LA SOMME DE TOUTES LES PEURS

 

La peur de se retrouver face à sa propre enfance conduit l’individu à rechercher toutes les formes possibles de destruction, y compris l’autodestruction.

La mémoire traumatique, qui se constitue principalement dans l’enfance, lorsque nous sommes confrontés à ce que nous vivons comme un rejet, une perte d’amour parental, est psychologiquement, physiologiquement, une fuite de la douleur causée par ce rejet.
Sans cette fuite intérieure, nous pourrions tomber gravement malades et même mourir très rapidement.
Ceci, les neurosciences le démontrent.

Plus tard, en grandissant et à l’âge adulte, nous ferons TOUT pour éviter d’avoir à ressentir ce tsunami émotionnel contenu dans la mémoire traumatique.
Et cela va conditionner entièrement notre vie. Ne pas pouvoir se libérer de cette mémoire traumatique, l’ignorer, c’est lui rester soumis à vie.

Nous adopterons des conduites à risques (pour « dissocier », c’est-à-dire pour revivre la rupture interne qui conduit à l’apaisement suite à la sécrétion de drogues endogènes).

Nous exercerons des violences envers nous-mêmes en accord avec l’image de soi construite au sein de la famille, sous l’influence des parents : la moindre humiliation, le moindre rejet, la moindre peine causée par nos parents, nous amène à nous penser comme des « monstres », des êtres mauvais, qui doivent être punis, qui doivent souffrir, être malheureux…
La douleur devient un mode privilégié pour « être ». Nous nous refusons le droit d’être, pleinement être, dans le plaisir. La moindre satisfaction devra être acquise par la douleur, dans la douleur.
Cela se passe inconsciemment, tout petits, et c’est implacable. Plus tard, sous l’influence de l’idéologie sociale dominante, nous tenterons de rationaliser tout cela. Nous irons même jusqu’à le revendiquer au lieu de le rejeter, prisonniers alors de notre propre souffrance jusqu’au bout.

La musculation No Pain No Gain, la musculation dite « classique » (tout ce qui n’est pas la Méthode Lafay) est un des exemples de cette mémoire traumatique qui conduit à l’autodestruction par haine de soi, et pourtant revendiquée sous les étendards de l’héroïsme.
De même que la boulimie, l’anorexie, la bigorexie, les auto-mutilations, etc.

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Demandez-vous pourquoi nous n’en venons pas naturellement à rechercher notre bien-être et un développement de soi sans peine et blessures.
Pourquoi la santé, dont on parle tant, est dans les faits, souvent, le dernier de nos soucis.
Quand, avec LDMT, j’ai mis cela en évidence, avec maintes références et démonstrations logiques, cela a créé un CHOC énorme. Et beaucoup de colère… Bizarrement.

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Nous exercerons également de nombreuses formes de violences sur d’autres que nous (nos enfants, nos semblables, nos subordonnés, des inconnus, des personnes que nous envions). Violences physiques, verbales, harcèlements…

Faire usage de violences envers d’autres que soi assume une quadruple fonction :
se décharger du trop plein de haine, frustrations, sur un autre que soi. Notre violence est en fait la résultante d’une incapacité à gérer le trop plein d’émotions qui nous habite. Faire du mal, quelle que soit la façon de le faire, nous décharge, nous apaise. Nous vidons ainsi une part de nos tensions, notre énergie excédentaire trouve un canal de décharge;
faire vivre à l’autre ce qu’on nous a fait vivre (l’humiliation, la peine physique et/ou morale). En faisant vivre cela à un autre, et parce que nous nous identifions à lui, nous pouvons dissocier (sécréter des drogues apaisantes). Le sadisme est un moyen de dissocier et de se fuir;
faire taire la pensée. Car penser peut nous amener bien trop près de cette mémoire traumatique, C’est-à-dire de la plus grande de toutes nos peurs. En cherchant à détruire celui qui nous fait penser, nous recherchons le statu quo antérieur. C’est un effort de rétroaction négative : on fait tout pour revenir à la situation antérieure où nous arrivions tant bien que mal à garder sous clef la mémoire traumatique. D’où les agressions physiques et verbales envers ceux qui font penser, le rejet de ces personnes, au lieu du débat, car le débat peut faire tomber de noirs voiles, et c’est vécu inconsciemment comme terrifiant, donc tout est bon pour y échapper ;
gagner de la dominance perçue : on se sent plus grand, plus fort (donc plus aimable) quand on écrase son semblable. L’estime de soi remonte un instant et le plaisir de la dominance parvient à camoufler momentanément nos conflits intérieurs. Celui qui se sent tout petit en lui-même ressent de la force s’il a le sentiment de faire trembler ou tomber quelqu’un qu’il trouve bien plus grand que lui. Il ne se sent pas capable de grandir, de croître, mais capable de détruire (car c’est tellement plus simple, surtout avec internet, où l’on peut se rassembler et produire de véritables concentrés de haine de soi, des autres, du monde, à projeter sur son semblable).

La jouissance du pouvoir, exercé sur d’autres que soi, vient remplacer, compenser, l’incapacité à vivre (aimer la vie, se sentir aimé). A jouir…

Chez tous ceux qui interviennent avec haine, rage, démence sur nos pages ou sur des pages créées pour tenter de nous détruire (sous couvert d’humour, parfois, l’humour destructeur de l’autre, via le harcèlement), on retrouve ces éléments :
– des personnes émotionnellement fragiles, qui ne parviennent pas à se gérer en douceur, et avec amour (de soi);
– des personnes qui se font beaucoup de mal, et qui se décrivent même parfois comme des héros;
– des personnes qui fuient avec une constante détermination leur mémoire traumatique (donc la confrontation avec leur propre enfance);
– des personnes qui cherchent à faire du mal, inventant pour cela des prétextes : le racisme, l’humour, la méchanceté de celui qui ose les faire PENSER.

L’enfer n’est pas un monde de terreur qui nous attendrait à la fin de notre vie, il est la vie même pour tous ceux qui se fuient sans espoir, et qui cherchent alors à emmener avec eux, dans cet enfer quotidien, ceux qui tendant le miroir qu’ils fuient; pourtant le premier pas vers un renouveau de la croissance.

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Olivier Lafay

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