NOTRE CORPS NE MENT JAMAIS

La musculation classique est dangereuse pour la santé..

Mais pas que…
Elle dit beaucoup sur la relation que nous avons avec notre corps.
Elle dit la manière dont nous avons intégré l’idéologie sociale dominante.
Et elle raconte, en filigrane, la manière dont on nous a inculqué cette idéologie.

Nos peurs, nos frustrations, nos angoisses les plus anciennes se retrouvent dans notre pratique de la musculation.
Et quand il s’agit de musculation No Pain No Gain, où sévit le culte de la performance et de la douleur, cela prend la forme d’une auto-destruction programmée.

Qu’est-ce qui nous amène à nier à ce point nos besoins essentiels, à cultiver impérativement le Maxima, en oubliant que le corps est fait pour l’Optima?
Qu’est-ce qui nous amène à malmener le corps alors que nous déclarons œuvrer pour sa puissance et sa beauté?

Croire qu’il faut se faire mal pour changer.
Croire qu’il faut « sortir de sa zone de confort », de préférence à grands coups de pieds dans le cul…
Mais d’où nous viennent ces croyances?

Comment en sommes-nous venus à jouir de la maltraitance que l’on impose à notre corps?
Tout ça pour être plus beau ou un peu plus fort…

On progresse cependant.
La maltraitance imposée aux femmes a été montrée du doigt.
La maltraitance au travail (harcèlement) a été montrée du doigt.
La maltraitance imposée aux handicapés, aux vieux, a été montrée du doigt.
Mais la maltraitance imposée aux enfants est un tabou difficile à briser: on pense encore que violenter une personne qu’on ne craint pas, une personne plus fragile que soi (son enfant), est normal et même désirable.
Et la maltraitance imposée à son propre organisme est considérée comme la seule option pour tous ceux qui font du sport (sans connaître la Méthode Lafay).
La mode de la « détox » conduit ainsi à ce paradoxe où des gens cherchent à se « purifier », donc se faire du bien, tout en continuant à maltraiter leur corps dans l’action sportive.
Ultra-cohérent, n’est-ce pas?

Beaucoup de pratiquants de musculation pensent être des rebelles, des personnes différentes, qui se distinguent de la « masse » en construisant leur corps.
Pourtant, leurs attitudes, leur manière d’envisager l’effort, l’exercice physique, ne les distinguent en aucun cas. Leur conception du corps et de l’effort montrent au contraire à quel point ils sont soumis.
A chaque séance de musculation, ce que l’on peut voir, c’est une soumission toujours réitérée.
Il en est de même pour les inscriptions des T-shirts, et les propos tenus et répétés constamment : les « mind has no limit », « fight fort it », et tous les slogans de motivation, arborés avec tant de délectation, où l’on cultive avant tout le « j’aime me faire mal et il faut se bouger violemment le cul pour changer. »

Soumission à l’idéologie dominante, répétée tel un mantra; soumission de l’homme et de la femme à genoux dans leur esprit, à genoux en prière.
Soumission au 4° commandement, qui n’est pas seulement biblique, mais qui se constate sur la terre entière.

On court à se faire mal, on soulève des poids à se faire mal; on pense, sans reconnaître le paradoxe, que plus on se fera du mal, plus on sera… bien.

On méprise finalement ce corps que l’on dit vouloir magnifier et célébrer, en négligeant ce qu’il essaie de nous dire : la douleur est un signal d’alarme, elle n’est pas le sésame de la réussite.
Sauf si l’on parle de réussite à court terme.
Mais notre corps finit toujours par avoir le dessus, il finit toujours par s’exprimer pleinement, et bien plus fort que si on l’avait écouté dès le départ…
Blessures, frustrations, angoisses, peurs, dépression, insomnie… Tout est lié.
Il n’y a pas l’esprit d’une part, et le corps de l’autre.
Il n’y a pas d’un côté ma « volonté » et de l’autre un monde d’ennemis à vaincre, dans lesquels je compte mon corps.

La maltraitance que j’impose à mon corps, c’est une maltraitance que je m’impose.
Et, tôt ou tard, je céderai devant les coups que je m’inflige.
Je serai finalement vaincu, sous l’emprise des douleurs physiques et psychologiques, et de toute une cohorte de maladies dont beaucoup ont été décrites comme « psychosomatiques ».

Pourquoi un tel aveuglement, alors que les faits démontrent tous les jours, et depuis longtemps, l’exactitude des propos tenus ci-dessus?

La vidéo mise en lien donne quelques pistes vraiment intéressantes.
C’est une vidéo qu’il faut davantage écouter que regarder. Alors n’oubliez pas le son.

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