MÉDITATION et AUTO-MYSTIFICATION sociale

meditationLa méditation est à la mode. C’est un énorme business.
On la met à toutes les sauces et c’est la nouvelle solution à tous les problèmes.

Même en musculation, où le nouveau discours est Less Pain More Gain, car on croit bêtement que faire des auto-massages et de la méditation va permettre d’équilibrer notre fonctionne-ment No Pain No Gain (idéologie dominante dans nos sociétés, qui considère que la réussite passe par la souffrance).

Or…

Ce qui compte, c’est moins l’outil que la manière de s’en servir
Aux USA (et ça vient en France), on peut se doper, être NPNG, écraser les autres, ET être très bon en Yoga et pratiquer la méditation.

Mouhahhahahahah 😀

Donc, tout comme le Yoga peut rendre les gens très souples, sans modifier leur épistémologie et soigner leurs désordres mentaux, la méditation ne fait penser que ceux qui l’ont incluse dans une démarche bien plus vaste où existe la possibilité de penser.

Actuellement, et c’est logique, la méditation a été mise au service de l’idéologie dominante. On vous la vend, on vous raconte qu’elle va « sauver » le monde…

C’est un changement de type 1, une auto-mystification sociale.
La civilisation occidentale cherche désespéremment une façon de sortir de sa souffrance, sans se mettre à penser ses fondements.

C’est une quête de solution en aveugle, comme tous ces mouvements de masse, où la résistance au changement conduit à faire toujours plus de la même chose sur le fond, tout en s’illusionnant avec des solutions miracles.

Bien sûr que la méditation peut faire du bien, mais pratiquée sans réflexion épistémologique, elle ne sauvera jamais personne.
Ce ne sera qu’un moyen de plus pour, en étant l’entrepreneur de sa vie, s’ajuster un peu mieux au système en place.
Une pratique utilisée non pas pour s’épanouir, mais seulement pour fonctionner mieux (tout en revendiquant paradoxalement la recherche d’épanouissement), pour être… plus « fonctionnel ».

Pour penser son épistémologie, et donc se mettre en condition de parvenir à nous épanouir, nous avons tous besoins des outils cybernétiques/systémiques. Des outils qui créent de la distance entre soi et soi, entre soi et les autres, entre soi et le monde, grâce à leur emploi dans des réflexions en psychologie, biologie, sociologie, anthropologie.

C’est seulement ainsi que nous pouvons modifier nos relations, gérer notre lutte pour la dominance; nous le pouvons grâce au recul pris, grâce à la compréhension de ce qui qui nous conditionne (et empêche toute véritable évolution, tout véritable changement).

C’est le seul moyen, sauf coup de chance, de parvenir à un changement de type 2, au niveau de l’individu, et au niveau social.

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Olivier Lafay

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Nota: le concept de changement de type 1 et 2 a été élaboré par Gregory Bateson, cybernéticien, biologiste, psychologue, éthologue, épistémologue.
Il est à l’origine de la pensée écosystémique, fondement de la Méthode Lafay.
C’est également lui qui a élaboré le concept de Double bind (double contrainte). Et c’est sur son oeuve que s’est créée l’Ecole de Palo Alto (les thérapies systémiques qui ont révolutionné la psychologie).