CROSSFIT : combattre le Mal (être un chevalier du Bien) en s’enfermant dans une salle de sport?

crossfit

(s’adresse également aux bodybuilders qui se fantasment en super-héros)

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Quand on parvient à faire croire à des gens qu’en s’enfermant dans une box de crossfit, on est un super-héros (un défenseur du Bien), c’est qu’on a affaire à un public extrêmement fragile et malléable.
 
S’entraîner jusqu’à en vomir =/= de combattre le Mal (sauf si on considère que l’on combat le Mal situé dans son propre imaginaire, c’est-à-dire ce qui nous traumatise; et comme l’expliquent les spécialistes, il s’agit alors d’un combat contre la mémoire traumatique acquise lors d’une enfance douloureuse).
 
Cela devrait sembler évident que l’on n’est pas un super-héros en s’entraînant durement tous les jours.
Alors pourquoi tant de gens nourrissent cette image parfaite d’eux-mêmes, au point où le business s’en empare?
 
Que se passe-t-il dans la tête d’un adulte susceptible de s’habiler en Captain America pour aller faire des tractions? Ou qui lève des poids aux couleurs des super-héros Marvel?
 
Un super-héros, ce n’est pas quelqu’un qui s’entraîne toujours plus dur, mais quelqu’un qui se consacre aux autres.
Encore une évidence qui semble difficile à comprendre pour toutes ces personnes qui imaginent qu’aller à la salle de crossfit, c’est vivre dans une BD Marvel…
 
Quand on se fantasme en super-héros, alors que se consacrer aux autres, faire le Bien, est exclu, c’est que les démons à combattre sont en soi.
Il faut beaucoup de force, parfois, pour luttter contre ce qui hurle en soi et qu’on ne sait faire taire, d’où l’identiication avec des humains fabuleux.
 
Et ce qui hurle en soi, c’est toujours le petit enfant qu’on a été, et qui a souffert des violences « éducatives », du rejet, de l’indifférence de ses parents.
 
On veut être des super-héros, non pas pour sauver le monde, dont on n’a que faire, mais pour se sauver soi-même…
 
Et, l’ironie de la situation, c’est qu’en adhérant sans recul aux valeurs en place, c’est-à-dire le mérite par la souffrance, on ne va pas se sauver, on va se détruire, laissant à jamais cet enfant qui hurle en nous… désemparé.
 
En se faisant mal autant qu’on a eu mal d’être rejeté, humilié, battu, étant petit, on ne fera qu’accentuer cette destruction de son « soi ».
Tant que l’apprentissage de la douceur sera exclu, et qu’on se fera maltraiter non plus par nos parents, mais par un « super-héros » (soi-même rêvé en super-héros) qui croit être un sauveur (de notre âme souffrante), on ne parviendra pas à s’aimer, et on ajoutera du mal au mal.
 
Sauf à se battre « pour de vrai » sur le terrain de le vie, le vrai combat est toujours en soi, il est toujours entre soi et soi, il est toujours dans l’imaginaire.
Mais rares sont ceux ayant à la fois la force et les outils permettant de comprendre de quoi est constitué leur imaginaire, et sur quoi reposent leurs fantasmes de force absolue.

L’AMOUR : TOUCHER LES ÉTOILES ou PATAUGER ad libitum DANS LA MERDE?

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L’amour, c’est deux systèmes biologiques qui ont des attentes que chacun d’entre eux peut combler chez l’autre, au moins temporairement.
Dans ces attentes, il y a des déterminants connus, et il y en a beaucoup d’inconnus. C’est la magie de la chose : ne pas tout comprendre, ne pas tout contrôler.

Ensuite, il s’agit de creuser soi, l’autre, la relation.

Parfois, ce qui semble un simple « détail » peut émouvoir, créer en soi de l’attachement pour un autre, et l’on a envie d’avancer pour juste continuer à éprouver cette émotion.
Si l’on est assez sage et instruit, en ce qui concerne les relations humaines, on va chercher d’autres émotions que l’autre peut faire naître en nous, les co-construire si possible.
C’est là que nait l’intime, la singularité d’une relation, où l’on se sent encore plus proche, lié, donc… amoureux.
L’amour, c’est la découverte d’un intime, d’un terrain commun co-construit. C’est un doux effort.

On est assez loin de l’amour basique qui se résume à : il/elle est séduisant physiquement (selon les critères esthétiques du moment) et je me sens sexuellement attiré, donc je suis amoureux. Si il/elle répond à mon désir, alors nous sommes amoureux. Après six mois de sexe, nous commencerons à nous ennuyer, toujours non-connaissants l’un de l’autre, nous aurons épuisé notre désir. Alors, lentement, nous nous éloignerons l’un de l’autre. Nous nous séparerons, nous nous tromperons, ou nous ferons un enfant afin de continuer cette relation, afin de ne pas cesser de vivre, dans l’imaginaire, le mythe premier.
Puis nous nous séparerons après ce premier enfant. Si nous sommes bien imprégnés des mythes sociaux, nous ferons peut-être un deuxième enfant. Et tout ira de plus en plus mal, dans une relation étriquée, douloureuse, frustrante.

L’amour n’est rien sans création d’un intime. Et l’intime, ce n’est pas juste péter au lit à deux en regardant Hanouna 🙂

C’est la création d’un territoire commun, sur la base d’émotions premières, qu’on va creuser, chercher à comprendre, renouveler, en commun.
Et c’est aussi (et surtout) la volonté d’ouvrir le monde de l’autre, de favoriser, par l’attention, sa croissance.
Faire cela à deux, c’est créer un lien unique et très fort.

Et, même dans ces conditions, ce lien peut être rompu, dissous par les difficultés de la vie (il y a tant de tragédies qui brisent la beauté, surtout avec le système social dans lequel nous vivons)…
Il aura néanmoins existé, été vécu.
Et ce sera cette magie là qui continuera à nous remplir, et perpétuera notre foi.

Une fois compris cela, on sait que l’amour, le « grand amour », est toujours à venir. On peut continuer à croître, et ce qu’on a vécu, bien compris, peut nous faire croître, offrir d’autres regards, d’autres rencontres, d’autres opportunités. D’autres émotions, d’autres co-constructions…

CRIMES SEXUELS ET MUSCULATION RÉDEMPTRICE

pleurs

 

Nadia Nadesjda travaille en milieu carcéral, et utilise à la fois la pratique et les valeurs de la Méthode Lafay pour engager des délinquants sexuels vers un véritable changement.
Voici notre échange récent.

 

Nadia Nadesjda :
J’interviens régulièrement en milieu carcéral, notamment auprès de personnes condamnées pour des faits d’agressions sexuelles, viol, maltraitance et j’en passe!!
Le but étant de travailler sur les faits, les risques de récidives… Dernièrement, lors d’un groupe de parole, ils ont parlé de musculation, sport n°1 en détention ! À ma grande surprise, la méthode Lafay est largement pratiquée par les détenus…
Je m’inspire de vos écrits pour lier le sport et leur vision de la vie, des femmes, du rapport à la violence…
Alors merci d’aborder des sujets encore assez tabous dans la société.
 

Olivier Lafay :
Lorsqu’un homme désire un rapport sexuel (appelons un chat un chat), il peut tenter de l’obtenir de deux façons principales :
– la force;
– la douceur.

Comme en musculation, il est possible de se développer (de croître) par la force ou, (bien plus rarement) par la douceur.

La force, cela peut aller des techniques de séduction qu’on nous enseigne, des pressions lors de rapports de force engendrés par les rapports sociaux, des tricheries relationnelles à la Casanova… jusqu’au viol.

Notre société enseigne la force comme moyen premier d’arriver à son but (en quoi que ce soit). Il faut dominer, utiliser, soumettre.
Pas étonnant, qu’en considérant toujours les autres comme des objets destinés à nous donner du plaisir, du pouvoir, la réussite, certains en viennent au viol.

D’autant plus qu’un certain nombre de femmes ont intégré ce mode de relation à l’homme : elles veulent un « mâle alpha », qui les bouscule, les soumette, les prenne de force.
Elles disent vouloir la douceur, mais fantasment sur 50 nuances de Grey…

D’où la confusion extrême qui peut en ressortir.

Et des hommes moins éduqués, et/ou dont les pulsions ne peuvent être contenues plus longtemps (on vit dans un monde où le sexe tentateur est partout) vont passer à l’acte.
Regardons le nombre de films où l’homme PREND durement la femme (qui parfois le lui demande).
Les modèles violents sont partout.

Lorsqu’on est adepte de la douceur, on est très mal à l’aise en regardant, dans le film Blade Runner, Harrisson Ford tenter de soumettre physiquement et psychiquement l’androïde. c’est une vision du rapport aux femmes qui est montrée et enseignée ici.

La musculation douce peut être un moyen d’enseigner aux gens un autre mode relationnel, nettement plus gratifiant.
Enseigner la douceur vis à vis de soi, des autres, est peu commun, mais riche de promesses.
Croître et faire croître, obtenir, en douceur, par la douceur.
 

Nadia Nadesjda :
Merci pour cette intervention Mr Lafay, je constate dans mes nombreux dossiers que souvent pour des faits d’agressions sexuelles, de viol sur majeur ou mineur de moins de 15 ans en majorité, l’auteur a un lien avec la victime voire un lien familial…
Le processus afin de lutter efficacement contre la récidive est long et il faut revenir à la source (souvent à l’enfance) et finalement faire « reset » des modes de relations hommes femmes.
Ce qui est compliqué pour ma part, ce n’est pas tant la prise en charge de ce public mais plutôt de lutter contre des collègues notamment féminines, qui sont directement en mode attaque et agressives en les rabaissant systématiquement, ce qui provoque encore plus de violence…
L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voila l’équation Averroès.
 

Olivier Lafay :
Il est regrettable que ces collègues féminines n’aient pu être en capacité d’envisager ces problématiques de manière systémique, en comprenant donc comment se construit un être humain.

Vous devez leur apporter beaucoup à ces criminels, la possibilité de se comprendre soi-même, et peut-être alors de changer.
 

Nadia Nadesjda :
Oui c’est tout a fait regrettable en effet, comprendre l’histoire, le vécu… J’irai encore plus loin : il y a une volonté de dominer ces hommes « moi je vais te mater », les pousser dans leur retranchements.
 

Mathieu Couture :
C’est très intéressant de voir les frontières franchies par la méthode, je dirais que toucher des métiers comme celui-ci est un grand pas en avant et une avancé incroyable sur ce que nous enseigne Olivier. Nadia joue un rôle très important dans la société et j’ai beaucoup de respect pour les personnes comme vous qui, par votre métier, prône les valeurs de la méthode. C’est un réel moyen de changer le cours des événements de contourner la récidive que d’aider ces prisonniers. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire et c’est très encourageant quand on vois des résultats tels que les vôtres 🙂
 

Nadia Nadesjda :
Merci Mathieu Couture, je vous confirme que les résultats sont très encourageants à travers la méthode dans son ensemble (sport, valeurs…). J’arrive à enlever des barrières et à amener les détenus à avoir une relation de confiance malgré les actes commis; ça peut sembler fou mais faire abstraction de l’acte pour travailler le fond et pas juste la forme et à travers, ça évite d’autres victimes…

De la la violence subie à une musculation qui libère…

femme-emprisonnee

Nota : cette réflexion est venue suite aux accusations qui ont été portées contre moi, quand des « féministes » ont pensé que pousser les gens à réfléchir à leurs responsabilités dans les rapports tendus entre hommes et femmes était « légitimer le viol », etc.

Cela parle de viol, donc c’est un sujet qui concerne beaucoup de gens.

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Le viol est un sujet grave. Utiliser cela pour essayer de me salir, voire de me détruire, car mes propos dérangent, est profondément malsain.

Quelques chiffres, que je rappelle :

« On ne connait pas le nombre exact d’hommes victimes de viol, on estime à 7-10 % le nombre d’hommes qui ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie en France. La plupart de ces agressions sont commises par d’autres hommes.
– 1 femme sur 10 a été violée ou le sera au cours de sa vie.
– 57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) »

Donc, sur ce groupe, il y a plus de 1000 personnes qui ont, statistiquement, subi des violences sexuelles.
Et 10.000 qui ont subi des violences éducatives, au minimum.

C’est pour modifier le cours des choses que LDMT et moi nous nous battons, en proposant… de l’instruction et de la réflexion.
Modifier le rapport au corps, l’exercer pour en reprendre le contrôle et reprendre goût à la vie, savoir relativiser et déconstruire l’obsession de la beauté physique, tout ceci est facteur de progrès humain.

Dire de quelqu’un qui cherche à améliorer les relations humaines, en poussant les gens à réfléchir à leurs conditionnements et leurs responsabilités, qu’il fait l’apologie du viol et des violences faites aux femmes est non-seulement blessant, erroné, mais aussi très grave.

LE RAPPORT ENTRE MES ARTICLES (sur les relations humaines) ET LE SPORT?

Voilà une réponse… de base

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Ce que j’écris ci-dessous est valable pour tous, s’adresse à TOUS et TOUTES… mais… si une féministe hystéro-dingo débarque, parachutée ici par ses copines hargneuses et assoiffées de victoire, pour me demander, encore une fois, le rapport entre mes articles et le « sport », il s’agit de lui répondre de manière très simple (qu’elle puisse comprendre) :

1 – Pour croître et durer, il faut chouchouter son système nerveux (démonstrations déjà faites, cherchez les articles et lisez le tome 2).
Je fournis des dizaines de milliers de pages de références pour l’expliquer.

2 – Le chouchoutage du système nerveux dépend totalement des relations que nous entretenons avec notre environnement (dont les autres humains sont une partie essentielle).
Références : Henri Laborit, Eric Berne, Gregory Bateson, Jean-Jacques Wittezaele, Paul Watzlawick, Joël de Rosnay, Joël Monzée, Etc.

3 – Toute connaissance qui nous permettra de prendre du recul sur nos relations pour les améliorer sera donc ESSENTIELLE… à notre croissance, à nos changements physiques si on les veut… durables.
L’altruisme est un égoïsme bien compris…
La pensée écologique (celle qui définit les rapports adéquats avec l’environnement, tout comme l’écologie de l’esprit) devrait donc être la première préoccupation de chacun.

Conclusion : le fait quelles n’aient jamais pensé à ça (comme tant de monde) en dit long sur le formatage social dont elles ont été l’objet. Car demander le « rapport » (entre la culture et la musculation) est le signe d’une incompréhension complète de son propre fonctionnement.
Et cette incompréhension sert les intérêts des dominants. Il est plus difficile d’exploiter des gens qui sont conscients de leurs vrais besoins, et qui oeuvrent pour les satisfaire.
Je vous envoie à la lecture de « Communication et société » de Gregory Bateson, où sont mis en évidence les liens entre dominance, exploitation humaine et sortie de la zone de confort.

Tant qu’on n’a pas compris ça, comment être authentiquement subversif?
On ne l’est PAS… On ne fait, en réalité, que proposer des ghettos, de la violence, de la séparation, de la haine, et ceci en parfaite adéquation avec le modèle dominant (que l’on croit pourtant critiquer).

Tout ce qui détruit du lien humain est pour moi profondément haïssable.

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NOTA : Bateson n’est pas le fils de Bateman, roulant en Batemobile 😉
Ni un affreux gauchiste, barbu et mal lavé, défilant au son de l’Internationale…

Gregory Bateson est un biologiste, anthropologue, psychologue, éthologue, cybernéticien, pionnier de la pensée systémique et le pionnier de la pensée écologique moderne. C’est une des sources essentielles d’Edgar Morin.
Son père, William Bateson, a forgé le terme « génétique ».
Gregory Bateson a théorisé le concept de Double Bind, et est l’élément théorique fondamental sur lequel s’est construite l’Ecole de Palo Alto (thérapies systémiques). Il a influencé toutes les conceptions pluridisciplinaires, et est une des références majeures de la Méthode Lafay.

LA journée DU Câlin…

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(21 janvier, journée mondiale du câlin, semble-t-il)

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Ce qui est paradoxal (mais avec un fond logique), c’est d’instaurer une journée des câlins dans un monde de violence permanente, d’encouragements à la compétition, la concurrence, la destruction des autres, leur humiliation, etc.

Comme si « on » nous donnait ce DROIT (qu’on ne sait prendre nous-mêmes), dans un climat constant de DEVOIRS de haine, et de coups à donner (à soi et aux autres).

Que peut-on dire d’une société où il faut rappeler aux gens qu’il est important de se faire des câlins?

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Les câlins, ce n’est pas un droit, pas une obligation, pas un « truc » de plus à fêter, devant lequel on devrait s’incliner, et qu’on oublie le lendemain… ce devrait être un mode de vie.

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Il y a un lien étroit entre câlins et santé du SNC (système nerveux central).
Lutter contre l’entropie, se régénérer, se sentir bien et heureux de vivre passe par le câlin. Sans câlins, on se flétrit.
Je vous renvoie à Henri Laborit et Eric berne, qui l’expliquent très bien.

Les caresses sont bonnes pour la moelle épinière (Eric berne).

Ce qu’on peut dire de notre société est qu’il faut qu’elle soit diablement pervertie pour que ce fait biologique soit oublié, souvent rabaissé et empêché.
Pour qu’on nous rappelle qu’il faut y penser une fois l’an…

EST-CE AUSSI SIMPLE?

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Ce matin, je suis tombé par hasard sur cette BD, publiée sur la page d’un de mes contacts (femme et lesbienne, cela a son importance). Sous la BD, il y avait une discussion, de celles qui reportent les attitudes entreprenantes des hommes sur ce qui serait une sorte de concupiscence débile très masculine. Et la femme serait une innocente injustement malmenée par ce désir masculin hors de propos.
J’ai participé à la discussion. Ce n’est pas la première fois que j’interviens ainsi dans une discussion de ce genre ces dernières années.

Les BD telles celle mise en évidence ici sont extrêmement simplistes, jamais nuancées, et nourrissent une guerre hommes/femmes, dans un monde où sévit la lutte pour la dominance, et le besoin de lécher ses blessures narcissiques par l’entremise d’une séduction sans cesse renouvelée.

Je vous mets ici mes seuls commentaires, qui sont donc en partie décontextualisés, et je suis ouvert au débat.

« Tant qu’on remet la faute sur l’autre, ici le mâle bestial, c’est qu’on n’a pas vraiment compris comment fonctionne un être humain, dans un sens comme dans l’autre 😉

Les relations humaines sont co-construites, selon des codes sociaux, inspirés par des besoins biologiques à gérer.
Donc il y a co-responsabilité des hommes et des femmes dans les états de séduction…

Oui, tout comme les seins nus sur les plages, la femme se maquille, met en valeurs ses jambes, sa poitrine, etc., pour séduire. Elle cherche à se gratifier en étant désirée.
Comme souvent c’est une démarche égocentrée, narcissique et qu’on refuse de conscientiser, alors cette dernière se sentira scandalisée si des hommes entreprenent une manoeuvre allant plus loin que ce qu’elle autorise (car elle veut rester maîtresse du jeu).
Nécessairement, plus une femme sera séduisante et cherchera à gratifier son narcissisme, plus elle sera gratifiée, mais plus aussi elle aura des « demandes » qui ne rentreront pas dans son « cadre ».
Elle va s’en plaindre… mais cela fait AUSSI partie du jeu…
(Oh lala, tous ces soupirants, alors que je n’ai rien demandé, dit-elle)

De l’autre côté de la barrière de la séduction, des hommes se serviront de cette manoeuvre féminine pour justifier leur dépassement :
– des limites autorisées par la femme (qui restent subjectives et relatives);
– des limites autorisées par le cadre social du moment (les règles comportementales admises, et qui sont générales, mais restent néanmoins relatives à leur époque).

C’était la minute biologie, psychologie et sociologie, qui va un peu plus loin qu’une simple bd ma foi fort conventionnelle, démagogique et dans l’air du temps 🙂 »

« Tant qu’on n’est pas adulte dans sa manière d’envisager les rapports humains (en général), les rapports hommes/femmes se résument à de simples rapports de force, où il doit y avoir un gagnant et un perdant.

Et le gagnant et le perdant passent leur temps à se victimiser pour justifier leur quête de pouvoir (sur l’autre) sans bien comprendre ce qui les motive vraiment.
Se victimiser permet de s’autoriser à toujours dépasser les limites, sans avoir à rendre des comptes.
Narcissisme incontrôlé et dignité ne vont pas de pair.

Et comme nous vivons dans une société de compétition à outrance, les rapports hommes/femmes ne vont pas s’arranger à l’avenir. Surtout avec les pathologies mentales acquises dès l’enfance. Qui entraînent un déficit d’estime de soi à combler.

D’où l’entrée dans des « jeux », comme l’explique très bien Eric Berne. »

« Se plaire à soi serait autre chose que vouloir plaire aux autres?

Ce n’est pas où l’un ou l’autre 🙂
Ce n’est jamais ou l’un ou l’autre…
Se plaire à soi, c’est plaire à toutes les images intériorisées depuis l’enfance. La frontière entre le dedans et le dehors est très mince, voire inexistante.
Pour bien comprendre cela, il faut bien comprendre comment se construit une personnalité.

Une femme qui met des photos d’elle en dentelle, string, etc., sur une page de musculation, est bien sûr dans un processus de séduction. Qu’elle en soit peu ou beaucoup consciente.
Elle présente son image à des images (réelles, virtuelles, intérieures).

C’est pour ça que je parlais de narcissisme tout à l’heure.
Ce serait moins problématique si c’était conscient.
Mais pour que le « jeu » soit plaisant, il est préférable pour beaucoup d’entre elles d’ignorer leurs motivations profondes.
Car cela va les ramener à des blessures, des peines, pas digérées et fort anciennes.

Et pour moi, comme pour nombre de mes références bibliographiques, être lesbienne n’y change pas grand chose. Je dirais même que c’est un élément supplémentaire pour alimenter le « jeu » entre hommes et femmes. Qui est souvent une guerre, en fait.
Et il serait bel et bon d’en faire autre chose, pour le bonheur de chaque sexe. Mais c’est pas évident dans un monde qui valorise les jeux de pouvoir, assis sur des éducations traumatisantes, qui créent des déficits du coeur et de l’âme. »

LE SAVOIR UNITAIRE, c’est quoi?

Ci-dessous, je vous donne une définition élaborée par Baptiste Metayer, membre de LDMT.
Ce sera un pas de plus vous permettant de mieux réfléchir encore à vos RELATIONS.
Car nos relations sont conditionnées par notre perception, qui est conditionnée par notre langage, lui-même conditionné par notre éducation.

L’expression « savoir unitaire » vient d’un ouvrage de White et Epston (les moyens narratifs au service de la thérapie) présent dans la bibliographie du tome 2 de la Méthode Lafay.
A travers elle, on comprend mieux comment nous sommes formatés autant par notre langage que notre milieu familial, social, et ses divers traumatismes.

Nous avons déjà vu l’importance des traumatismes, qui nous conditionnent de façon irréductible (tant que l’on n’a pas abordé cela à l’aide d’outils intellectuels bien précis). Il faut créer du recul par rapport à sa mémoire traumatique, et mettre en place les conditions de son expression (pour la résorber).

Avec la notion de « savoir unitaire », nous réalisons aussi la toute puissance du langage dans la construction de nos conditionnements.
Le langage familial, acquis dès l’enfance, et qui va déterminer le discours tenu sur soi. Et le discours tenu aux autres…
Le langage de l’éducation scolaire, médiatique, professionnelle; le langage de notre culture.

C’est un thème abordé en linguistique, et cela a des conséquences psychologiques majeures. Ainsi le sinologue François Jullien parle de l’importance du langage dans la construction des façons de se penser propres à la Chine et à l’occident.
Par exemple, en se développant économiquement, la Chine acquiert le langage occidental et donc sa façon de penser et se penser. Et cela peut tout à fait expliquer la progression impressionnante du christianisme en Chine.

Heinz Von Foerster parle de trivialisation (formatage social), ce qui est une autre façon de décrire le processus mis en évidence par White et Epston.
La société fabrique de petits robots, qui sont limités dans leur manière de penser le monde et de se penser par leur propre langage; langage acquis via les outils du pouvoir (école, médias, famille).
D’où l’importance d’élargir son vocabulaire, et d’acquérir de nombreuses autres façons de penser, principalement à l’aide de la lecture.

Franck Lepage explique clairement cette idée : on croit toujours penser d’abord ce qu’on veut exprimer, puis on choisirait ensuite les mots pour le dire.

Mais en fait, c’est faux. On pense en réalité d’après les mots qu’on a en soi… Donc notre pensée est limitée par notre vocabulaire, qui exprime déjà des idées.
Ainsi, dès qu’on change de vocabulaire, on change de façon de penser.
Donc, si un pouvoir quelconque impose un type de vocabulaire, il impose une façon de parler et AUSSI de penser. Il peut ainsi élargir, diminuer, orienter, notre façon de penser (le monde, la société, les autres, nous-mêmes).
En bien ou en mal…
C’est très bien décrit dans le livre 1984.

Et le premier lieu où le formatage de notre pensée se réalise, c’est bien sûr la famille, considérée par Wilhelm Reich comme l’interface essentielle entre le pouvoir et l’enfant. Papa et maman sont les rouages ultra-déterminants du pouvoir et fabriquent ainsi notre vision du monde selon les codes imposés.

Donc, vous êtes déjà limités (ou agrandis) dans votre façon de percevoir le monde environnant et vous-mêmes par le milieu familial.
Et si votre famille est pathologique, on peut imaginer la pression négative et lourde de conséquences du formatage.
Le langage + les traumatismes vont faire de nous ce que nous sommes, souvent à vie, sauf si « quelqu’un » vient « créer de l’espace » en nous, et que nous ne sommes pas trop abîmés (au point que notre conditionnement soit irréversible)…
En effet, l’homéostasie (le maintien de la structure) sociale est confortée par l’homéostasie individuelle (résistance au changement).

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Ci-dessous, la présentation de Baptiste:

« Je vais tenter de simplifier au mieux le concept de savoir unitaire sans savoir où tu es rendu dans le livre de White et Epson.

Pour raconter leur histoire de vie, et ainsi exister au yeux du monde et des autres, les individus s’appuient sur un langage et des savoirs afin de transmettre leur expérience à autrui.
Mais ce langage et ces savoirs ne sortent pas d’un chapeau 🙂

Ils sont co-construits en permanence par les individus mais aussi et surtout par les instances de pouvoir en place qui vont formater les modes de langages (ainsi que les savoirs) transmis aux individus (par l’école, la télévision, le système familiale, la politique, le système économique…).

Les individus vont ainsi devenir assujettis à un certains type de savoir mais ils vont également en devenir les véhicules à travers leur narration 🙂

Un langage (ou un savoir) unitaire favorisera une seule vérité (souvent l’idéologie dominante en place) et évacuera toutes les autres possibilités.

Car c’est grâce au langage qu’on se représente « la réalité » sociale, il est donc très important pour le pouvoir en place que les individus puissent penser leur vie d’une façon qui profite aux intérêts du pouvoir. 🙂

On ne peut pas exprimer et identifier complètement la florissante et complexe expérience de « la vie ».
Mais on va tenter de narrer nos histoires avec les outils (savoir + langage) que notre socio-culture nous a donné pour le faire. Et notre socio-culture cherche à maintenir son homéostasie comme tout système complexe, d’où un savoir unitaire distillé dans l’esprit des individus par tous les canaux d’information 🙂« 

Vos représentation mentales : douceur ou « auto-violence » ?

leaJ’ai publié le témoignage de Léa sur la page Méthode Lafay, et je pense que c’est l’occasion de vous parler de ce sujet, en vitesse 🙂

Des dizaines de milliers de femmes ont eu des résultats très importants avec la Méthode Lafay. En termes de perte de poids, remodelage et bien-être, c’est la plus efficace des pratiques, relativement à l’investissement en temps et en énergie.
Les gens ont quand même 12 ans de recul (le livre est sorti en 2005).

Pourtant, malgré des résultats très importants, un nombre remarquable de femmes est allé, après une transformation fabuleuse, pratiquer du crossfit, l’entraînement peu construit de Sonia Tlev, de la musculation traditionnelle, ou d’autres programmes « fitness » nettement moins efficients.

On peut se demander pourquoi des femmes, qui ont affiché de magnifiques résultats sur les pages Lafay, avec 2 à 3 entraînements par semaine seulement, et un bien-être ressenti immense, ont préféré « en chier ».

Souvent, j’ai des nouvelles d’anciennes pratiquantes, au cours de discussions facebook mp. Je vais voir sur leur page pour vérifier, et je constate qu’elles parlent toujours du fait d’en baver à l’entraînement. Il « faut que ça fasse mal »…

Dans l’article « Je ne serais jamais assez belle », je parlais de ces femmes qui misent tout sur l’activité physique, sur la quête de perfection corporelle, alors que, en réalité, leur véritable quête, la plus profonde, est ailleurs.
On mise tout sur le corps, par incompréhension ou méconnaissance de son véritable fonctionnement, des traumatismes qui nous ont conditionnés, mais on le fait aussi pour se fuir…

Cette fameuse mémoire traumatique, que nous avons tous, ou presque tous, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour l’éviter !
Et on voit à quel point on va mal quand on abandonne la douceur à l’entraînement, afin d’aller vers des pratiques souvent bien moins efficaces, mais où on en « chie »… Ou l’on en bave et où on peut mettre en scène son héroïsme et son auto-destruction, le mal qu’on se fait à soi-même, sur facebook.

Le problème, et j’en ai parlé dans un autre article, c’est ce qui se passe quand on atteint rapidement son objectif (ou pas loin) en douceur, et qu’on se retrouve face à notre propre vide intérieur.
Tout le monde n’a pas forcément envie de se dire qu’on s’est mis à la musculation pour toute autre chose que la seule beauté corporelle, ou en croyant que cela allait résoudre TOUS nos problèmes.
Tout le monde n’a pas envie de se dire qu’on a fait aussi, et peut-être surtout, de la musculation pour se fuir. Pour s’éviter soi-même…

Le souci avec la douceur, c’est qu’un grand vide peut s’installer quand on a atteint son objectif. Un grand calme s’installe et on sent alors des « trucs » gênants qui « remontent »…
C’est plus facile de passer à côté de soi, de s’oublier, quand on vit dans le bruit et la fureur.
Les douleurs qu’on se fait, l’épuisement à l’entraînement, cela évite de penser ; et puis on se sent davantage conforme à l’idéologie dominante (faite de stress, d’humiliations, de « la réussite passe par la souffrance »).

Oui, cela vaut le coup de se poser la question : pourquoi des femmes qui ont eu d’excellents résultats en douceur, leur tournent le dos et se fixent comme objectif, non plus vraiment le corps (elles l’ont déjà atteint), mais un environnement idéologique (douleur, exhibition de sa peine physique – et donc morale – sur facebook, mode de vie décérébré de fitness girls dopées) ?

Celles qui ont lu les articles sur l’enfance, les conditionnements au No Pain No Gain, qui ont regardé nos vidéos, les entretiens avec Joël Monzée, ont de quoi, il me semble, apporter une réponse à cette question 🙂

Et cet article permet de prendre un peu de recul sur vos « choix »…

Vous pourrez noyer votre « mémoire traumatique » dans l’entraînement usant, chronophage, douloureux, et vous la raconter sur facebook, cette mémoire refera surface un jour ou l’autre. Elle est increvable !
Et cela viendra forcément. Et cela ajoutera à votre malheur. L’échec du reconditionnement de soi par la violence, par l’oubli de sa dimension humaine et spirituelle (la pensée, la réflexion et le « connais-toi toi-même ») est pourtant patent dans notre société. Mais chacun croit toujours faire mieux, différemment, ou n’y réfléchit pas, allant là où la pratique sportive ressemble le plus au matraquage social (tv, médias divers, travail, école).

Apprendre à vivre avec douceur, en se pensant à l’aide d’outils adéquats, cela devrait juste être la base. Même si c’est source de tristesse, mélancolie, de sentiment de fragilité, à certains moments du parcours.
Les outils, vous les avez sur nos pages, dans nos articles et nos vidéos.

PREMIERE INTERVIEW VIDEO

LDMT a le plaisir de lancer sa série IN VIVO VERITAS.

Nous la démarrons avec une interview réalisée au Canada, chez Joël Monzée, docteur en neurosciences, qui nous a fait l’honneur de nous accueillir chez lui pour cet entretien exclusif. 😀

L’interview est conduite par Raphaël Arditti, interne en médecine, futur psychiatre, et membre de LDMT.

Pensez au pouce bleu, à partager et à commenter si ça vous a plu.

Bon visionnage!