Burnout, décrépitude et renaissance : le témoignage de Geoffroy

Entre décrépitude et renaissance –
Bonjour, je suis Geoffroy B, 36 ans, voici mon parcours…

Fidèle à des rêves que je nourris depuis pas mal d’années je pars m’expatrier en Angleterre en 2005 puis en Espagne en 2006, je vivais au rythme de mon travail.
Je faisais ce qu’on m’avait appris à faire, travailler plus pour plus de résultats, accumuler les responsabilités pour se voir ouvrir de nouvelles portes, répéter mes actes quitte à en mourir.
Un dévouement total et irréfléchi au dieu « Travail ».

Fracassement en 2009, je ne vivais plus que pour le travail. A cette époque je passais un grand nombre de mes soirées au bureau et il m’est arrivé de faire des nuits complètes, du non-stop, où je me suis réveillé le lendemain la tête sur le bureau, avec les mêmes vêtements, la même boule au ventre devant une journée harassante qui venait s’empiler sur le mont « entreprise ».
Il m’arrivait de me rendre compte à 18h que j’avais oublié de manger le midi tellement j’étais absorbé par mon activité. (Quelqu’un a dit No Pain No Gain ?)

Imposture inconsciente, j’oublie les autres et je m’oublie moi-même pour un miroir aux alouettes qui devait être une reconnaissance morale, hiérarchique, pécuniaire, pour ma dévotion totale au système qui nous régit, pour avoir simplement suivi et joué les règles d’une société en laquelle j’avais toujours fait confiance.

Comme référence de mon physique à cette époque, j’avais les épaules tombantes vers l’avant, rentrée vers l’intérieur et une colonne vertébrale en S. Je manquais cruellement de force. J’avais des douleurs dans le dos lors de longs trajets en voiture. Mon passé sportif se résume a un peu de natation au collège et 2 années de courses a pieds qui m’ont permises de participer à des semi-marathons.

                 

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 Il ne me restait pas beaucoup de réserves avec un poids proche de 54 kilos et une fatigue cumulée sur plusieurs années, mon corps répondait de moins en moins. Un verre d’alcool me faisait l’effet de 2, des sacs un peu chargés me faisaient mal aux bras, invité chez des amis le week-end je m’endormais systématiquement dans le canapé… Ça peut faire sourire dit comme ça mais en réalité c’était juste insupportable.

Effondré, j’ai été frappé par le « burnout ».
Pour ceux qui ne connaissent pas c’est le syndrome de l’épuisement professionnel, un épuisement à la fois physique et psychologique.

Naissance de mon premier enfant en 2009, je continue de m’enfoncer avec une dépression post-partum (il n’y a pas que les femmes touchées par la dépression lors de la naissance d’un enfant, la dépression masculine étant difficilement comprise et acceptée). Tout est lié. La faiblesse physique et psychologique ne fait que nous rendre plus disposé à tomber dans de nouvelles difficultés.

C’est au moment où j’étais au plus mal que j’ai pris conscience que je devais changer les choses. J’avais d’abord besoin de m’échapper du quotidien, quelques heures par semaine, prendre du temps pour moi était déjà un grand pas en avant.
J’ai décidé de me mettre au sport pendant mon heure du midi, dans une salle de musculation juste à côté.

En m’entrainant je me retrouve très vite attiré par les exercices au poids du corps et je découvre dans la foulée la Méthode sur le forum de musculaction. A la salle je fais un peu n’importe quoi mais juste avoir une activité me fait positiver.

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Je me mets véritablement à la Méthode en 2010, loin d’imaginer où ça allait me mener, et loin d’imaginer que j’avais mis le pied vers un chemin sans retour possible. J’allais faire partie d’une petite révolution en marche dont je n’avais encore pas idée.
La base amorcée par le livre vert, puis le rouge, pour ensuite passer au jaune (et aussi le bleu) me permettront de découvrir « l’entrainement universel personnalisable ».

Je découvre un outil simple et redoutable d’efficacité. Le gros point positif a été pour moi de pouvoir me laisser guider de A à Z. N’avoir au début aucune décision à prendre, me laisser porter et faire confiance.

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Côté entrainement pendant ces 4 années j’ai d’abord parcouru les niveaux 2 à 5, 3 fois de suite (en effectuant des grandes boucles de niveaux), avant de passer dans les niveaux supérieurs. Une fois atteint le niveau 10 je suis redescendu au niveau 2 pour ensuite tout remonter.
Les séances à 70% ont été présentes tout au long de ces 4 années dès que le besoin s’en faisait sentir. J’ai monté mes deltas sur les exercices concernés dès que j’atteignais un mode 12. Comme technique anti-stagnation, j’ai utilisé essentiellement l’ascension, les miniboucles et un peu le punisher. J’ai toujours démarré un niveau avec facilité pour suivre le principe de « rampe de lancement », partir doucement pour aller plus loin en fin de niveau.

A l’inverse de beaucoup de pratiquants, j’ai tiré ma triade vers le haut grâce aux exercices 2 et 3 (en passant par le stockage de répétitions) et non pas par l’exo 1 (exercices B). J’étais donc régulièrement en avance sur ces exercices et ça ne m’a pas empêché de progresser.
J’ai pris un chemin alternatif au format classique (qui est de construire les fondations par les exos B pour tirer la triade vers le haut).

L’importance de comprendre la mécanique des exercices d’isolation est également un gage de progression (séries longues vs séries courtes pour triade vs isos) ; ce schéma a rythmé mes séances.

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Mes entrainements étaient ciblés sur la performance dans un premier temps. Et même s’ils n’étaient pas des plus académiques, j’ai beaucoup appris en faisant monter les modes. J’ai joué, j’ai testé de nombreuses combinaisons pour ensuite affiné.

En l’espace de 4 ans de pratique je n’ai pas eu une seule blessure et j’ai pu continuer sur le chemin de la progression physique et profiter du rayonnement de connaissance générale qu’apporte la méthode.
Selon moi le baromètre de la méthode est d’abord le ressenti que l’on a, l’épanouissement physique et mental, dans la durée. Si vous sentez que vous progressez alors faites-vous confiance. Toutes les composantes de la méthode sont des leviers, à chacun de comprendre leur rôle et fonctionnement au travers de la pratique mais aussi au travers des articles du blog.

A chacun de construire sa stratégie. Je pars d’une méthode d’une simplicité enfantine « en apparence » et faite pour tout profil… pour petit à petit glisser sur une approche autonome et stratégique bien plus complexe que je vais développer sans vraiment m’en rendre compte. Etre victime de l’Efficience est peut être l’une des meilleures choses qui puisse nous arriver.

 

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Les danseurs disent qu’ils arrivent à évacuer des moments de leur vie en dansant.
J’ai ressenti la même chose au travers de la méthode. Bien plus qu’une simple activité physique elle m’a permis d’évacuer. J’ai gagné 26 kilos naturellement avec la méthode pour atteindre un poids actuel de 80 kilos pour 1m72.

Maintenant je me sens fortement libérer d’un fardeau, libération physique et mentale, je ne me sens plus victime du système NPNG, passer d’un statut de victime a un statut de responsable que peut-on attendre de mieux ?

Je suis obligé de vous donner ma citation favorite :
« Quand on ne sait pas on est victime. Quand on sait on est responsable.
Maintenant vous savez. » O.Lafay


Pour moi la prochaine étape ne se comptera pas vraiment en kilos ou en mensurations car je suis déjà comblé des résultats obtenus (on va dire que ce sont des objectifs secondaires) mais bien plus sur l’approfondissement de mes connaissances sur ce rapport corps/esprit que nous entretenons chaque jour avec nous-même, avec les autres.
Maintenant que la porte est ouverte je me demande où cela va s’arrêter. Qu’y a-t-il de plus excitant que d’avancer dans l’inconnu ?


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Avoir une nouvelles vision, un nouveau rapport aux autres, la méthode c’est aussi un voyage, un nouveau rapport au monde, c’est un peu comme une deuxième chance, tout comme l’a eu Alain Kalita dans « Je suis né deux fois » ou bien découvrir de nouveaux horizons comme Bernard Ollivier lors de sa « Longue marche » qui retrace sa folle traversée de l’Anatolie.

Un grand merci à Olivier sans qui toute cette belle aventure n’aurait surement pas eu lieu.
Un grand merci également à tous les Lafayens qui m’ont accompagné dans cette démarche.


J’allais oublier… J’ai appris grâce à la méthode qu’il fallait prendre du recul sur nos lectures, que la relecture était souvent nécessaire. Il y a une chose importante que vous avez ratée de cet article et pourtant elle était là sous vos yeux. Je vous invite donc à repartir tout en haut de mon témoignage et vous concentrer sur la première lettre de chaque paragraphe. 😉

Geoffroy B.

 

12 réflexions sur “Burnout, décrépitude et renaissance : le témoignage de Geoffroy

  1. EFFICIENCE, bizarrement sans relire c’est le mot qui m’est venu à l’esprit, après vérification c’est exactement ces lettres qui apparaissent en début de chaque paragraphe.
    Walter.

  2. Incroyable témoignage 😉 Tu es vraiment parti de très loin avec au bout du chemin des acquis et un savoir immense. Bravo à toi, le témoignage de ton parcours est vraiment formidable.

  3. Bonjour ! Tres motivant ce temoignage ! Une question juste : que signifie ceci « J’ai monté mes deltas sur les exercices concernés dès que j’atteignais un mode 12. » ? Quelqu’un peut-il me léxpliquer ? Merci !

  4. Salutations amicales à Geoffroy, dont l’esprit archi-positif et les performances impressionnantes, que j’ai pu suivre à une époque sur son carnet en ligne, sont encore aujourd’hui pour moi source d’inspiration. 🙂
    Et félicitations pour ce beau témoignage, qui brouille les frontières entre construction corporelle et chemin de vie, pour le meilleur.
    Bonne route, camarade!

  5. superbe témoignage, j’ai aussi commencé la méthode il y a quelques temps mais je me suis arrêté. Comme vous Geoffroy ,j’ai fait un burn out en 2012 et je tente de reprendre ma vie en main. Je recommence à courir , et je vais surement retenter la méthode, en espérant tenir et avoir quelques résultats. Merci pour votre témoignage

  6. Le raport corps/esprit est effectivement la bonne voie à suivre.

    Dans La Republique, Platon (ou un musulman car il n’existait pas de livre à l’epoque de Platon. Le livre est traduit directement de l’arabe au latin et son auteur est designé plusieurs siecles plus tard) ecrivait que la gymnastique eduque le corps et la musique eduque l’esprit. Il reconnaissait que la gymnastique pouvait eduquer l’esprit à condition de ne pas pratiquer que cette discipline. Ainsi, il avait crée des academies dans lesquelles il couplait les cours de gym à des cours de philosophie pour eduquer les jeunes. Le sport etait meme une activité religieuse puisque tous les ans ils organisaient des competitions pour honorer leur divinité zeus olympe. C est peut-là que la comparaison s’arrete.

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