LA MORALE DU TROUPEAU

(l’assourdissant bêlement des troupeaux d’Alphas)

Le besoin d’appartenance à un groupe de connards est normal. Mais je supplie tous les dieux pour que beaucoup évoluent en restant le plus souvent seuls. Loin de ces groupes.
Ou parviennent à se regrouper selon des valeurs aristocratiques d’élévation de soi morales, spirituelles, intellectuelles, culturelles…
Je prie les dieux pour un véritable miracle, en réalité, une perturbation puissante et inattendue du cours de l’Histoire.

Il est si difficile de trouver des amis avec qui avoir une relation durable et saine, car personne n’a été formé pour cela. Personne n’a appris le recul, la pensée, la connaissance de soi et de l’autre, l’acceptation, le rire profond et libérateur, l’auto-dérision subtile (qui n’est pas auto-humiliation), l’adhésion pleine et entière à la vie. Tout ce qui fait qu’on peut pleinement accueillir l’autre et être pleinement accueilli par lui.
Alors, désespérés, affamés de contacts et d’acceptation, pour être sûr de ne pas être seuls, on choisit des groupes où la connerie est valorisée, afin de faire taire toute différence. On choisit des groupes où la connerie devient une valeur, et où elle est même vue comme intelligence.
Dans le brouhaha de la violence et de la connerie, chacun admet alors son « prochain ». Chacun caresse et se sent caressé.

Revenir à ce qu’il y a de moins individuel afin de se sentir mouton réchauffé par des moutons. C’est ce qu’il y a de plus facile et de plus courant.
Mais chacun le fait en se déclarant LION, sans avoir de compte à rendre à personne pour ces palmes impensées de vainqueur auto-attribuées, sans recul.
Dans un groupe de connards (pléonasme?), notre vie, notre petitesse, nos « avis », deviennent légitimes.

Finalement, Nietzsche avait raison sur tellement de points.

La morale du troupeau, c’est celle qui fait taire toute différence toute élévation, et qui se rue en groupe pour étouffer la (toute petite) différence adverse.
Oui, il s’agit d’adhérer à la double facilité de se noyer dans le groupe et de se désigner un ennemi, choisi selon des différences très superficielles, me direz-vous.
Et la société est construite de manière à ce que les groupes « adverses » soient bien identifiés, sans avoir à réfléchir, à penser pourquoi on agresse l’autre camp.

Cela va un tantinet plus loin… Il s’agit d »avoir comme ennemi commun, avec nos propres ennemis, un ennemi d’un ordre bien supérieur : la pensée.

Certains vont même jusqu’à se nommer alphas dans des groupes d’alphas 
Et cette transparence idéologique signe la composition de tout groupe dans les normes : les gens se regroupent pour se sentir Alphas (dominants). Et ils veulent tous, paradoxalement, être Alphas… Ce qui signifie que personne n’est Alpha dans un groupe d’Alphas; ce qui dénature totalement le concept… Et que donc l’idéologie qui les anime, qui les lie, est absurde.
Ils se pensent loups, mais ce sont juste des moutons qui hurlent avec les moutons…
Et qui acceptent paradoxalement encore, et bien souvent, un leader (l’Alpha des Alphas).
Tant que ce leader est comme eux, tout comme eux, le moins différent possible. Le plus « normal » possible… Le plus médiocre possible.
Ils acceptent comme leader une personne animée d’une forte volonté de dominance, mais qui leur est un soupçon inférieure d’un point de vue moral et intellectuel.
Afin de ne jamais se sentir remis en question. Afin de pouvoir enfin SUIVRE, tout en se pensant Alpha, et n’avoir jamais à se heurter à soi-même et à sa vraie et profonde solitude.
Regardez donc le cirque des youtubers… et de ceux qui les suivent et les nourrissent.

« Tout ce qui est profond aime à se masquer ; les choses les plus profondes ont même la haine de l’image et du symbole »
(Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal)

Observez donc le culte de l’image perpétré tel un crime intellectuel, moral et spirituel sur le net. Et jugez donc de la profondeur de ceux qui en sont les élites et ceux qui en sont les suiveurs.
Pour paraphraser Nietzsche : les choses les plus superficielles adorent l’image et le symbole.

Toute élévation d’âme, d’esprit, est strictement interdite.
On fait la chasse à la différence, à la profondeur, à l’intelligence, à l’honnêteté, à la rigueur, à l’honneur, à la dignité.

Reste le vide et l’orgueil.

° Le vide, car moins on est rempli, moins on a de chemin à faire pour retrouver la douce chaleur moite du troupeau, qui réconforte, et permet d’accepter sa vie de merde. Ne pas penser – stop – ne pas penser – stop – surtout ne pas penser.
Le chemin qui va vers soi, vers la création d’un aristocrate de la vie, avec des valeurs hautes, est beaucoup plus long, ardu et est de plus interdit par les commandements sociaux et familiaux, intériorisés depuis toujours.
«Je ne savais pas combien mon âme était vide, avant qu’elle soit remplie.»
(John Boorman, Excalibur)

° L’orgueil, car il ne faut pas, en bon Alpha, céder devant quiconque, sauf ce qui nous ressemble trait pour trait, apprendre de quiconque, sauf de ce qui nous ressemble. Il est donc strictement interdit de se sentir vaincu par ce qui semble plus élevé.
Puisqu’il faut vaincre absolument, alors l’honneur est un poids embarrassant, dont on se débarrasse en secouant sa tignasse de mouton, afin de pouvoir agresser, mentir, harceler, médire, nuire, détruire, et se présenter comme « Celui qui sait tout sans avoir jamais rien appris, mais naturellement supérieur, élite choisie par Dieu pour s’affirmer partout sur tous les sujets, au nom de la liberté d’expression et de son statut imaginaire d’Alpha. »

« Finalement, il en sera comme il en a toujours été. Les grandes choses sont pour les grands esprits, les abîmes pour les esprits profonds, les délicatesses et les frissons pour les délicats ; et pour faire bref, la rareté est pour les rares. »
(Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal)

Pour le reste, au-delà (et en-deçà) de l’élévation de l’âme, des consciences, par le travail de Gnothi seauton, il n’y a que petitesse, médiocrité, vide, et lourde souffrance transformée en haine de la véritable grandeur.
Il n’y a qu’une volonté de puissance qui déteste la vie. Il n’y a que la morale des pseudo-Alphas regroupés en troupeau. La petite secte du quotidien, où s’affaire la majorité d’entre nous, qui ne sait se penser au-dessus d’elle-même.

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La morale du troupeau est une expression de Friedrich Nietzsche, qui aurait aujourd’hui, s’il revenait, un profond amour pour les valeurs actuelles, youtube et facebook, n’en doutons pas .

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DES CENTAINES DE MILLIONS DE FOUS…

(à arpenter le net)

> et cela fait un bon pourcentage de ceux qui sont sur facebook, le lieu de l’exposition de son nombril à la face du monde, aux autres et à soi-même.
(hé oui, à quoi sert facebook sinon à promouvoir votre identité, votre image idéale, votre psychose, votre bonheur factice, votre profil de super-gladiateur dépressif?)

Des centaines de millions de fous à adorer une présentation mensongère d’eux-même, des centaines de millions à vivre une vie de mensonges, par peur de la réalité, et par manque de moyens véritables de se prendre en charge.

Des centaines de millions à n’avoir aucune tolérance à la frustration.
A ne pas supporter qu’on puisse les inviter à contempler leurs mensonges. Leurs lacunes, leur immersion totale dans un univers psychotique, où l’imaginaire a torpillé la pensée et la culture.
Des centaines de millions à vivre dans un roman/une série Tv, à se rêver si grands, si puissants, si exceptionnels…

Des centaines de millions à vouer une haine immense à toute personne faisant vaciller leur rêve de toute puissance, à titiller leurs mensonges, et à alors ‘entrer en guerre, de manière obsessionnelle contre leurs ennemis, au nom du Bien, forcément, et de la Vérité…
Sans comprendre l’ironie cruelle de leur démarche, quand leur croisade au nom de la grande Vérité, qui permet toutes les saloperies, les injures, la violence, n’est destinée en réalité qu’à protéger leurs propres mensonges vis à vis d’eux-mêmes…

La réalité m’insupporte. Je n’ai pu apprendre à faire l’effort de me construire. Il faut des outils pour cela et faire des efforts d’apprentissage, que des années à être passif devant la TV, les films de super-héros et à ne penser qu’à vaincre dans des jeux vidéos, ont totalement écarté de ma vie POSSIBLE.

Alors je me raconte une histoire. Je me réfugie dans l’imaginaire. Je me MENS à moi-même. Je deviens donc psychotique…

Et je pars en guerre contre tous ceux qui, de par leur pensée analytique, font retentir des accords discordants dans ma bulle.

> ceux qui savent comment se construit une mémoire traumatique, et quelles sont les conséquences de cette construction, peuvent comprendre mon texte et se dire qu’ils sont en chemin pour réduire leur psychose.
> ceux qui se sont cultivés afin de mieux cerner cette culture de la gagne, qui les a produits, et conditionne leurs pensées profondes, peuvent avancer sur le chemin d’un éventuel épanouissement.

Les autres, victimes du « gagner à en mourir, de la « haine sous couvert d’amour », de la volonté de dominance masquée sous des « je suis Charlie »… vont continuer à tourner en rond…
A moins que cet article fasse jaillir une étincelle en eux, qui les conduise à enfin se mettre à APPRENDRE. 
A prendre du recul sur soi, afin de faire éclater à terme la bulle psychotique où ils sont enfermés.

Les « Je suis Charlie » (juste pour bêler avec le troupeau et se sentir enfin uni à quelque chose, tout en allant chier sur son voisin et tout ce qui est différent sans jamais avancer l’ombre d’une argumentation), les vegans, zététiciens, féministes, superstitieux incultes adeptes du magnétisme, de la musculation la plus violente envers soi, des voyantes et autres fariboles. Tout ça au nom de « la science se contredit tout le temps » et autres « il y a des mystères dans l’univers et on ne sait pas tout, donc soyons un bon petit consommateur, qui se croit subversif en allant chez un magnétiseur plutôt que chez un médecin ou un psychothérapeute. »

Bien entendu, beaucoup de ces fous ne se sentiront pas visés, ou seront tentés de me retourner mon analyse, par souci de conserver leur homéostasie fermée, qui les bouffe pourtant (mais ils sont trop ignorants pour saisir cette vérité).

Alors, c’est simple, allons voir vos pages facebook…
Ces pages remplies bien souvent de mensonges sur soi, de fantasmes de soi en super-héros, de phrases de haine envers tout le monde accolées à des propos pontifiants sur l’amour et l’empathie.
Ces pages exemptes de tout savoir complexifiant, et où règne au contraire l’envie de tout simplifier afin de n’avoir aucun effort de pensée à fournir, et de tout ramener à soi.
Ces pages où des couples déchirés (pléonasme?) se mettent en scène sous forme de photos souriantes, avec même de belles robes de mariées…
Ces pages où des adeptes de la violence éducative posent avec de grands sourires en serrant leurs enfants déjà traumatisés dans leurs bras…

Ce sont de ces fous dont je parle.

Ces fous sont nombreux, tellement nombreux… Et ce sont les plus fragiles d’entre nous. Les plus en demande d’amour et de suprématie, en demande de reconnaissance et d’un monde qui se soumettrait aux scénarios qu’ils se fabriquent dans leur imaginaire replié sur lui-même.

Ils ont une très forte volonté de suprématie, oui, et vouent une haine obsessionnelle à tous ceux qui s’opposent à eux d’une manière qui mettrait en péril la construction du monde qui est la leur, où ils se fantasment en rois absolus.
Ce sont de purs produits de notre civilisation de la gagne et de la violence.
Et s’ils avaient davantage de pouvoir, ce serait des dictateurs sanguinaires. Car ils n’ont de notion de l’autre que comme étant soumis à leur imaginaire.
– Pour fuir leur mémoire traumatique;
– parce que dans leur imaginaire de compensation (la réalité leur étant insupportable), ils sont des personnes fabuleuses ayant d’incroyables pouvoirs…

Ils sont des dizaines de millions, voire des centaines de millions, de psychotiques violents à arpenter le net.

Et ils peuvent tout à fait avoir un travail, une voiture, des enfants… Et c’est souvent le cas…

A trop valoriser le « moi je » aux dépens de l’amour et de la responsabilité, notre civilisation a engendré des masses de fous, totalement dissociés d’eux-mêmes et de tout ce qui est humain.

On n’a jamais autant fabriqué de Staline et d’Hitler potentiels qu’au 21° siècle.

Les adeptes d’une dictature de la masse, souriante et se présentant comme victorieuse, et débordant pourtant de haine.
Une masse qui déteste tout ce qui n’est pas petit, réduit, médiocre, et dont les composantes se détestent tout autant entre elles.

Une civilisation est morte, une autre est née en trente ans environ; une civilisation de la haine, de la bêtise, où la compassion est surjouée, où la superficialité est une manière de vivre valorisée, et où la superstition et le mensonge sont devenus « cools ».
Une civilisation constructrice de fous, où la psychose dominatrice est non plus combattue, mais revendiquée.

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MORALE ET LUTTE POUR LA DOMINANCE

 

Le texte ci-dessous est extrait d’un ouvrage de Nietzsche paru en 1881, et il est toujours d’une brûlante actualité.

On pourrait discuter longuement de la morale, dont l’origine rassemble le besoin de savoir vivre ensemble et les impératifs du maintien des dominances. Avec des dosages adaptés, et d’infinies nuances, selon les cultures et les époques.

On peut à la fois questionner la morale et la relation des gens à la morale.
Que veut-on obtenir comme effet, en soi, et sur les autres, en affichant publiquement une haute moralité (du moins ce qu’on pense être une haute moralité)?

Que devient une morale non-questionnée? Nietzsche déclare sans détour qu’elle abêtit. Et lorsque l’on dispose de connaissances sur ce qui nous conditionne, nous détermine et les mécanismes de compensation des frustrations, peines, souffrances, on ne peut que le suivre…

Dans une société comme la nôtre, où la lutte pour la dominance s’est démocratisée, jusqu’à l’extrême, les paradoxes honteux de la morale affichée par ceux qui se présentent comme des ascètes ou des saints « web 2.0 made in 21° siècle » sont tellement visibles, que ne pas les voir révèle au mieux un aveuglement de personne fatiguée, au pire une névrose, voire une psychose, sévère.
La haute moralité revendiquée est toujours associée à une lutte pour acquérir prestige, statut, argent, importance à la TV et sur les réseaux sociaux, en s’appuyant sans gène aucune sur la haine et le mépris de l’autre, de l’humain.

Je pense entre autres au veganisme, nouvelle religion, qui considère que l’importance extrême accordée à la sensibilité des animaux est gage de (très) haute moralité.
Il y a, pour toute religion, des dogmes moraux implacables et non questionnés. et beaucoup, ne se sentant pas sauvés par une religion adoptée à bras le corps, ne la questionnent pas, ne SE questionnent pas, et la remplacent sans plus attendre par une autre religion, souvent plus extrême que la précédente.
Aller toujours plus loin en espérant tant être enfin sauvé…
Et généralement en écrasant ou annihilant l’humain (cf toutes les formes de terrorisme, dont le terrorisme vegan).

Le vegan aspire à la sainteté. Il est tellement meilleur que le « mangeur de cadavres »… Il est « bon ».
Il méprise, agresse, au nom de sa morale.
Il est totalement imprégné du dogme et se fout de la science, de la réflexion, de la culture. Il veut juste être « sauvé » en allant plus loin que tout autre. Etre « grand » en s’imposant toujours plus de restrictions.
Autrefois, les restrictions sexuelles suffisaient, du moment qu’elles paraissaient être un choix libre associé à de hautes valeurs. Et donc un maintien, une posture, bien visibles…

Les « nonnes » d’aujourd’hui ne baisent pas, c’est certain, ou si peu et si mal, mais elles le cachent, car l’importance du sexe, dans nos sociétés, est tel qu’il faut au moins faire semblant. Mais leur credo est l’animal, l’animal enfin sauvé, qui nécessite des sacrifices, notamment alimentaires…
Manger que des végétaux, manger cru, manger qu’un seul aliment cru, jeûner, etc.

Si ces nonnes comprenaient enfin que l’animal qu’elles veulent tant sauver est l’animal en eux, qu’elles projettent sur le monde ! C’est de leur spontanéité animale qu’il s’agit, brisée par des parents pris dans la quête narcissique du « moi je », et délaissant leurs responsabilités affectives vis à vis de leur progéniture.
Et ces braves nonnes prosélytes ne réalisent même pas que leur quête, leur religion, n’est que la continuation du monde narcissique de leurs parents. Elles rejettent comme elles ont été rejetées.
Plus ça change, plus c’est la même chose…

Je pense aussi à Gilles Lartigot, nonne rebelle parée de tous les atours du système prétendument dénoncé.
Cela ne change guère des nonnes chrétiennes, qui méprisaient et dénonçaient les moeurs de leur époque et de la populace, tout en étant entièrement assujetties au système de dominance en place. Et l’idéologie dominante, aujourd’hui, chez nous, en occident, hurle et exige : « No Pain No Gain » et « moi je ! »
Les nonnes chrétiennes étaient faussement humbles, planquant le « moi je ! » derrière le « No Pain No Gain » (il faut souffrir pour atteindre le/son paradis).
Les nonnes vegan d’aujourd’hui piétinent sans vergogne toute humilité (sauf en cas de posture bouddhiste à gros bide d’ascète bien nourri, comme Mathieu Ricard).

Derrière le look et la posture, il y a un fond que les infirmes culturels ne questionnent jamais.

Comme le dit Nietzsche, que vaut une moralité qui repose entièrement sur le penchant à se distinguer?

« Voici une moralité qui repose entièrement sur le penchant à se distinguer – n’en pensez pas trop de bien !
Quel penchant est-ce donc au fond et quelle est l’arrière-pensée qui le dirige? On aspire que notre vue fasse mal à notre voisin et à son esprit d’envie, éveille son sentiment d’impuissance et de déchéance; on veut lui faire goûter l’amertume de sa destinée, en répandant sur sa langue une goutte de notre miel et, tandis qu’on lui fait goûter ce prétendu bienfait, on le regarde dans les yeux, fixement, et en jouissant de sa souffrance.
Le voici devenu humble et parfait maintenant dans son humilité. – cherchez ceux à qui, par son humilité, il préparait depuis longtemps une torture; vous finirez bien par les trouver.

Celui-ci témoigne de la pitié à l’égard des animaux et on l’admire à cause de cela, – mais il y a certaines gens à qui, par là, il a voulu faire subir sa cruauté.
Voici un grand artiste : la volupté qu’il goûte d’avance, en se figurant l’envie des rivaux terrassés, n’a pas lassé sa vigueur jusqu’à ce qu’il soit devenu un grand homme, – de combien de minutes amères chez d’autres âmes s’est-il fait payer pour atteindre à sa grandeur?
La chasteté de la nonne : de quels yeux accusateurs dévisage-t-elle les femmes qui vivent autrement qu’elle? Quelle joie vengeresse il y a dans ses yeux ! »

(Friedrich Nietzsche, Aurore, 1881)

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LA MACHINE PEUT-ELLE JOUIR?

La machine ne ressent rien. Elle fait.
Pour se sentir être, pour se sentir pleinement humain, il faut moins faire, et plus s’attarder sur ses sensations.
Coupé de vos sensations, vous ne vous sentez plus vivant, vous n’êtes plus qu’une machine à faire. Un rouage du système…

Vous aimez le fromage?
Alors il existe deux façons de le manger :
– la première en ne faisant rien d’autre; et l’on savoure alors son goût;
– la seconde en FAISANT autre chose, et, accaparé par ce FAIRE, on en oublie même le goût du fromage.

Idem pour la musique.
Et idem pour tant d’autres choses…

La dialectique entre « s’abandonner » et « prendre le pouvoir » est à l’oeuvre.
Qui gagne habituellement?
De quel côté penchez-vous?
Quelle synthèse faites-vous (êtes-vous) de cette dialectique?

Quelles sont vos sensations? Quel est l’état de votre système ressentant, éprouvant, goûtant, touchant, sentant?

Et que cela dit-il de vous?

Par exemple, si vous avez des sensations en vous faisant mal, au lit (sexe), comme à la salle (de musculation), qu’est-ce que cela dit de vous, de votre rapport à la vie et aux autres?

Qu’est-ce que cela dit de vos apprentissages?21

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TOI, MOI, la RUPTURE

(un chant de noël pour ceux qui ne s’entendent plus vibrer)

Est-ce moi, est-ce toi, qui n’évolue plus?
J’ai demandé à mon ami, puis à d’autres, que faire, car je te vois errer, refusant d’ouvrir ta boîte noire. Celle où, tous, nous entassons tout ce qu’on ne veut pas savoir de nous-mêmes; celle où s’entasse tout ce qu’on ignore de soi.

Refuses-tu cette ouverture… pour quelques temps? A jamais?
Suis-je assez préparé pour le savoir?

J’avais besoin d’aide… D’abord les livres, puis des paroles…
D’abord me regarder.
Ai-je bien fait le tour?
Qui est coupable?
Qui, de nous deux, est le plus cabossé? Ou celui qui tend à réparer chaque cabossure, tandis que l’autre peine, ou refuse catégoriquement de le faire?
J’ai demandé aux livres, aux amis, à d’autres…

Voilà ce qu’ils m’ont répondu.

C’est très lourd à porter quelqu’un qui n’évolue pas ou très peu.
Et s’infliger ça est aussi, certainement, une manière de se fuir.
Toute l’énergie passée à « vouloir faire avancer l’autre » n’est pas utilisée pour soi.

Alors il faut se poser la question : quelle est la fonction dans mon/le système de rester ainsi en couple?

Vu qu’on fait ça « pour soi », ce n’est jamais pour les enfants qu’on dit vouloir rester ensemble (mais pour l’idée qu’on se fait d’eux). Faire le bien de l’enfant implique de savoir ce qui est vraiment bon pour lui. Et cela ne s’invente pas. Cela s’apprend, cela se comprend.

Il se peut qu’il y ait parfois un décalage évolutif entre les deux membres d’un couple. C’est tout à fait normal…
Mais ce décalage n’est acceptable que si les deux regardent dans la même direction.
Et il faut, pour être sûr de regarder dans la même direction, beaucoup de recul (lectures, discussions) en même temps que des déclarations positives communes (où l’on va donc, ainsi, à deux?).

Si cela n’est pas, alors rester ensemble fera très certainement souffrir, de plus en plus, au fur et à mesure que le temps s’écoulera.

Il vaut mieux envisager la rupture.
Car, même si, dans la théorie de l’évolution, le saltationnisme est envisageable, il est rare qu’il survienne dans un couple.
L’évolution est majoritairement gradualiste, et on a largement le temps de voir que tout (dans la relation) ne fait que se dégrader, que l’écart affectif se creuse.
Alors pourquoi cet aveuglement? Que dit-il de nos anciennes blessures?

Personne n’a de supers pouvoirs, et faire mine de vouloir prendre sur son dos la croix des autres n’est bien souvent qu’une façon d’ignorer la sienne (qui pèsera donc de plus en plus lourd, ce qui n’arrangera pas la relation, bien au contraire).

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QUAND LE BOUDDHISTE OUVRE SA BOÎTE NOIRE

(celle qu’il a fuie, et pas que lui, dans un lâcher-prise soit guerrier, soit pacifiste)

 

 

Il faut beaucoup de savoirs et d’expériences pour se remettre en question, ne serait-ce qu’un peu.
Et une aptitude à prendre une méta-position, soit héritée, soit fabriquée par un nouvel environnement.
Une méta-position qui accepte de prendre en compte la mémoire traumatique et son intensité. Et ce qu’elle fait faire pour arriver à vivre quand même, tout en se mentant à soi-même.

Beaucoup de gens pensent savoir, mais ils ne font que tourner en rond pour s’éviter.
S’éviter n’est pas condamnable, vu la douleur que se rencontrer soi engendre,

mais ne pas comprendre/accepter qu’on s’évite est le pire des maux.

Et il y a ceux et celles qui pensent se rencontrer alors qu’ils/elles se fuient encore plus fortement, tout simplement parce qu’ils/elles n’ont pas compris les mécanismes des outils dont ils se servent et dont ils font même la promotion.

On voit bien, quand on a accumulé assez de savoirs, mis en lien, la différence entre ceux/celles qui vantent essentiellement des outils (méditation, veganisme, bodybuilding, crossfit, jeûne,etc.) et ceux/celles qui vantent la connaissance de soi avant tout.

Les outils seuls, avec un peu/beaucoup de justifications, sont au service du conformisme et de la fuite de soi, car on peut changer d’outils, en accumuler, sans jamais modifier quoi que ce soit en soi.

Des tas de changements de type 1, suffisamment dissociés pour qu’il n’y ait jamais de changement de type 2… On le voit à tous ces gens qui viennent ardemment défendre leurs « outils » sans jamais se mettre en disposition d’interagir lors de publications générant des apprentissages de niveau 3.
Cet aveuglement spécifique est aisément remarquable (le « pourquoi intervenir là et pas ailleurs? » est toujours instructif et édifiant).

La connaissance de soi, elle, est forcément dérangeante, perturbante, subversive. Pour soi au premier chef.
Elle prépare au changement de type 2.

Gregory Bateson a écrit que l’apprentissage de niveau 3 est chose ardue.
Et que le changement de type 2 est extrêmement rare.

Après 31 ans de synthèses et mises en lien de nombreux savoirs, mon travail consiste à générer des apprentissages de niveau 3 sur mes pages, ceux-là mêmes qui conduisent au changement de type 2.

Dans ces conditions, ceux qui ne peuvent dépasser des apprentissages de niveau 2, voir de niveau 1, ont des comportements, sur le net, qui s’identifient facilement; et j’ai écrit de nombreux articles pour décrire ces comportements (déni, jugements superficiels, victimisation, manque d’humour, sensiblerie, moralisation de l’interaction, fuite sur le terrain de l’émotionnel, fuite du débat argumenté, soumission à l’idéologie dominante en se croyant « libre », etc.).

La fuite des apprentissages de niveau 3 est directement liée à toutes ces vies gâchées.

L’inertie du système social et de ses règles, qui accentuent et inhibent des déterminismes biologiques extrêmement puissants, avec toutes les compensations inévitables que cela engendre, produit irrémédiablement des personnes en souffrance (immense).
La pression, venant des origines de la vie, est si puissante que bien peu en réchapperont.

Pour comprendre cela, il faut se concevoir comme un individu parmi 7 milliards, tous liés, pris dans les rouages irréductibles de l’évolution de l’humanité, elle-même prise dans les rouages de l’évolution animale, elle-même prise dans les rouages de l’évolution de la vie.

Ainsi la pression sur chacun d’entre nous est vraiment immense.

Aussi, soit on « lâche prise », c’est-à-dire qu’on se soumet, on abandonne tout espoir, quel que soit notre degré réel d’inhibition. Et on compense en rêvant ou en agissant sans (se) comprendre.

Soit on lutte, mais avec le plus de douceur possible, en apprenant de quoi contourner les obstacles pour arriver au bon port de la reconnexion avec soi; la véritable reconnexion, pas celle, fuite, extraite par tant de gens de la pensée bouddhiste, pensée qui se prête bien à la fuite, nommée « lâcher-prise ».

Pour cela, il s’agit d’ouvrir un peu au moins un oeil, de biais, lors d’un possible passage d’apprentissages de niveau 3.

Alors on ouvre la boîte noire, celle remplie de tout ce qu’on ne sait pas sur soi; celle où l’on entasse tout ce que l’on ne veut pas savoir.

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COUPLE ET CHANGEMENT

Quand il s’agit de changement, ce n’est qu’une question de leviers (rapport de force); toujours… En soi, comme entre nous…
Soit le couple veille à bien distribuer les leviers (codominance, hétérarchie), soit l’un des deux l’emporte et impose son jeu. Et si c’est le jeu de l’immobilisme, c’est l’entropie qui galope…

Il en va du couple, et des relations humaines en général, comme ce que démontre la théorie de l’évolution : le changement est lié à un rapport bénéfices/coûts.
Au niveau humain, sans prise de conscience et gestion volontaire du changement et des leviers, avec réflexion approfondie sur les bénéfices, la machine humaine obéit à des logiques qui échappent très souvent à son intérêt à moyen et long terme.

 

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LE DOPAGE ET VOTRE GRANDE NAÏVETÉ

Sans dopage, dans un monde de dopés, tu ne vas pas loin…
Tout le monde triche, ment, et/ou prend des médicaments de la performance : anti-dépresseurs, excitants, anxiolytiques, stimulants, anabolisants, cocaïne, hormones de croissance, etc.

Le sportif a encore plus de raisons de se doper que le quidam lambda, qui pourtant consomme bien souvent beaucoup de ce qui pourrait l’amener à être plus performant. Et ce quidam le fait sans jamais se poser la moindre question sur le pourquoi de ses actes d’achats de tas de produits légaux ou non, censés en faire un winner (ou ne pas le laisser trop loin derrière).

Et personne (ou presque) ne vous dira : « je me dope ».

Si des sportifs de haut niveau restaient naturels dans un monde où tout le monde se dope, cela signifierait qu’ils auraient des capacités « naturelles »… réellement surnaturelles  

Et ils auraient encore plus de raisons de se doper !

(pour vaincre les gens moins doués naturellement, mais qui se trouvent devant eux, aux premières places grâce au dopage)

°

°

La question qui reste est : pourquoi avez-vous besoin de croire au « naturel » des sportifs? Pourquoi les chérissez-vous autant? Quelle est la fonction de vos comportements et volontés de défendre avec détermination (voire rage) des inconnus dans votre système? Plutôt que de défendre des hommes de paix et des intellectuels avec la même véhémence…

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IDIOCRACY

(quand la lutte pour la dominance, et la mémoire traumatique, impensées, germent dans le terreau fertile du net, produisant des imbéciles essentiellement occupés, au nom de « belles valeurs », à niveler par le bas)

Je vis cela tous les jours sur les pages Lafay depuis 13 ans et le phénomène ne fait que prendre de l’ampleur.

Ceux, celles, qui déjà, depuis bien longtemps, avant le net, salissaient, détruisaient, rabaissaient, sans jamais apprendre ni créer, soucieux de niveler par le bas, désireux de passer partout le bulldozer de la bêtise, ont intégré le fait manifeste qu’ils sont la majorité.
Intégré le fait qu’ils peuvent même, grâce au net, s’unir, faire pression, écraser et, au nom des différences, faire taire la différence. Faire taire la seule différence qui importe, et qu’il faudrait développer : la capacité à prendre du recul, penser, se cultiver, débattre et concevoir des possibilités de vivre ensemble qui ne conduisent pas à la guerre, à l’auto-destruction, et qui n’annihilent pas l’intelligence.

Le problème, effectivement est que la bêtise et l’ignorance cherchent à prendre de la dominance, non pas en s’épuisant elles-mêmes, et en devenant autres, en devenant finesse, subtilité, intelligence, mais en se camouflant derrière des valeurs ultimes censées faire taire toute réflexion et tout débat.

Si nous analysons, dans des articles et vidéos, les problèmes liés à la pratique No Pain No Gain, on lit des réactions du genre : « Pourquoi vous critiquez toujours la fonte? » ou « pourquoi tant d’intolérance? »

Si on demande un débat argumenté à toute personne venant imposer un avis qui nous semble incorrect, on lit « Vous êtes contre la liberté d’expression ! »

Si on dit aux gens de suivre sérieusement la Méthode, vu qu’elle a été pensée pour permettre les meilleurs résultats, plutôt que de faire selon son feeling en associant sans recul tout et n’importe quoi, des gens, trop de gens, s’exclament : « Vous êtes une secte, des gourous ! »

Dans une société abrutie, où il est impératif de ne pas « suivre », de manifester sa capacité à être une sorte de Dieu, créant le savoir ex-nihilo, celui qui SUIT ce dogme imbécile, et ils sont légions, s’assure ainsi de ne rien apprendre.
Il continuera sa vie durant à « penser » que ceux qui suivent un enseignement, se cultivent et réfléchissent sont adeptes de sectes.

Si on dit à une femme que l’exhibition régulière (dans des vidéos de pole dance) de ses parties intimes, en partie seulement cachées par des vêtements très « ouverts », nous choque, on lit : « Vous êtes racistes, misogynes, et vous ne savez pas contrôler vos hormones masculines ! »
Mais si c’était un homme qui s’exhibait ainsi, il serait qualifié de porc…
Déjà, ouvrir les cuisses, même habillé, c’est du « manspreading »…

Etc.

Le net est un puissant vecteur de la maladie mentale, du fascisme (faire taire toute réflexion en noyant le débat sous de l’émotionnel) et de la bêtise.

Se placer sur le terrain de l’émotionnel, pour échapper à toute discussion rationnelle, instruite, qui pourrait nous remettre en question, était déjà un classique avant le net.
Mais, actuellement, c’est devenu, grâce à la démocratisation écrasante de la bêtise permise par les réseaux sociaux, une norme de fonctionnement totalement intégrée par une majorité, impensée et un modèle de société désirable, une idéologie pour le présent et l’avenir.

Constamment, tous les jours, à toutes les heures, on a droit à une interaction où l’on dit : « Il y a un problème ici que l’on peut analyser ainsi et éventuellement résoudre, de manière rationnelle. »
Et on lit en retour : « Vous êtes méchants! » (méchant étant le terme qui recouvre l’homophobie, le refus de la liberté d’expression, le racisme, la misogynie, le sexisme, etc.).

Qu’est-ce que peut devenir un monde où tout débat et toute rationalité sont exclus?

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LA SECTE DE CEUX QUI PENSENT (et multiplient les points de vue)

Suite à un excellent commentaire de Denis Tiquet, je voudrais préciser certaines choses au sujet des références de la Méthode Lafay.

Si tous les livres que je cite disaient la même chose, un seul livre suffirait 
L’approche Lafay est très différente, par exemple, du point de vue unilatéral que l’on voit dans la musculation classique, où tout le monde dit à peu près la même chose, tout en citant quelques études discordantes aussitôt oubliées (ou appliquées un temps de manière périphérique).
En musculation classique, on part de pas grand chose (un domaine d’étude très circonscrit, très peu étendu) et on généralise, voire on « philosophe ». On essaie de valider ses présupposés, qui ne sont autres que ceux de la culture dominante.

L’inversion accusatoire, bien connue en psychologie, est le procédé habituel de ceux qui reprochent à la Méthode Lafay ce qu’ils font eux-mêmes : être sectaires, intolérants, refusant l’ouverture et la liberté d’expression.

La Méthode Lafay est la tentative (réussie) de lier de nombreux domaines du savoir, n’allant pas tous dans le même sens idéologique, n’adhérant pas aux mêmes conclusions, afin d’en tirer un modèle applicable lorsque l’on veut croître (se développer) et durer (vivre en bonne santé le plus longtemps possible).

Si ceux qui cherchent à se débarrasser d’un problème gênant sans trop avoir à penser, lisaient, se cultivaient et étaient aptes à lier et comparer des savoirs, l’accusation de secte Lafay, qu’ils balancent à tout va, où les gens liraient des références adoptant unilatéralement le même point de vue, tomberait brutalement.

Quelques exemples, afin de mieux comprendre 

Edgar Morin critique Gregory Bateson, qu’il intègre à sa Méthode.
Henri Atlan, dans Entre le cristal et la fumée, critique Morin…
Mathieu Triclot, dans Le moment cybernétique, critique Atlan, lui-même considéré par le magazine La recherche comme un génie ayant eu 40 ans d’avance.

Stirner (L’unique et sa propriété) affirme la primauté du MOI JE, qui est largement et fortement condamné par Durckheim (Hara, centre vital de l’homme).

Nietzsche, premier psychologue des profondeurs, est repris tout en étant critiqué par Watzlawick, représentant célèbre de Palo-alto, qui rejette la psychiatrie et la norme de santé mentale, pourtant reprise et intégrée par Nardone, issu du même mouvement et collaborateur de Watzlawick.

Alexander Lowen, reprend, dépasse et critique Freud, et se situe sur une ligne opposée à celle de Palo-alto, qui mise essentiellement sur la communication.
Et des auteurs dont je parlerai bientôt font vivre ensemble, avec finesse, ces deux opposés.

Ehrenberg, avec son étude classique sur la performance, n’a pas encore été jeté de son piédestal, tant son analyse est pertinente. Si bien que même les Staps le reprennent, sans pour autant responsabiliser leur discours.

Bruce Lipton, de par son point de vue religieux, centré sur l’individu, est contré par de nombreuses autres références de la Méthode Lafay.

De Rosnay a une vision très entrepreneuriale de la cybernétique, certainement à l’opposé de celle de Bateson, qui l’a nourri pourtant.

La question du curseur à déplacer et fixer entre compétition et coopération, est fondamentale. Il faut apprendre à penser ces opposés. et savoir les faire cohabiter, nécessairement.
Ainsi, Pierre Rabbi est pris non comme modèle, mais comme outil pour penser nos conditionnements. Sa vision de la croissance est-elle la nôtre?

Etc.

Mon travail a toujours consisté à assimiler autant ce qui allait dans le sens de mes présupposés que ce qui s’y heurtait, du moment que cela était pertinent et/ou sourcé.
Puisque mon projet de base a toujours été : lutter contre l’entropie, croître et durer.

Il paraîtra évident à toute personne un peu cultivée qu’il faut adopter une méta-position très réfléchie pour allier Reich et Watzlawick…

En fait, la question à se poser est toujours la même : quel est le projet?
Quelle est la fonction d’un discours ou d’un comportement dans un système? Pour le système?

Si le projet est juste de faire du muscle, sans inclure d’autres paramètres (ou si peu), forcément…

Si le projet est de protéger ses croyances et/ou sa mémoire traumatique, forcément…

°

Olivier Lafay

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Ci-dessous, le commentaire de Denis :

Je ne crois pas qu’il faille juste opposer fermeture et ouverture d’une façon telle qu’éviter certaines choses serait être totalement fermé (et ce serait négatif) et que pour être ouvert (positivement) il faudrait lire tout ce qui nous tombe sous la main.

Pour élargir ce principe au-delà de la lecture, doit-on absolument tester tout ce qui existe dans la vie pour être « ouvert » ?
Assurément non.

Il y a des choses qui ne nous plairons pas, d’autres qui nous ferons du mal et on peut le savoir à l’avance selon notre vécu, nos expériences, nos savoirs…

En ce qui concerne les lectures, faut-il absolument lire l’intégrale de Steve Jobs, la biographie de Justin Bieber, les livres de Tony Robbins et les leçons de développement personnel (et ça fait un sacré paquet de livres) en plus de Edgar Morin pour être plus ouvert que celui qui prendra plutôt du temps pour Edgar Morin et Alain Ehrenberg mais évitera les biographies de toutes les personnes ayant « réussi » ?

Pas sûr.

En fait, on en arrive à la question des critères et de la hiérarchisation des lectures.

Et quand on a des critères, forcément, on élimine certaines choses et on en garde d’autres, sauf si le critère unique est « l’ouverture » , critère dont la mesure est de lire tout ce qui nous passe sous la main sans considération pour le contenu, les apports, la qualité de l’ouvrage.

Mais être en ouverture totale et absolue n’est pas souhaitable. Il faut pouvoir filtrer. 

Enfin, pour ta question, ça dépend ce que tu entends par « plaire ».

Ce qui compte, c’est de ne pas rejeter une lecture parce qu’on sait qu’elle risque de mettre à mal certaines de nos croyances.
Il faut pouvoir utiliser les informations même contradictoires pour enrichir et nuancer sa pensée, pouvoir la complexifier.

Mais ça ne veut pas dire que pour avoir une valeur une « information » doive être contradictoire avec nos croyances.
Elle peut être contradictoire et sans aucune valeur ou bien ne rien apporter alors qu’elle va dans le sens de ce que l’on connaît.

Si l’on prend exemple sur le thème de l’éducation bienveillante, il y a des ouvrages qui, une fois qu’on en a lu plusieurs sur le sujet, n’apporteront rien. Alors qu’ils vont dans notre sens…

Et lire quelqu’un qui nous dit « non mais moi la fessée ça va j’ai pas été traumatisé », dès que tu connais les travaux scientifiques les plus récents sur le sujet, tu ne peux pas juste accepter et changer tout ton système de croyances pour ça. 

Cela étant, il peut y avoir des choses fausses ou incorrectes dans certaines des connaissances acquises et des ouvrages vont permettre d’enrichir, de corriger tout cela et rejeter alors que ça pourrait apporter quelque chose à sa grille de lecture, c’est là que ce n’est pas bon.

Et on pourra noter dans l’approche pluridisciplinaire de la Méthode Lafay que les auteurs de références ne sont pas toujours sur la même ligne exactement: il y a des approximations ici, une contradiction entre auteurs là et à force de lectures, toutes ces différences permettent d’avoir de la nuance dans une pensée riche et complexe.

Si tout le monde disait strictement la même chose, quel intérêt?

Si tout le monde disait tout et son contraire, comment avoir une vue d’ensemble riche et cohérente sur les choses?

Il y a des points de convergence, des points de divergence, à chacun de se nourrir de tout cela, puis au fil du temps creuser plus en détails certains points qui l’intéressent de son côté ou avec nous et de juger toujours mieux, se nourrir et s’enrichir toujours mieux…

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