LA THÉRAPIE DE LA THÉRAPIE

 

Freud n’a aucun intérêt thérapeutique.
Son modèle de base est très intéressant, même si défaillant et lacunaire. C’est le propre des pionniers.
Cela reste un modèle théorique. Validé, sous certains aspects, par la science actuelle.
Le problème est qu’il n’y pas validation scientifique d’un quelconque modèle thérapeutique (un modèle pratique, une application méthodique du modèle théorique).

C’est aussi le cas de modèles ultérieurs bien plus aboutis.
Le seul modèle théorique qui a produit un modèle thérapeutique à peu près valide, et fondé sur la science, c’est Peter Levine.

Il n’existe pas de modèle thérapeutique solide, dont le processus clairement exprimé serait reproductible, en tout lieu, selon tout cas. Avec les mêmes résultats (soit la guérison).

Les inventeurs de courants thérapeutiques ont tous du mal à exprimer un modèle thérapeutique, non pas pertinent (car beaucoup le sont), mais scientifiquement valable. Une méthode.

Cela est certainement lié à leurs propres problèmes personnels impensés. dont la recherche effrénée de gloire, qui leur fait contourner plus ou moins habilement la validation scientifique.

D’autre part, l’efficacité thérapeutique est condamnée à un autre niveau par l’incompétence des thérapeutes, liée à leurs problèmes mentaux, les ayant dirigés vers la thérapie, et qui omettent pour beaucoup d’inclure ces problèmes comme prémisse constante lors de la pratique.
L’humilité et la pertinence sont alors évacuées de la thérapie.
Le thérapeute qui prend la position haute, alors qu’il est toujours en grande souffrance, est bien trop tendu, inabouti, dissocié, pour amener des changements significatifs chez son client.

Des modèles théoriques séduisants, pertinents, sont donc administrés par des thérapeutes souvent bien plus abîmés que leurs clients, alors même qu’ils ont été validés par leurs pairs (formés et diplômés, etc.).

Compte tenu de ceci, on ne peut que militer pour un approfondissement personnel des modèles théoriques pertinents par toute personne allant mal, et se faisant aider par d’autres personnes avançant sur un chemin identique de Gnothi seauton. Une complexification du système-individu, une forme de remplissage culturel et relationnel.

Ceci, dans un premier temps, à l’écart des thérapeutes, qui, pour l’essentiel, freinent davantage le progrès plutôt qu’ils ne le permettent.
Puis de tester des thérapeutes, une fois éclairé, afin de faire les bons choix. Et alors le tri se fait vite.

L’excellente Brigitte Oriol a dit qu’un thérapeute ne pouvait emmener quelqu’un qu’aussi loin qu’il a été lui-même.
Beaucoup de thérapeutes ne vont pas bien loin…
Et c’est certainement parce que l’on ne valide pas un futur thérapeute sur la base de sa capacité à guérir, à faire vraiment avancer une personne en souffrance.

La thérapie reste donc un art, et bien peu sont des artistes accomplis. Il faut beaucoup d’empathie pour cela. Et quand on est thérapeute et qu’on n’a toujours pas réglé ses problèmes, alors on manque forcément de cette empathie.

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Illustration : Fred, le corbac aux baskets. Excellente BD sur la dépression.

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