LA PHILOSOPHIE À COUPS DE MARTEAU

(ou pourquoi nous avons tant d’ennemis)

Cette phrase est le sous-titre du livre « Le crépuscule des idoles » de Friedrich Nietzsche.

Philosopher à coups de marteau, c’est frapper les idoles, celles éternelles et celles de notre temps, afin d’écouter « le son qu’elles rendent ». Il s’agit de les ausculter, de les questionner. Il s’agit d’interroger toute idéologie, de déchirer le voile qui nous cache les fondements de toute idéologie. Le voile qui cache les présuppositions qui déterminent l’ensemble de nos attitudes.

Il s’agit de s’en libérer…

Les idéologies sont des réponses à la peur ressentie devant le vide de l’existence, et nous fournissent un ensemble figé de prêt-à-penser censé combler ce vide. Nous avons, clefs-en-main, un sens (une signification, une direction).
Parce qu’elles correspondent à un besoin puissant,celui d’agir sans trop réfléchir aux motifs de nos actions, et donc à ce qui nous constitue, les idéologies peuvent déclencher des ardeurs passionnelles.
Des conflits, des militantismes, plus ou moins violents, des guerres…
Mais qui possède donc le sens ultime de la vie ? C’est souvent dans le sang, ou le constant harcèlement physique et moral, ici ou ailleurs, que beaucoup cherchent à répondre une fois pour toute à cette question.
Peu de gens sont vraiment capables de vivre dans l’incertitude, et peu importe, pour eux, si les fondements de leur action sont erronés, branlants, insuffisants, du moment que ces actions sont toutes dirigées par des dogmes. Et qu’ils se sentent donc rassurés : il savent quoi faire ! Ils savent qui suivre ! Ils savent quoi penser, une fois pour toutes !

Lorsque nous passons d’une idéologie à une autre, c’est parce que la première ne parvient plus à combler notre besoin de certitudes. Surtout ne pas se questionner, ne pas interroger ce besoin…
Parfois, le changement d ‘idéologie se fait sur de saines bases intellectuelles, mais cesse très vite d’être interrogé et, comme le dit Edgar Morin, la notion élucidante, cessant d’être interrogée, remise en question, devient abêtissante.

La non-pensée, irrémédiablement, produit des crétins. Cessant de penser, par peur de perdre le sens clefs-en-main qui régit leur vie, ils ne réalisent même pas qu’ils sont endoctrinés.

Il existe des idéologies déclarées comme étant politiques. Des… partis.
Et il existe des idéologies ne reposant que sur un seul élément, mais tout autant politiques, comme les idéologies alimentaires, sexuelles, sportives, etc.

En musculation classique, il s’agit de : pousser, manger, dormir. Et éventuellement de s’adjoindre un ensemble de petites phrases issues directement de l’idéologie impensée, et destinées à la renforcer (de faire taire toute pensée « parasite »). Le pratiquant de musculation classique (bodybuilfing, crossfit, powerlifting) vit dans une boucle en rotation permanente.
Et toute boucle de ce genre, où tout est déjà pré-inscrit, résistante absolument au questionnement, est une façon d’échapper à la vie.

Avec LDMT, j’ai l’intention de combattre toutes les idéologies, avec l’espoir de les mettre à bas, car je pense que nous pourrions avoir une vie bien meilleure sans ces systèmes de pensée figés qui nous maintiennent prisonniers et déclenchent tant de violence, gâchant nos vies à tous.

Bien sûr, faire tomber son idéologie, c’est reprendre contact avec la vie, avec soi, c’est « mettre les mains dans la terre », y sentir la vie grouillante, et contempler le néant qui conclue chaque vie. Et cela peut faire très peur (d’où l’existence des idéologies)
C’est comprendre que nous avions pris comme étant issues d’un au-delà éternel des idées qui ne sont que le produit des hommes, des idées que nous projetons hors de nous pour les suivre aveuglément.
Faire tomber des idéologies, c’est militer pour un retour à soi, à ses entrailles, à ce qui fonde vraiment l’humain. C’est cesser l’aveuglement devant soi, devant les idoles, afin de poser la question du temps et de la valeur de notre vie. Comment être authentiquement créateur ? Question à se poser chaque jour…

Face aux idéologies, nous proposons un ensemble de savoirs, soit figés, soit complexifiants par nature, et reliés, afin de produire un cheminement de pensée destiné à ce que chacun se crée son propre modèle, et le réexamine régulièrement.
Nous proposons un ensemble de savoirs, toujours impertinents, qui vous font voir clairement les limites de chaque idéologie, et en quoi cela en est une.
Nous voulons provoquer un authentique réveil.

Les idéologies ne peuvent échapper à la logique vitale qui amène tout système figé à accélérer son entropie. Se défaire des idéologies, c’est pouvoir s’adjoindre constamment de nouvelles informations, afin de complexifier le système-individu (la personne) et donc favoriser sa résistance et sa croissance. Et produire autant que possible du plaisir (celui de vivre).
L’aveuglement protège, mais sa fonction est son malheur : car se protéger de la vie, c’est se couper du plaisir. Et le remplacer par de l’excitation qui s’avère toujours insatisfaisante, au final.

Avec LDMT, nous ne proposons pas de réponse ultime, mais un cheminement qui permet à chacun d’obtenir des réponses ponctuellement adéquates et de les modifier à chaque instant, car la vie demande toujours de nouvelles adaptations, si l’on veut savoir en jouir. La stratification des valeurs, croyances et outils ne peut donc être figée.

Face au figement idéologique, nous proposons un chemin de souplesse. Et nous ne garantissons à personne d’être « sauvé », ce qui est le cas, explicitement ou implicitement, de toute idéologie.
Et nous ne cessons de nous interroger sur la constitution et la pertinence de notre modèle.

La différence entre l’idéologie et la philosophie est simple : l’une abhorre la pensée et la remise en question, l’autre les recherche activement.

Nous philosophons à coups de marteau, et parfois ça fait mal.

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