Lettre ouverte de Renaud DUBOIS des éditions AMPHORA

Après la vidéo qui raconte la chute puis la renaissance d’un rugbyman célèbre, voici cette lettre ouverte. Touchante, émouvante.

Il s’agit de Renaud Dubois, grand sportif et éditeur (Amphora sports), qui m’écrit ceci : « l’évolution de ma vision de la compétition à été largement influencée par la lecture du Tome 2 et la recherche d’efficience prônée par la Méthode Lafay. »

J’ai en tête un texte qui propose une vision de la compétition comme hygiène intime. Je le publierai bientôt sur cette page.

 

 

« LETTRE OUVERTE À MON FILS

Depuis que tu as 7 ans, tu fais du sport en compétition. Certainement poussé en partie par ma fascination pour le sport de haut niveau et la recherche de performance. Réussir, gagner, être le numéro 1… Quêtes aveuglantes qui peuvent t’éloigner de l’essentiel…
Le sport t’a heureusement déjà permis et faire de belles rencontres, de vivre et partager des émotions intenses, de découvrir des lieux magnifiques…
Aujourd’hui tu as 13 ans et tu connais déjà ta première blessure… Les interrogations et les frustrations que ça peut provoquer…
En tant que père ayant maintenant une bonne connaissance de la réalité du sport de haut niveau, je me dois aujourd’hui de t’avertir que la compétition, si elle est mal appréhendée, peut être destructive, terriblement et durablement néfaste à tous points de vue, physiques et psychologiques.
Faire des efforts, se faire mal, faite des sacrifices, ne rien lâcher… Combien de fois entend-on ce genre d’expression ?
Mais souffrir pour réussir, c’est accepter de détruire son corps, son capital santé et de rentrer en conflit avec soi-même, de se brutaliser, de se renier et de ne même plus se respecter en tant qu’humain avec sa sensibilité.
J’ai également appris qu’il est possible d’aborder la compétition de façon pacifiée, fluide, tranquille, sans agresser ni s’agresser. À condition de l’aborder avec honnêteté, de rester en accord avec ses convictions.
On te dit parfois que tu es trop gentil pour la compétition. Ne t’inquiète pas, il y a des défauts plus graves.
Je te souhaite de t’épanouir réellement au travers de tes choix, de ne pas sacrifier ce que tu es pour devenir ce que l’on attend de toi.
Je te souhaite de ne jamais perdre de vue ce qui t’a fait aimer ce sport, de ne pas abandonner le jeu sur l’autel de la compétitivité. De garder une part de fraîcheur et de naïveté. D’oser être un créatif au détriment de choix pragmatiques et parfois castrateurs.
Deviens ce que tu es déjà car c’est le sportif qui détient la vérité.
J’ai beaucoup appris à tes côtés car la sagesse n’est pas l’apanage des plus anciens. Merci !

PS : J’ai hésité à faire cette lettre ouverte, mais oser partager ses émotions, son cheminement, c’est accepter d’avoir des faiblesses, accepter d’être foncièrement humain et non une image de façade. »

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