» FIGHT FOR IT « 

[Bats-toi pour « ça », c’est-à-dire pour tout ce que tu désires]

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Sans jamais te poser de questions sur tes désirs…

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Toute philosophie est une autobiographie, disait Nietzsche.
Les slogans des bodybuilders, crossfiteurs, fitness, sports de haut niveau n’échappent pas à la règle.
Leurs slogans sont censés représenter leur philosophie à l’entraînement, une philosophie de vie en général. Et cette philosophie est une autobiographie.

Comme nous l’avons vu avec le docteur en neurosciences Joël Monzée ici:

https://youtu.be/fJo3HChmPLA

l’enfant brimé qui n’a jamais eu (ou si peu) l’expérience de la douceur reste prisonnier de son enfance, une enfance qui fût douloureusement vécue, une enfance dans laquelle compréhension, empathie et douceur furent inexistantes ou peu fréquentes.

En voulant échapper à cette enfance avec les moyens qui l’ont fait souffrir, il ne fait qu’y rester : pour enfin pouvoir s’aimer, il lui faudrait être doux avec lui-même, faire pour lui ce que ses parents n’ont pas fait.
Mais il n’a appris que la souffrance et le combat comme moyen d’exister…
Souffrir devient alors le seul moyen d’exister.

Souffrir pour exister, ce n’est possible que si on nous l’a enseigné.

« De manière paradoxale, l’expérience clinique souligne qu’un enfant ou un adolescent aimera mieux une attention négative de l’adulte que l’absence d’attention. »
(Joël Monzée, docteur en neurosciences et psychothérapeute)

L’enfant qui manque d’attention va provoquer, déconner, se faire du mal etc, dans le seul but d’exister aux yeux de l’adulte.
Et si l’adulte n’accorde de l’attention que dans les moments de crise, cela renforce alors la stratégie de l’enfant pour obtenir de l’attention, et les situations de crises se répéteront…

Même si ces moments sont vécus douloureusement par l’enfant, même si les parents répondent à ces sollicitations par des formes de violence. Car souffrir d’une attention négative, mais exister auprès du parent, est encore moins pénible que de ne pas se sentir exister du tout.

Souffrir pour exister, ce n’est possible que si on nous l’a enseigné….

Celui/celle qui dit qu’il faut « se battre pour avoir quoi que ce soit dans la vie » ne fait que montrer, comme dirait Paul Watzlawick, qu’il n’a jamais rien eu sans se battre.

Bref, Fight For It… cela dit exactement comment nos parents ont été avec nous, eux-mêmes ne faisant que valider l’idéologie dominante.
Cela est davantage un cri de désespoir qu’autre chose.

Nous en faisons un cri de guerre, de viril guerrier, mais c’est en fait une plainte, une fatigue d’être soi !

Fight For It, c’est donc subordonner la destruction de soi à la destruction du corps : détruire le corps pour le construire en mieux (afin d’être enfin aimé, reconnu) devient un objectif prioritaire, et il englobe le reste, ce qui conduit à la destruction de soi.

Comme l’expliquent les plus grands psychologues sur l’enfance, il est évident que quelqu’un qui aura toujours eu le sentiment d’exister dans un environnement doux, qui le valide et le reconnaît, n’ira pas chercher la souffrance pour se valoriser.
Il saura que l’on peut être gratifié, heureux, par la douceur.

Finalement, lorsqu’on a comme slogan « Fight for it », ou quelque chose de similaire, on ne peut prétendre se préoccuper de santé.

En effet, Fight fort it, c’est se battre pour obtenir quelque chose.
Le développement musculaire est vu comme un combat. Et un combat, ça épuise, ça détruit, ça tue.

On peut donc opposer le développement musculaire obtenu par le combat et celui obtenu par la coopération.
Combat contre soi (une guerre fait toujours des dégâts, même si on atteint notre objectif) VS Coopération avec soi (l’objectif est atteint en préservant la « population » et les ressources, donc notre santé).

Toute référence au combat est donc un obstacle à la santé. Et, pour virer de bord, pour croître mais aussi durer, il faut apprendre à examiner les conditionnements qui nous poussent à l’autodestruction, notamment ceux de l’enfance.

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Auteurs : Maxime Bratanoff, Denis Tiquet, Olivier Lafay

Bibliographie associée

Alice Miller : Notre corps ne ment jamais / C’est pour ton bien
Joël Monzée : J’ai juste besoin d’être compris
Boris Cyrulnik : Sous le signe du lien
Christophe André : L’estime de soi
Paul Watzlawick : Faites vous-même votre malheur/Comment réussir à échouer
Alexander Lowen : La peur de vivre/ Le plaisir
François Jullien : Traité de l’efficacité
Alain Ehrenberg : La fatigue d’être soi / Le culte de la performance/L’individu incertain
Edgar Morin : La méthode / Penser global
Henri Laborit : La légende des comportements
Gregory Bateson : Une unité sacré / Communication et société
Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse
Muriel Salmona : Châtiments corporels et violences éducatives-Pourquoi il faut les interdire en 20 questions réponses

Retrouvez la collection Lafay : http://amzn.to/2sJ6lDU

En illustration : la sportive Marine Leleu.
Citation de Brigitte Oriol extraite de cette vidéo : https://youtu.be/OfPE3a3Pmew

2 réflexions sur “ » FIGHT FOR IT « 

  1. Ce qui est triste dans cette histoire, c’est de voir que Marine Leleu va de plus en plus loin dans le NPNG… Alors que quand on regarde ses vidéos c’est une personne qui n’est pas dans l’imposition brutale de son modèle (contrairement à certaines « stars » du fitness), qui a même une démarche d’ouverture à mon sens.
    Bref, ça me blesse de la voir dans cette souffrance.

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