Été 2011 – été 2014
Pratiquante et passionnée de volley-ball pendant une dizaine d’années, j’ai toujours apprécié les pratiques sportives demandant des qualités physiques telles que la puissance, la rapidité et l’endurance. Autant le dire, je n’étais de toute évidence pas le genre de femme à s’intéresser aux sports faisant appel à la grâce et mettant en avant la souplesse du corps. En effet, seule la performance m’importait, peu importe les moyens pour y parvenir. Je n’écoutais plus mes besoins et pratiquais à outrance pour jouir de sensations toujours plus fortes.
C’est avec nostalgie dont je me souviens de « ma déchéance» : un soir, pendant un entraînement trop intense, rupture ligamentaire de la cheville. Malgré la douleur lancinante, comme « droguée » par l’envie de m’entraîner, je me suis relevée pour continuer à jouer, me persuadant de ne rien sentir. Je n’ai bien entendu fait qu’aggraver la blessure. Immobilisée de longues semaines, privée de sport et hyperphagique en parallèle (trouble alimentaire ayant connu ses prémices à l’adolescence), je ne pouvais plus éliminer mes excès, je m’imprégnais de plus en plus de la maladie.
Le constat est amer, j’ai tout simplement doublé mon poids, passant de 70-75 kilos pour 1.75m à presque 140 kilos en l’espace de quelques années. Pour imager mon comportement maladif de l’époque, je peux vous dire que la nourriture était telle une véritable drogue. Chaque matin, je me levais pleine de motivation pour entreprendre un régime, mais au cours de la journée, une force indomptable s’emparait de moi, il fallait que j’assouvisse mes pulsions : papiers et emballages alimentaires en tous genres envahissaient la table, je me calfeutrais dans mon monde, la ligne de conduite étant « mange jusqu’à ce que ton corps n’en puisse plus ». Pendant des années, je me suis levée tous les matins avec une nausée terrible, s’en suivait alors la prise d’un médicament bien connu pour les « brûlures d’estomac », puis, comme si de rien n’était, je recommençais le soir même.
Fin 2013 – été 2014
Imaginez votre pantalon prendre 7 tailles supplémentaires sans jamais avoir le courage de le réaliser. Toutes mes tentatives pour maigrir échouaient sur le long terme, j’étais psychologiquement trop instable et fragile, choisissant toujours les solutions radicales et extrême mettant à mal mon organisme pour m’en sortir : régime trop faible en calories, régime crudivore, jeûne… Visiblement, la nutrition était un domaine que je maniais de manière aussi extrême que ma manière de faire du sport. Cependant, une caractéristique, que je voyais à l’époque comme un lourd fardeau a permis l’élaboration d’une ligne de conduite, certes, « caillouteuse » et semée d’embûches : L’autocritique. Je ne le montrais que très peu et beaucoup s’imaginent qu’une personne obèse est avant tout quelqu’un qui se laisse aller. Me concernant, il n’y a pas un jour où je ne me suis pas passée au crible. Je cherchais les causes de ma maladie, fouillais dans mon passé, je lisais des livres, trouvant des réponses, mais elles demeuraient toujours éphémères. J’ai également investi de l’argent pour suivre les derniers régimes à la mode qui se sont soldés par des échecs.
Un soir, au cours de mes recherches, je découvre par hasard le forum « musculaction ». Je m’inscris, et c’est directement dans la catégorie des «fonteux » que je trouve ma place, sans même y réfléchir. Le lendemain, j’étais inscrite en salle de sport, 800 euros l’année. C’est parti ! Chaque soir, un entraînement de deux heures à pousser non-stop. Je ne pensais plus qu’à cela dans mon quotidien, vivant au travers du forum, aliénée par les fitness bikini aux abdos saillants que je vénérais. D’un point de vu nutritionnel, j’ai vécu une période où le contenant de mon assiette me nourrissait plus que son véritable contenu, me remettant tous les jours en question sur ma manière de manger, certaines idéologies alimentaires en plein essor sur le net ayant eu de fortes influences sur ma personne. J’ai perdu des kilos, mais j’étais exténuée et surtout, malheureuse, puisque je voyais le sport comme une corvée, un moyen pour éliminer les calories et la nutrition, comme un dilemme.
Candice maintenant
Puis, j’ai rencontré certains Lafayens (ennes). C’est à ce moment que je m’initie à la méthode, stupéfaite par certains résultats bien qu’encore sur la retenue. Bien entendu, avec ma philosophie du « Shut up and Squat » ou du «But the mind is more important than the body » ou encore du (oui, tant de poésie, cela mérite encore une couche !) « you never give up ! », je me surpasse toujours autant et je zappe tous les exercices qui concernent : le rééquilibrage, la respiration, la souplesse, l’intimité. Je n’en voyais aucune utilité, préférant aller droit au but. En prime, je cultivais l’irrégularité dans mes entraînements ! Je souhaitais être active au plus profond de moi-même, la méthode Lafay me donnait les outils nécessaires pour le faire mais j’étais incapable de les saisir et de les manipuler correctement : imaginez un gros tronc d’arbre que l’on souhaiterait tailler en bûches pour l’hiver, en vue de faire ses provisions. Cela demande un certain savoir-faire, il faut planter sa lame de manière efficace, veiller à faire ses découpes intelligemment pour pouvoir les stocker et les utiliser. De mon côté, au lieu d’utiliser l’outil me permettant de faire comme le bûcheron, c’est-à-dire, utiliser un moyen durable et efficace pour travailler, je préférais utiliser celui qui, à première vue, me permettrait d’abattre mon œuvre plus rapidement, peu importe la manière. J’ai remplacé la hache aiguisée du bûcheron par une grosse masse. Hors, taper dans un tronc avec une masse, on n’obtient, au pire, que des morceaux, débris et miettes, qui plus est, on se fatigue, et… pas de provision pour l’hiver ! Entendre par là que ma progression ne pouvait être durable, faute de compréhension.
J’obtenais donc des fluctuations de poids, c’est pourquoi plusieurs années séparent parfois les photos présentes dans cet article. Je me suis donc repositionnée, en analysant, décortiquant et en assimilant de mieux en mieux la méthode, appuyée par quelques Lafayens aguerris qui m’enseignent à voix haute ce que la méthode Lafay me chuchotait déjà subtilement : l’équilibre. Je manquais cruellement d’équilibre psychique et physique. Comment être une personne équilibrée en tentant de vaincre le mal par le mal, une expression si ancrée dans nos sociétés. Alors, comme le dirait Sanguine, une magnifique pratiquante : « il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance ! ». J’ai perdu connaissance, peu à peu, j’ai cessé de croire que je détenais toutes les clés, la vérité, pour finalement me laisser guider par ce que je lisais dans les livres d’Olivier Lafay.
Fin 2013 – été 2014
Au niveau alimentaire, tout a changé. Quitter les extrêmes eut un véritable effet libérateur, si bien que l’hyperphagie s’est faite de moins en moins forte, jusqu’à me quitter définitivement, là où médecins, psychiatres, chirurgiens ont échoué et clamé que seule la chirurgie bariatrique me viendrait en aide. Une citation d’Olivier Lafay prenait tout son sens : « la douceur mène à tout » et surtout, j’ai compris ce qu’était l’efficience. Chose incroyable pour moi, je m’intéresse désormais aux exercices de souplesse et même au yoga! La féminité et l’équilibre du corps possède aujourd’hui une place de choix dans ma pratique. C’est à ce moment que j’ai connu ma progression la plus efficace et rapide, et surtout, durable. Physiquement, les résultats ne se sont pas fait attendre puisque j’ai perdu 20 kilos supplémentaires en l’espace de deux mois et ce, sans me malmener. Mes performances augmentent régulièrement grâce aux boucles et mini boucles, il est gratifiant et encourageant de voir comment mes mouvements deviennent de plus en plus fluides et comment je gagne en puissance, ce que je constate dans mes nombreux déplacements à VTT. Les exercices de respiration ventrale ont contribué au développement d’une taille élégante, et, chose très importante, la méthode Lafay m’a permis de conserver l’intégrité de ma peau en quasi-totalité.
Finalement, le fait de ne plus être en opposition avec moi-même est ce qui me permet aujourd’hui d’être régulière et équilibrée. Je n’aurais très probablement jamais atteint mes premiers objectifs si j’avais conservé ma vision initiale du sport et de la nutrition. Je suis beaucoup plus épanouie, ma manière de penser et mon sens critique ont profondément changé. Je souhaite aujourd’hui poursuivre ma perte de poids en visant des courbes arrondies et fermes, et un ventre plat. Je me lance également le défi de devenir plus endurante via la course à pied et surtout, plus souple. Bien entendu, cultiver et développer ce rapport que j’ai découvert avec l’équilibre ainsi qu’avec ma « nouvelle vie » me paraît essentiel.
A tous ceux / celles qui prennent le temps de lire ce témoignage, si je pouvais donner un conseil, c’est de ne pas hésiter à « s’ouvrir », d’arrêter de fouiller dans le passé pour se consacrer au présent et pour construire l’avenir. Egalement, je souhaiterais souligner l’importance du chapitre « introspection » de la méthode de nutrition. Ce passage contient de nombreuses clés et explications, me concernant, il fût bouleversant de vérité. Il est parfois difficile de se sortir de ses croyances souvent très implantées, comme j’ai pu en témoigner, mais comme l’a déjà dit Olivier, « ce sont vos expériences qui apprennent à certains ce qu’il est possible de faire ». J’ai toujours pensé que « la méthode Lafay fait de nous des êtres conscients ». Je remercie de tout mon cœur Olivier Lafay qui sait combien je l’estime, Denis Tiquet pour son aide et ses conseils toujours objectifs et dénués d’intérêts et pour tout ce temps qu’il m’a consacré et Mickaël pour l’enrichissement personnel qu’il m’apporte au quotidien, merci de me faire partager ton expérience.
Fin 2013 – début 2014 (perte de 20 kilos en 2 mois!)