton cou, détends tes mâchoires, allonge ta nuque et laisse ces vibrations remonter jusqu’au sommet de ton crâne. Ne cherche plus le contrôle…
 
Ressens-toi, dans ce navire, pris entre le ciel éternel et les profondeurs océanes insondables.
Dissous les normes destructrices, celles qui enferment ta vie pour mieux te soumettre, et reviens à toi, puis à la vie, à cet élan du désir, venant du fond et qui alimente l’amour.
Le sens-tu, là, maintenant?
 
Alors, tu peux reprendre ta longue vue. L’horizon s’est éclairci.

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En illustration, une peinture de GERVEX « Satyre jouant avec une bacchante ».
A quoi j’ajoute : baiser sans jouer n’est pas baiser.

AMOUR ET CYBERNÉTIQUE


 
[petite boucle depuis ce texte, qui devrait vous permettre d’aller plus loin dans votre réflexion après les articles publiés ces deux derniers mois – Nota : j’ai ajouté quelques idées et paragraphes depuis la première publication; n’hésitez donc pas à relire]

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L’amour doit être dialogique (cf Edgar Morin) : c’est à la fois l’acceptation inconditionnelle ET le droit d’ingérence. Cela paraît paradoxal, mais :
1 – on ne peut faire croître sans d’abord accepter.
2 – si l’amour n’est pas juste possession de l’autre, bête jouissance de celui-ci (ce qu’il est souvent, donc un amour de surface), il ne peut être que désir de croissance de soi, de l’autre, de l’ensemble (couple).
 
Quand on a compris la logique cybernétique de la croissance par complexification, on a compris ce qui compte pour rendre heureux l’autre, et se rendre heureux avec l’autre.
C’est là le véritable amour
 
Ne pas confondre avec le désir de transformer l’autre (souvent physiquement) pour en jouir comme un objet…
Ne pas confondre avec le désir de trivialiser l’autre. De le rendre prévisible, malléable et conforme à nos besoins…
 
Le fait de « libérer » l’autre, de le complexifier (de l’aider à cela), c’est pas en faire un objet, c’est le rendre encore plus étonnant, surprenant, souple, créateur et donc désirable par la richesse même de la vie qu’il/elle exhale par son corps, par ses actes, par ses paroles.
 
Nourrir la complexification de l’autre, c’est le rendre plus beau, plus belle, plus attirant, car l’augmentation de la souplesse du système, le « défige », et le corps se modifie, le visage s’illumine, la bouche s’agrandit, plus charnue et vivante, le sourire est plus apaisé et sensuel, les yeux s’agrandissent et leur forme se modifie, les mâchoires détendues participent grandement à un contour du visage bien différent et plus attirant, les cheveux ne sont plus ternes, tristes, la peau est plus souple et lumineux, plus saine…
Et ces transformations touchent le corps entier. Les graisses se répartissent différemment et la musculature, même sans exercice intense, est plus tonique.
 
Un système (un corps-esprit) complexifié fonctionne différemment et son apparence est différente.
 
Pour que cela soit clair dans votre esprit, la complexification est l’exact opposé du figement (cette simplification fonctionnelle d’un organisme vivant, inhibé, qui résiste donc moins aux stress environnementaux et qui s’abîme plus facilement, qui cède plus vite à l’entropie, qui s’use et se détériore plus vite).
 
Un organisme vivant (un système biologique) qui se complexifie traite mieux les informations internes et externes (environnementales), s’adapte plus vite, et conserve ainsi sa vitalité. Et le lien entre vitalité et beauté est un lien direct.
 
C’est la culture bien communiquée, les câlins et le sport doux et bien pensé qui permettent cette complexification du système (biologique) que vous êtes…
 
On a tout à gagner à se complexifier et à nourrir (aider) la complexification de l’autre.
 
Cela fabrique des gens plus heureux, plus séduisants,qui ont plus de répartie, de vitalité, de créativité, d’inspiration, d’univers à découvrir et partager.
D’individus, de couples, qui se referment avec le temps, ou qui n’ont jamais su/pu s’ouvrir, on arrive à des personnes ouvertes, épanouies, possédant la foi (la croyance en leur capacité à se gratifier pleinement dans leur vie).

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Bien entendu, atteindre de tels objectifs passe par l’installation d’un climat de confiance absolue.
Car, comme dit au début de ce texte, la complexification de l’autre (le processus de changement positif) passe par un préalable fondamental : son acceptation.
L’acceptation pleine, entière, de ce qu’il/elle est, tel qu’il/elle est.
L’acceptation pour installer la confiance, pour restaurer et agrandir l’estime de soi.
 
Accepter, c’est chercher à connaître, c’est explorer l’autre, et ce n’est guère possible sans qu’on se complexifie soi-même…
Ainsi, la croissance est (toujours) une affaire commune.

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Références : Bateson, Lowen, Morin, Atlan, Jullien, Von Foerster, Berne, Laing, Piaget.. et un peu moi aussi 🙂

AIMER : JE TE VEUX RIEN QUE POUR MOI


 
(un peu de pensée cybernétique, toute douce)

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Aimer, c’est vouloir que l’autre nous appartienne, et vouloir lui appartenir. Aimer, c’est vouloir que « l’objet gratifiant » (dirait Laborit) soit proche, à notre disposition. Et plus on est proche, plus je suis à l’autre et l’autre est à moi, plus le lien d’attachement est fort (ocytocine).
Aimer une personne parmi des millions, c’est crier du fond de soi : « Je veux que tu sois à moi. »
 
Est-ce mal? Non, puisque c’est profondément naturel, et la socio-culture nous conditionne aussi pour cela. On a cela « en nous ».
 
Aimer, c’est avoir une relation particulière, singulière, avec un être. Il y a donc un lien d’appartenance.
 
Mais aimer devient un problème quand cela ne se résume qu’à ça.
Car il faut aussi vouloir construire l’autre, pas seulement le posséder. Il faut une dynamique de construction, pas seulement d’exploitation.
Sinon ce ne sera plus que vampirisation réciproque, exploitation mortifère d’une terre qui ne se renouvelle pas. Et, bientôt, l’amour mourra.
 
Il faut donc vouloir la liberté (libération) de l’autre autant que sa soumission. L’amour épanouissant doit être paradoxal.
L’amour épanouissant, durable, est dialogique (terme d’Edgar Morin). Enfermement et libération. Fermeture et ouverture…
C’est un système vivant, cherchant le maintien et la croissance simultanément. Il lie en même temps qu’il libère.
 
Les couples heureux sont ceux qui savent maintenir active, dynamique, cette dialectique. Ce sont ceux qui décident, en conscience, de s’y engager.
 
Ce serait une vision évoluée, complexe, cybernétique, de ce mythe, par exemple : http://www.philolog.fr/le-mythe-de-landrogyne-texte-de-pla…/
 
Encore une fois : se focaliser sur la croissance.
Soyons des jardiniers
(et non des vampires)

SORTIR DE LA CAVERNE, c’est crevant…


 
(Construction du couple, relations gratifiantes, et changements de type 2)

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Avons-nous le même objectif, dans un couple? Avons-nous un territoire commun, pensé, construit à deux, en conscience?
 
En fait, souvent, à part vouloir être ensemble, la relation n’a jamais été bien définie, pensée.
On se met ensemble, sous la pression de la société et de nos hormones, puis le contrôle nous échappe (comme pour tout le reste).
 
Appliquer des « recettes » pour sauver un système-couple impensé, quand ça se met inévitablement à merder, c’est juste impossible. Vouloir « mieux communiquer » sans jamais se poser de questions de fond, celles qui amènent à réfléchir à ce que sont les relations humaines, sans questionnement anthropologique, c’est voué à l’échec.
Ou alors, ce sera comme une recette, et donc un pansement sur des problèmes de fond qu’aucun des deux n’est en mesure de résoudre par manque de pensée et d’outils.
 
C’est pour ça que les « recettes » des livres de développement personnel à deux sous sont inefficaces (l’état de la société le prouve); et aussi que les thérapies de couple sont seulement un moyen de se rassurer avant la séparation. Ou d’accepter la mort de soi et de l’autre dans un couple qui continue d’exister par faiblesse ou besoins de conformisme intraitable.
 
Heureusement, on peut changer, et avoir accès à sa part de bonheur, mais ce n’est pas donné à tout le monde, par manque d’outils pour creuser son épistémologie et se libérer des conditionnements, qui font des humains de petits robots conformes aux standards conceptuels et comportementaux en place.
 
Evoluer, c’est déjà changer. Je renvoie au livre « Les transformations silencieuses » de François Jullien. Evoluer, c’est juste ce que tout le monde fait, soumis que l’on est à des transformations perpétuelles.
 
Evoluer « en bien », selon les standards sociaux, c’est bien souvent ne faire qu’abdiquer de sa vie, s’oublier pour être plus « acceptable », par manque d’outils pour être soi.
Alors, on fait quoi? On s’oublie pour ne pas être seul? Ou on vit ses tendances, ses mouvements intérieurs, quitte à ne plus rien tirer des relations sociales que le simple plaisir superficiel de parler, de vivre dans un bruit perpétuel permettant de ne pas penser (à la douleur de sa vraie solitude)?
 
Il existe une forme d’évolution supérieure, dite « changement de type 2 », mais il est vrai que ce n’est pas donné à tout le monde. Pour cela, il faut être apte à creuser ses propres croyances, celles de la société, des autres, et à modifier ensuite son regard sur les relations.
Bref, il faut se cultiver (apprendre pour prendre du recul). Ce qui veut dire sortir de la norme pour devenir un individu davantage accompli (développer sa zone orbito-frontale, comme le dit Henri Laborit) en pensant ses conditionnements.
Et ça, on ne vous l’apprend nulle part.
Sauf ici…
On ne vous l’apprend nulle part, car la croissance personnelle est dangereuse pour l’ordre social. Les gens vraiment épanouis n’acceptent plus le système hiérarchique tel qu’il nous est imposé.
Ou : on ne peut (vraiment) s’épanouir que si l’on remet en question les échelles de dominance.
 
Et ce n’est donc pas sans tensions qu’on opère un changement de type 2, car se rendre capable d’amour pour soi, les autres, le monde, ça fait remettre en question pas mal de choses. D’où ces milliers de personnes disant être perturbées, épuisées, par les articles de LDMT.
 
Obtenir ce qu’on veut le plus (l’amour, la reconnaissance), ça passe par l’obligation de « sortir de la caverne » (Platon), afin d’échapper à un système social qui veut se perpétuer, maintenir les échelles de dominance, certes, mais qui ne veut en aucun cas votre bien.
 
Les « recettes de bonnes femmes », les bons sentiments, les clichés, la bienveillance superficielle (Je suis Charlie), ça ne marche pas. Les livres de développement personnel, c’est du bidon, car ils répondent à un besoin de conformistes : changer sans changer, sans creuser la valeur de nos besoins, fantasmes, croyances sociales.
 
Ce qui marche donc, ce qui doit être fait, c’est le chemin menant à un changement de type 2, avec une ré-information en profondeur de votre système (modifications de la manière de penser, agir, croire).
C’est le chemin le moins fréquenté, car c’est celui de l’insoumission réelle. mais c’est le seul apte à produire ce que nous attendons tous : des relations pleinement gratifiantes.
 
Bienvenue dans le monde des Non-A (Van Vogt) 🙂

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Pas de douceur sans rébellion.
 
Le changement de type 2 a été théorisé par Gregory Bateson, pionnier de la pensée écosystémique (pionnier de l’écologie moderne), référence fondamentale de la Méthode Lafay, et biologiste, anthropologue, éthologue, psychologue et cybernéticien.
Gregory Bateson a énormément influencé Edgar Morin.

ENSEIGNER LA DOUCEUR, ça demande de l’ordre.


 
Ici, vous aurez de la douceur 🙂
Nous (LDMT et moi) ne vivons que pour cela : donner à tous des outils et une ambiance qui permettent de la vivre cette douceur, de se l’approprier et de s’installer en elle, avec elle.
 
Même si pour cela nous devons parfois être durs, mettre des barrières, afin de gérer les vélléités de personnes encore trop soumises à la lutte pour la dominance, et incapables de prende du recul et voir les limites.
Comme le disait Paul Watzlawick, pour avancer, il faut déjà mettre de l’ordre.
Pour faire advenir la douceur, et subvertir les hiérarchies en place qui font tant souffrir, il faut tout de même installer une hiérarchie
 
Pour créer de l’égalité, de la pensée, de l’amour, il est tout d’abord nécessaire de créer les conditions optimales pour un enseignement : un ordre, une souple rigueur, la proximité juste et la distance juste entre l’enseignant et les élèves.
 
Et parfois il faut aller au plus court, être rude et perturbant, afin de ne pas s’user en vaines paroles auprès de personnes encore inaptes à l’écoute, tant elles sont désireuses d’exister aux dépens des autres, tant elles sont impatientes de compenser égoïstement leurs souffrances, les peines d’une vie insensée.
Et, souvent, ces personnes veulent dominer, se valoriser, au nom de la bienveillance, nous reprochant même notre manque de bienveillance… tant l’esprit « Charlie » (dominer, écraser, en souriant sous couvert de tolérance) a nivelé les pensées.
 
Nous voyons arriver sur nos espaces des personnes absolument avides de douceur, mais qui sont encore de petits robots, totalement programmés par l’idéologie dominante, en recherche constante de valorisation, et sans aucun recul, sans l’aptitude à se poser la question suivante : « d’où je parle? D’où parlent les gestionnaires de cette page (en termes de connaissances, responsabilités, droits)?
 
Ces personnes veulent surtout imposer, prendre, en pensant donner, en le clamant même parfois. Elles ne savent prendre le temps de l’écoute et de la distance.
Et elles agissent en prédateurs irréfléchis, toujours au nom de l’amour, de la bienveillance, de la tolérance et de la liberté d’expression (preuves ultimes de leur soumission à l’idéologie dominante).
Ces personnes, bien dressées par les médias, ont même pour certaines lu ces livres de développement personnel à deux sous, ces « livres de bonnes femmes », qui, le croient-elles, leur ont donné la sagesse et le recul nécessaires pour intervenir partout comme elles le veulent…
 
Evidemment face à nos exigences intellectuelles et comportementales, elles se retrouvent désemparées, car elles pensaient avoir des « droits » vu qu’elles avaient tout bien fait (comme on les a programmées). Et puis ailleurs, tout le monde s’en fout, tout le monde nie les autres, et cherche à s’imposer. Alors que chez nous, on aime assez les gens pour leur imposer… la réflexion.
Les déprogrammer est une rude tâche…
Et leur désarroi face à ces limites inacceptables qu’on ose leur mettre est tel que ces « bienveillantes » se montrent assez vite guerrières et méprisantes…
 
Pour nous préserver (hé oui, nous aussi nous devons nous préserver), nous allons ainsi parfois au plus court, mettant rudement de l’ordre, selon notre conception de ce que doit être un espace « opérationnel », apte à vraiment communiquer les outils de la douceur.

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Nota : il va sans dire que même nos interventions en apparence les plus rudes respectent notre cahier des charges cybernétique; et que nous savons toujours quel effet nous voulons obtenir, et ce dans l’optique d’un accroissement général de douceur. Rien n’est jamais gratuit, tout est constamment pensé. Nos articles et vidéos sont éclairants à ce sujet.