Suppléments et dépendance…

(Article rédigé par Denis Tiquet)
« Beaucoup s’interrogent régulièrement sur la manière d’améliorer leurs résultats, de mieux s’entraîner (comprendre en fait : « s’entraîner fortement malgré la fatigue ») de mieux récupérer, mieux progresser et se tournent pour cela vers le marché des suppléments.

Et le marché des suppléments est vaste, entre tous les boosters, les bcaas, la créatine, la caféine, les protéines, les omega quarante-douze, et j’en passe, il y a de quoi faire…et de quoi se faire plumer.

Tout ça dans l’espoir de construire un peu de muscle.

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Mais est-il vraiment pertinent de prendre des suppléments pour « avoir du jus » à l’entraînement, masquer la fatigue ? D’autres pour récupérer de séances trop intenses (dans l’unique but de pouvoir forcer autant, très vite ensuite) ?

Le problème de cette approche est qu’elle crée une dépendance psychologique aux suppléments.
Le sportif pense qu’il ne pourra plus s’entraîner convenablement, plus récupérer suffisamment et donc ne plus progresser s’il ne les prend plus.

On a pu voir de nombreuses personnes sur le net déclarer ne plus pouvoir s’entraîner sans boosters, ou mal récupérer s’ils ne prenaient plus de bcaas… Certains se sont même mis à s’en prendre violemment à leur fournisseur pour le retard d’une commande qui les empêchait de s’entraîner(!) 😀

Quel est le sens de l’entraînement et de la pratique de la musculation quand on est même plus capable d’envisager une séance sans prendre des poudres et des pilules ? (et qu’on aime se dire 100% naturel parce que « c pa du dopaj c bon »…)

Imaginez le quotidien de ces personnes qui veulent et surtout n’ont plus le choix que d’absolument tout contrôler et mesurer pour simplement tenir leur routine en musculation. Et rien d’autre.
Voulez-vous faire partie de ces personnes ?

Il y a une autre manière de faire, qui consiste à adapter ses entraînements à son environnement (utilisez les mini-boucles), vous étirer (prendre des suppléments pour récupérer et ne pas s’étirer, c’est un comble!) , pratiquer les 4 piliers….

Si vous ne faites pas cela, si vous n’utilisez pas les outils à votre disposition pour pouvoir progresser convenablement, sans finir épuisé et avoir besoin de suppléments pour récupérer, vous faites les choses à l’envers.

Rattraper les problèmes que cause un entraînement « hardcore » via la prise de suppléments, c’est simplement s’attaquer aux symptômes sans remettre en cause le fond du problème : la manière d’envisager l’entraînement et la course à la performance forcée à tout-prix (notamment au prix des suppléments ahah…)

Or, c’est votre approche de l’entraînement qu’il faut revoir afin d’éviter de créer des problèmes et ainsi éviter d’avoir besoin de suppléments sans cesse…

« Dans la Méthode Lafay, on ne recherche pas la performance pour elle-même, on construit les conditions globales d’où celle-ci émergera en même temps que d’autres qualités importantes pour non seulement croître, mais aussi… durer.
La performance vient à nous, sans usage de la violence, sans « forcer » la croissance.

La performance, comme le muscle, est un effet secondaire de notre quête de santé, d’équilibre et de bien-être. »

https://olivier-lafay.com/2015/05/14/optima-ou-maxima/

 

13139209_10154130333351064_3052483668440271618_nEt pour illustrer un peu les choses, je vais reprendre l’exemple de Arnaud que je mentionnais hier dans un commentaire dans lequel je racontais comme il m’avait aidé lors de mon déménagement la semaine dernière.

Il a fait un long trajet le mercredi, n’a quasiment pas dormi la nuit, le matin a décidé de ne pas manger pour gagner du temps pour le déménagement.

Il a fait de très nombreux allers-retours pour charger la camionnette, et s’est notamment occupé seul d’une partie des appareils électroménagers (transport jusqu’à l’ascenseur, puis les 2 derniers étages à pied, puis une dizaine de mètres à parcourir pour atteindre la camionnette et enfin soulever l’appareil assez haut pour le charger dans le véhicule).

Après plusieurs heures de travail intense pour tout charger, il y a eu la route, et le déchargement du véhicule à peine arrivé, avant de rentrer enfin chez lui pour s’occuper de sa famille.

Combien de pratiquants de musculation très musclés auraient fait cela ? Ont la force et les capacités athlétiques pour faire cela ?

Quand on se dit que la plupart ne peuvent même plus faire leur séance de pecs ou de biceps parce qu’ils n’ont pas leur booster favori………et qu’après avoir fait du curl et des élévations latérales ils ont besoin de bcaas… ça a un côté triste, non ?

Arnaud pèse plus de 100kg et a une condition athlétique suffisante pour réaliser une telle tâche sans avoir le cœur qui s’emballe et la tête qui tourne.

C’est vraiment un athlète du quotidien… 🙂

Je termine ce petit article par une citation d’Olivier Lafay:

« Faire + de 90 kgs de poids de corps développés/entretenus avec de la fonte en séries courtes/moyennes rend le corps pataud, et cela devient un vrai fardeau.
L’évolution (ou le retour) vers les séries longues se fait inconsciemment et naturellement si l’on ne veut pas être « juste une masse ».
Un corps massif bâti sans séries longues, sans « cardio-muscle » fatigue énormément. Cela devient une gêne de tous les jours. Et seul un bodybuilder, fixé sur l’apparence, capable de supporter la gêne induite, peut se satisfaire de cette situation.
Sans compter les problèmes articulaires.
[…]
Il faut que l’endurance relie chaque muscle au coeur (cardio-muscle), ce que j’ai fait dans la méthode. Avec des amplitudes convenables. » – Olivier Lafay

Une réflexion sur “Suppléments et dépendance…

  1. Excellent article.Souvent lorsque nous sommes fatigué par le surentraînement,démoralisé par la stagnation, la routine de l’entrainement, sans résultat esthétique, nous pouvons à tort penser qu’il faut absolument consommer des complément alimentaires .Malheureusement ces compléments ne font que masquer les racines du ou des problèmes.Avant de vouloir consommer des compléments, il vaudrait mieux se poser les bonnes questions pour voir ce qui cloche vraiment.Par exemple de jeter un œil sur notre alimentions est elle si équilibrée que ça, la fatigue ne vient elle pas en fait parce que nous nous reposons pas assez entre chaque entrainement ou parce que nous forçons trop a chaque entrainement.Des facteurs extérieur peuvent aussi affecter notre entrainement,stresse professionnel ou familiale, rupture etc… Ce poser les bonnes question,s prendre du recul sur notre entrainement, sur notre environement extérieur pourrait nous éviter de tomber dans la dépendance des ces produits.

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