QUAND ON A UNE VIE DE MERDE

(autant dire que ça touche 99,99% des gens)

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PLAN du texte :
1 / Face à un stress, à un danger, nous avons 3 possibilités (et pas davantage).
2 / Face à un autre humain, nous pouvons prendre (seulement) 3 positions .
3 / Nous vivons dans une société où très peu de gens ont la possibilité de se battre, d’être vainqueurs et de rester vainqueurs dans tous les aspects de leur vie (ou presque).
4 / Les SOLUTIONS qu’on utilise pour restaurer autant que possible l’estime de soi et contribuer à un meilleur équilibre physiologique .
5 / Evaluer la merditude de sa vie.
6 / L’échelle des compensations de la merditude de la vie comporte 3 barreaux. Où vous situez-vous ?

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1 / Face à un stress, à un danger, nous avons 3 possibilités (et pas davantage) :
– combattre ;
– fuir ;
– s’inhiber (se tendre, refouler, conserver en soi la tension énergétique normalement utilisée pour le combat ou la fuite).
 
Tous les jours, au travail, en amour, dans la rue, devant la TV, nous nous trouvons (consciemment ou non) face à des stress multiples. Fuir, combattre, s’inhiber : chaque réaction possible aura des répercussions différentes sur notre physiologie et notre psychisme.
Le combat victorieux nous fait du bien (effets positifs sur la santé de l’esprit et du corps). La fuite stratégique (vraiment) bien vécue nous fera du bien. La fuite honteuse va nous abîmer l’âme et le corps. L’inhibition prolongée nous détruira.

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2 / Face à un autre humain, nous pouvons prendre (seulement) 3 positions :
– supérieure ;
– symétrique ;
– inférieure.
 
La position peut être physique (comme sur un podium), mais elle est bien souvent psychologique.

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3 / Nous vivons dans une société où très peu de gens ont la possibilité de se battre, d’être vainqueurs et de rester vainqueurs dans tous les aspects de leur vie (ou presque).
La plupart des gens sont le plus souvent en situation de fuite et d’inhibition, et leurs positions face à leurs semblables sont au mieux symétriques, et bien souvent inférieures. Même celui qui bénéficie d’une position hiérarchique supérieure se trouve la plupart du temps avec plusieurs échelons de dominance au-dessus de lui.
Tout ceci dans une société qui n’a jamais placé aussi haut la dominance : tout le monde devrait être un vainqueur, dit-on, lit-on, entend-on, suggère-t-on. Il y a les vainqueurs, les dominants, et les autres ne sont que des.. perdants.
 
Dans les faits, les vrais faits, la plupart des gens se sentent petits, en-dessous, médiocres, insatisfaits, frustrés, écrasés. S’il y a toujours plus brillant, plus dominant que moi, alors que suis-je dans cette société qui considère que la vraie et seule valeur de l’homme (et de la femme) est dans la dominance ? La réponse est claire : je suis une merde.
Ceci aura des répercussions sur notre santé physique et psychologique. Etre inhibé continuellement, se sentir la plupart du temps « en-dessous », va entraîner des réactions hormonales destructrices, un vieillissement accéléré, un affaiblissement général de l’organisme (maladies diverses) ; et le psychisme sera dévasté par la baisse, voire l’anéantissement de l’estime de soi. Tout ceci est longuement expliqué dans le Tome 2 de la Méthode Lafay (chapitre : les fondations de la santé).

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4 / Les SOLUTIONS qu’on utilise pour restaurer autant que possible l’estime de soi et contribuer à un meilleur équilibre physiologique :
 
A – être créatif (par l’effort spirituel et intellectuel).
C’est le chemin le moins fréquenté, car il demande des efforts inhabituels pour une grande partie de la population, qui n’a pas été éduquée pour aller naturellement vers ce genre de solution. Si beaucoup de gens sont « No Pain No Gain » quant à leur quotidien, à leurs rapports avec les autres, et dans le sport, on ne leur a par contre pas appris à désirer et supporter la « souffrance » du développement culturel.
C’est normal, car le recul permis par le développement culturel diminue(rait) nécessairement le contrôle social réalisé par les vrais dominants (ceux qui sont tout en haut de l’échelle du pouvoir). Ils n’ont donc pas intérêt à l’inculquer au peuple.
 
Le développement de la zone orbito-frontale (du cerveau) est biologiquement parlant, le développement de la créativité, du recul stratégique, de la différenciation de la norme sociale.. et donc de la liberté (la vraie, pas celle qu’on vous vante dans les publicités). La créativité obtenue par le développement de la zone orbito-frontale permet de se créer un monde plus valorisant, constructif, et même de contribuer à le changer. Le sentiment de contrôle ainsi obtenu, le sentiment d’efficacité personnelle (Bandura) ainsi majoré, le plaisir de jongler avec des idées complexes, permettront de faire croître l’estime de soi et contribueront très efficacement à une meilleure santé.
Il est très sain de pouvoir sortir, par la créativité, des logiques normatives de dominance imposées à la population (où il n’y a aucune échappatoire, à part de fausses solutions fournies par ceux qui créent le creuset des stress divers, des échappatoires de carton, donc).
 
A’ – la créativité par le développement de la zone orbito-frontale associée à la pratique efficiente d’une activité physique. C’est-à-dire une activité physique pratiquée avec recul stratégique, afin de se préserver tout en se comprenant mieux soi-même. La pratique efficiente, permet de se régénérer, de durer, de lutter contre l’entropie (affaiblissement programmé de l’organisme et destruction de celui-ci).
Tout ceci est expliqué dans le Tome 2 de la Méthode Lafay.
 
B – la créativité artistique. L’apprentissage d’un instrument, le dessin ou la peinture, permettent de mettre en forme nos affects (émotions) et donc de se décharger d’une part de l’inhibition destructrice.
 
C – visionner des films de héros ou super-héros. L’identification aux héros réalisée en regardant ces films permet de se sentir dominant pendant un temps. On est vainqueur par procuration. Et cela a des effets sur notre physiologie. Cela diminue le sentiment de frustration, de soumission aux autres, aux événements.
Ce n’est pas un hasard si, dans une société valorisant autant la dominance, les vainqueurs, les films de super-héros ont autant de succès. Ils permettent de compenser notre fragilité, mais ils ne l’éliminent pas. Comme une drogue, nous devrons y revenir encore et encore, car nous restons malgré tout passifs (nous ne créons rien).
 
D – jouer à des jeux vidéos où l’on peut vaincre des monstres et des gens. Là, l’aspect symbolique est également évident. Cela permet de décharger une part de nos frustrations et d’être dominants dans un monde virtuel, fabriqué justement pour nous aider à compenser nos frustrations en nous permettant de … gagner.
A petite dose, c’est bon pour la santé, à haute dose, c’est dévastateur à cause de l’irréalité de ces victoires obtenues « frauduleusement » (pour notre système nerveux, c’est frauduleux, non-authentique).
 
E – s’emballer pour des idoles dans le sport. Comme dans les films de héros et super-héros, il s’agit de victoires par procuration : quelqu’un « gagne pour nous ». Nous pouvons nous décharger d’une part de nos frustrations (inhibitions) en nous identifiant à un sportif brillant.
 
(ça marche aussi pour ce qui est de la musique, mais un peu différemment)
 
F – la pratique d’un Art martial, d’un sport de combat ou du self-defense. Il faut bien comprendre que ces pratiques ne sont pas uniquement tournées vers un adversaire précisément identifié (sur un ring, un tatamis ou dans la rue). Ces pratiques ont une valeur aussi symbolique : ce sont nos démons, nos frustrations, nos peines, que l’on cherche ainsi à vaincre, exorciser, évacuer, décharger. Notre aptitude au combat se joue également sur le plan de l’imaginaire : nous voulons mieux nous dominer nous-mêmes.
On se bat, mais dans un environnement sécurisé, ce qui augmente notre maîtrise et diminue nos craintes. Ce qui nous est donné avec ces activités, c’est de pouvoir simuler les combats naturels, pour la survie et la dominance, mais sans le risque ultime du handicap sévère et de la mort.
On augmente ainsi notre sentiment de dominance. Ce qui diminue notre sentiment d’être « en-dessous », petit, perdant, au quotidien.
 
G – la pratique d’un sport « No Pain No Gain » (où l’on cherche à réussir, à vaincre, en se faisant soi-même souffrir, à l’entraînement ou en compétition). C’est l’occasion de se vivre tel un héros quelques heures par semaine. On prend des risques et on se fait mal ? Alors on est un héros…
Cela augmente ponctuellement le sentiment de dominer soi-même, les autres, sa vie. Mais c’est destructeur sur le moyen et long terme. Le sport No Pain No Gain, c’est un gain de dominance éphémère pour un risque de perte de dominance très important par la suite. Quand le corps est usé, fragilisé, douloureux, on ne domine plus grand chose, sauf à être dominant par l’argent et le pouvoir, ce qui compense (mais c’est pas donné à tout le monde).
 
H – Venir se décharger sur le net en rabaissant, dénigrant, attaquant des inconnus, notamment sur facebook, au nom de la « liberté d’expression ». Facebook, notamment, est le haut lieu de la valorisation de soi, de sa vie, de son image. C’est le haut lieu du narcissisme. Avec un peu de réflexion, on saisit assez vite l’état psychologique de quelqu’un qui vient sur facebook pour se valoriser en insultant, rabaissant, agressant…
Cette pratique permet de se décharger (de ses frustrations/inhibitions) en se plaçant « au-dessus » des autres, et en les jugeant. C’est un moyen d’obtenir virtuellement la dominance qu’on n’a pas dans la vie. D’où l’acharnement de certains à insulter encore et encore, à juger encore, sans jamais argumenter, débattre, réfléchir : ils ne sont pas là pour ça.
 
I – frapper sa femme et ses gosses, maltraiter/humilier des employés, collaborateurs, personnes hiérarchiquement inférieures, soumises à notre pouvoir. Se décharger sur un plus faible, en s’inventant des prétextes. Qui, en effet, se déchargerait sur un beaucoup plus fort (physiquement) dans la vraie vie ?
Seule la faiblesse des enfants ou de la femme justifie en réalité les coups…
Et c’est un immense sentiment de petitesse qui explique ce besoin de se « venger » d’une vie de merde sur plus faible que soi.

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5 / Evaluer la merditude de sa vie
– si vous compensez la merditude de votre vie avec beaucoup de A et de B, et un peu de C, D, E, F, vous faites partie de ceux qui ont la vie la moins merdique.
Tel un véritable dominant naturel, vous sortez, ou tentez de sortir, des petits jeux de dominance pour être en paix avec vous-mêmes.
– Si vous compensez la difficulté à vivre avec B surtout, complété avec un peu de C, D, E, F, votre vie est assez merdique, mais vous arrivez à vous régulez pour être un peu heureux.
– si vous compensez avec C, D, E, F et une implication en G, voire un peu de B dans les meilleurs cas, vous avez une vie sacrément merdique, mais votre pratique éreintante du sport vous donne le sentiment d’être un winner, de correspondre aux attentes sociales pour être considéré comme dominant.
– Si vous compensez avec D, E, G, votre vie est absolument merdique. Vous êtes majoritairement passif et totalement dominé (du moins, c’est au moins votre sentiment profond).
– si vous compensez avec D, E, G, H, I et parfois F, vous êtes au fond du fond du fond.
Quelles que soient les (belles) images que vous affichez sur votre page facebook, quel que soit votre degré de développement musculaire, votre besoin de frapper, dans la réalité physique ou virtuellement, des personnes exposées et plus faibles, car offertes à vous sans risque de punition physique, indique votre profond sentiment d’impuissance. Avoir des têtes de turc virtuelles, des cibles à viser, piétiner, est la preuve d’une vie extrêmement médiocre (vécue comme telle).
L’image que vous avez de vous-même est très mauvaise ; votre estime de soi est anéantie. C’est ce qui explique que n’ayez comme possibilité de vous « décharger » que des personnes ou lieux qui vous paraissent inoffensifs.
Vous cherchez à être un « vainqueur » comme vous pouvez, au rabais.
Très faible sentiment de contrôle de votre vie…

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6 / L’échelle des compensations de la merditude de la vie comporte 3 barreaux . Où vous situez-vous ?
1) En haut. Douceur avec soi, créativité, recherche d’une vie paisible et palpitante.
2) Au milieu. Identification à des héros + brutalité envers soi = vouloir se faire en héros par le biais de la souffrance. Recherche d’une vie « intense ».
3) En bas. Identification à des héros + brutalité envers soi-même et les autres = perte totale de contrôle. Plus aucune véritable recherche organisée.
 
CONCLUSION :
1 – il est assez aisé, quand on possède certains outils, notamment en cybernétique, de connaître rapidement les motivations, les besoins, les désirs affichés, la vie, la souffrance existentielle d’un intervenant sur internet.
2 – cette grille d’analyse peut vous aider, peut-être, à avoir une vie moins merdique.

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Références :
Henri Laborit
Gregory Bateson
Norbert Wiener
Hannah Arendt
Paul Watzlawick
Alice Miller
Joël Monzée
Edward Hall
Wilhelm Reich
Albert Bandura
Illustration : Milon De Crotone, mort dévoré par des bêtes sauvages pour avoir été No Pain No Gain jusqu’au bout.

 
Le Tome 2 de la Méthode Lafay, pour aller plus loin :

https://www.amazon.fr/M%C3%A9thode-musculatio…/…/ref=sr_1_2…

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