QUAND LA PRATIQUE DEVIENT RELIGION VOIRE FANATISME

{ JE SUIS Charlie, JE SUIS vegan, JE SUIS bodybuilder, etc.}

Jean Texier, docteur en philosophie et multiple champion de bodybuilding, a écrit : « On entre dans le bodybuilding comme on entre en religion. »
Ceci s’applique à cela, et à tant d’autres choses…
Décorticage cortical ci-dessous.

 

 

 

 

Un article ne peut jamais en lui-même aborder tous les angles de vue et les outils d’analyse. Un livre le peut, éventuellement, car on se donne davantage de place.
Mes articles utilisent toujours de nombreux outils, mais il faut en lire plusieurs pour voir se dévoiler toutes les facettes du raisonnement.
C’est le principe des articles 

Lorsque vous lisez Bateson, vous avez le plus souvent une suite d’articles, de retranscriptions de conférences, qui prennent leur sens au fur et à mesure qu’on les intègre en les lisant les uns après les autres.
Ce n’est qu’un exemple.

N’hésitez donc pas à relier cet article à d’autres, qui parlent de végétalisme, de « Je suis Charlie », de crossfit ou de bodybuilding, et bien évidemment d’enfance et de conditionnements.

Cela vous permettra de saisir la raison des articles « intellectuels » sur une page dédiée à la musculation 

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Un des paradoxes des engouements et engagements vitaux, des croyances que l’on veut absolument défendre et imposer, comme le végétalisme salvateur, est que ces croyances sont nées de besoins de compensation, suite à des précipices à combler en soi, le plus souvent creusés dans l’enfance.

On croit posséder une idée, alors qu’on est possédé par elle…

D’où aussi le « je suis » (vegan ou autres), qui nous essentialise, qui nous résume et nous réduit à une pratique.
Il y a une grande différence entre le « j’adhère » ou le « Je pratique » et le « Je suis », qui surgit chez plein de gens à leur insu, montrant leur subordination totale à des idées et l’étiologie de celles-ci, agissant comme des maîtres envers la personnalité esclave, depuis les profondeurs de l’inconscient.

Une fois que l’on a développé ces compensations, ces idéaux (censés nous sauver et même sauver le monde),et malgré qu’ils viennent de la souffrance vécue et refoulée, on considère comme blessant qu’on retrace leur histoire, et leur logique.

Les gens s’identifient à leurs compensations, à ces idéaux nés mécaniquement du besoin de croire pour survivre.
Disséquer ces idéaux, ce serait alors comme disséquer les gens eux-mêmes, ce serait comme nier la valeur des gens.
Et je conçois très bien que, tant qu’on s’identifie à ses idéaux de compensation, son imaginaire salvateur, on se sente agressé par toute analyse pertinente.
Voire même qu’on se sente agressé par toute remise en question, réflexion.

La pratique est devenue religion, voire fanatisme.

Et c’est pourquoi j’ai écrit il y a 10 ans que la guerre constante et impitoyable faite à la Méthode Lafay, qui sème le doute dans des esprits fanatisés et traumatisés, est une guerre commerciale ET une guerre idéologique.
Ce n’est rien de moins qu’une croisade pour sauver son lot de certitudes et conserver ses illusions compensatrices.

« Le végétalisme, c’est la panacée, j’y adhère, JE SUIS vegan, donc je le vaux bien. » (Je vaux – enfin – quelque chose, alors que, à la source de la naissance de cet idéal, il y a une grande souffrance refoulée, engendrant des compensations dans l’imaginaire).

« Je suis Charlie donc je vaux quelque chose. », encore une autre de ces essentialisations qui montre autant nos blessures que nos besoins de compensations nous torturant au point que l’on accepte de se faire résumer ainsi par un slogan véhiculé par d’autres dans le but de nous gouverner.

Tant que l’on a pas séparé sa propre valeur de la valeur investie dans une pratique (l’imaginaire associé à cette pratique), on ne peut faire preuve de la juste distance à soi nécessaire pour se libérer et s’épanouir pleinement.
On reste victime de nos conditionnements, de nos compensations, et ce qui semble nous différencier en profondeur n’est que pansement bien peu efficace (puisqu’on doit toujours le justifier et le défendre agressivement) sur nos blessures enfantines.

C’est la porte ouverte à toutes les manipulations politiques, auxquelles on se soumet de plus avec parfois une joie naïve.
Défendre âprement ce qui nous soumet, et exacerbe nos fragilités, c’est humain.

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