Les apports du Tome 2 pour les Coachs : cybernétique et entrainement, par Maxime Bratanoff (deuxième partie)

2) Coaching, musculation, préparation physique : l’immense apport de la Cybernétique

Une des pistes sérieuses de l’avenir pour les coachs et les Doctorants, sera de construire des Méthodes (et non des systèmes) issus de la Cybernétique.

Science du pilotage de l’action, elle étudie les buts à atteindre (objectif final) et s’attache à l’élaboration de ces buts (le chemin), cela afin de réussir brillamment et sans focalisation exclusive (libéré émotionnellement) dans tous les aspects de sa vie, tout en réussissant son projet santé-performances.

 

a) la Cybernétique, science et connaissance de niveau supérieur

L’un de ses grands spécialistes Louis Couffignal la définit comme science qui rend l’action efficace,

  • Elle va étudier les prémisses de l’action (les centres décisionnels, le « Savoir quoi ») ce qui permet de comprendre une multitude de mécanismes,  tels les besoins humains, et par conséquent leur cadre d’études comme  les sciences humaines et les sciences du vivant (Anatomie Physiologie Biomécanique).
  • Elle étudie les régulations/relations/communications humaines notamment physiologiques

(cf. l’ouvrage Introduction à la physiologie : cybernétique et régulations de Bernard Calvino)

En rendant l’action efficace et combinée à la pensée stratégique chinoise (contourner les obstacles) elle devient un vecteur de l’Efficience, du « peu d’effort beaucoup d’effets ».

 

Mickaël lafayen_novembre2013Mickaël Lafayen

 
Pas mal pour une science cataloguée récemment d’argument marketing ou de philosophie de comptoir par de petits experts autoproclamés, fermés d’esprit, enfermés dans une cuirasse de muscles et dominance perçue (et jamais acquise), incapables de passer à un autre cadre théorique, car imbibés de leur vision dogmatique ; noyés dans leur connaissance réflexive, dans une outrancière rationalisation.

Il faut être un parfait inculte, et être privé de connaissance processive (un comble pour celui qui est spécialiste des sciences de l’entrainement et en utilise les outils)  pour cataloguer ainsi les travaux  du génie qu’était Norbert Wiener l’un des plus grands scientifiques du 20ème siècle.

« Toutes ces certitudes qui cachent l’angoisse qui font taire les craintes de ne pas savoir à quelle sauce nous pourrons être mangé demain » (Wittezaele).

 

WittezaeleJean-Jacques Wittezaele

 
Les préparateurs physiques et coach sportifs avisés, autodidactes, créateurs, avec un réel esprit scientifique, sauront qu’elle a  un grand intérêt à être sérieusement étudiée et pourquoi pas appliquée à leur enseignement.

Le grand scientifique soviétique de l’entraînement, figure de proue cité dans tous les STAPS et BPJEPS, Yuri Verkhoshansky  a même effleuré l’approche cybernétique dans son livre phare Supertraining.

Cependant à l’époque trop subversive et nouvelle, elle ne pouvait être comprise ni appliquée dans le domaine de l’entrainement athlétique.

Il aura fallu qu’elle donne naissance à ses enfants, la systémique et le constructivisme pour qu’un auteur la rende opérationnelle (vous savez qui !)

A noter qu’il est très important de ne pas confondre dans le cadre de l’entrainement, :

Approche Systémique (qui dépasse et englobe l’ approche cybernétique) qui étudie les régulations dans l’entrainement (les vagues de croissance et les boucles) ce que fait uniquement la Méthode Lafay par la méta-programmation;

– et approche Systématique, qui consiste à aborder un problème ou à effectuer une série d’actions de manière séquentielle (une chose après l’autre), détaillée, ne laissant rien au hasard et n’oubliant aucun élément. (Cf. De Rosnay)

Vous l’aurez compris, les systèmes d’entraînements bien construits sont des approches SYSTEMATIQUES; les autres qui n’apportent presque pas de guide sur les actions à entrevoir et font au cas par cas sont des visions Analytiques pures Ils sont analytiques ou systématiques par ce qu’ils programment et »cyclent »

 

b) un entrainement d’un type nouveau :les idées de la cybernétique

Dans l’entrainement traditionnel, on ne sait jamais vraiment ce que va donner un entrainement, un cycle quand bien même il est logiquement bien pensé et validé par des études.

Il va toujours falloir vérifier ce que ça donne sur le terrain, sur son organisme, faire au cas par cas.  Cela paraît logique.

La grande nouvelle pour nous  c’est qu’avec l’apport de la cybernétique comme a pu le faire la Méthode Lafay en puisant dans un cahier des charges qui épargne le Système Nerveux Central (apports d’Henri Laborit).

 

Laborit

Henri Laborit

 
La cybernétique appliquée à l’entraînement c’est un changement de point de vue (de paradigme), ce qui la rend complètement différente des traditionnelles périodisations/planifications de l’entraînement.  Grace à elle, nous serons à même de créer des méta-programmes qui intègrent tous les programmes actuels (perte de graisse, prise de muscle, endurance et puissance des filières énergétiques), un entrainement croisé des qualités physiques intégrant les préparation physiques associées dissociées et intégrées, les préparations générales et spécifiques dans une même structure méta-morphe).

Nous serons capables d’allier force maximale masse et endurance métabolique, vitesse et souplesse avec un temps passé à l’entrainement extrêmement faible, tout en se dépassionnant de l’entrainement avec une grande énergie à déployer en dehors et une santé globale préservée.

Les qualités physiques qui s’opposent dans la vision classique pourront être atteintes avec le meilleur compromis possible sans dopage et sans focalisation exclusive sur l’entrainement.

Nous pourrons construire une structure de base personnalisable au lieu de faire au cas par cas dès le début.

Nous serons à même de raisonner non pas en termes de « manque » mais  en terme de « possible »  et en terme de « construction ». A même de penser complexe, en fonction du Tout Environnement et créer des émergences (notion cybernétique) c’est-à-dire des acquis solides et élevés même lorsqu’on ne peut plus s’entrainer régulièrement ou dans des contextes difficiles. « Lorsque nous ajoutons un stress à un stress la préparation physique échoue » (discussion avec Olivier Lafay)
 

Marina4Marina

 
c) Autorégulation de l’entrainement et boucle de rétroaction

La notion même de feedback largement employée en STAPS et métiers du sport, est issue de cette Cybernétique. Mais son usage s’arrête la, comme l’explique si bien le Tome 2 de la Méthode Lafay.

On en parle parce que ça fait « technique » d’en parlé. On lui ôte ses aspects extrêmement subversifs Mais son contenu propre est incompris, inexploité

On ne sait toujours pas comment rendre réellement opérationnel ce feedback, s’en servir au bon moment (stratégie).

 A la place on brise les boucles de régulations/rétroaction (feedback) avec des séquences d’entrainements qui prônent l’intensité et l’intensification (et pas forcement la dureté absolue, l’échec, l’entrainement irréfléchi).

Cette compétition (physique et mentale), même minime avec soi même brise ces boucles et donc l’homéostasie.  Et briser l’homéostasie d’un homme c’est briser une partie de lui-même au lieu de le respecter dans son entièreté (détruire le tout pour satisfaire une partie)

Les boucles (notion cybernétique) ce sont les rapports multiples entre l’homme et son environnement. La boucle suppose l’autorégulation puisqu’elle en est l’application concrète.

Et comme l’approche classique invoque la planification/périodisation/cycles, elle ne peut aboutir à cette autorégulation même si certains utilisent cette expression sans en comprendre les fondements cybernétiques. « Le concept d’autorégulation est historiquement lié aux travaux sur la cybernétique. […]  l’autorégulation et son arrière-fond cybernétique fournissent un cadre théorique prometteur pour produire un modèle du fonctionnement humain ». (Laurent Cosnefroy, L’Apprentissage Autorégulé).

 

sarah6Sarah

 

d) Agir en pédagogue par l’apprentissage autorégulé

A la lecture des blogs, des expériences du métier et également des discussions avec des pratiquants de la Méthode, j’ai compris que pour influencer positivement un athlète et lui permettre une progression rapide et durable sans sacrifices, il fallait améliorer ma pédagogie, plus encore que mes programmes d’entrainements.

J’ai compris que la pédagogie devait être entrevue par la modélisation cybernétique et systémique et ainsi aboutir au phénomène d’autorégulation, de stratégie de la motivation chez l’apprenant.

Améliorer sa pédagogie, c’est repérer les leviers, les éléments prometteurs dans le discours de son élève, sa façon de voir le monde, c’est réfléchir à des techniques d’inductions (comme le ferait un hypno thérapeute) permettant un apprentissage inconscient.

En cela les articles d’Olivier et les lectures qu’ils recommandent ont dernièrement métamorphosé la façon dont j’opère. Il ne s’agit plus d’optimiser comme nous l’apprend le culte de l’efficacité, il s’agit d’entrer en « adéquation » (un entrainement souple, peu fatigant pour le système nerveux et redoutablement efficace à la fois).

En adéquation car l’athlète n’est pas un simple exécutant de programme, il appartient à un système complexe (homme inscrit dans des contextes multiples et corrélés entre eux); les divers évènements de sa vie influent sur son entrainement et son entrainement influe sur sa vie.

L’enjeu pour les coachs, c’est désormais  de trouver ces chemins de moindre résistance, ces séquences d’exercices allant dans le sens de l’Efficience comme le défini Olivier Lafay.

De bâtir des méta-programmes (tout un programme !)

 

3) Cybernétique, la porte de sortie du no pain no gain

Quelque soient la qualité des enseignements actuels en coaching et préparation sportive, ceux-ci sont prodiguées par l’idée de planification et périodisations de l’entrainement.

Cette idée de cycle à la base n’est même pas issue de la strate de l’entrainement. Elle lui a été désigné, elle va aujourd’hui de soi. Elle est le « bon sens ».

 

MickaelRoux Mickaël Roux

 

a) le mythe de la zone de confort 

La vision No Pain No Gain en ce qui concerne les différentes formes de musculation, ce n’est pas nécessairement se faire mal physiquement, c’est viser et monter des qu’on le peu en intensité sans recul stratégique. Lorsqu’on ne le sens pas on baisse les exigences prévues ce jour la, ou bien on reporte l’entrainement… C’est ce qu’on appelle réguler son entrainement (certains ont nommé cela autorégulation, mais ce n’est qu’une régulation simple,  l’autorégulation pour être opérationnelle nécessitant l’étude approfondie, la création d’une modélisation et structure ainsi que l’application pratique de la cybernétique à l’entrainement).

Toujours avec ce rêve secret d’y arriver dans un coin de la tête, toujours en y pensant, et donc ne pensant pas à autre chose.

Malheureusement,  ces tentatives sont vouées à l’échec dès lors qu’on se refuse à appréhender, envisager  (ou qu’on ne connait pas) une Vision Cybernétique du système d’entrainement-système de soi.

Si la valeur est « Less Pain More Gain » elle est la frange soft du No Pain No Gain.

Les slogans régulièrement entonnés sont suffisamment éloquents :  No Excuses, Never Give Up, sortir de sa zone de confort, Mind Has No limit, Fight for it…

Ils informent sur le contenu de la  pratique et guident le sportif sur l’état d’esprit à adopter pour être un « gagnant ».

Dans le Less Pain More Gain, l’inconfort dans l’effort (la « bonne » souffrance) pour briller sont des conditions à remplir pour progresser sur la voie de la performance (muscle, force, endurance).

Ainsi personne ne s’entraine « doucement », mange normalement,  et obtient des résultats exceptionnels… sauf si on se décide à passer à un mode de réflexion supérieur, ce qu’est la Cybernétique.

Pour cela, dans l’ordre -on créer une modélisation (travail d’ingénierie) issue des schémas cybernétique et systémique.

-on y intègre la grille des besoins humains  et notamment un choix de  techniques d’entrainement respectant le plus possible le  Système Nerveux Central (travaux d’Henri Laborit) et le système myofascial.

-on y intègre des apprentissages inconscients issus des penseurs Constructivistes et des théories d’apprentissage auto régulé pour créer la motivation et l’encadrer (cela renverse les pédagogies à coups de coups de pieds dans le cul, motivation par autosuggestion qui sont des symptômes du no pain no gain).

 

b) les apports du TOME 2 :l’espace stratégique

La lecture du Tome 2 et des articles ont amorcé en moi ce changement de vision de choses. Sans lui le texte suivant et les pistes explorées et présentées n’auraient eu lieu.

Nul ne peut rester insensible à la lecture de ce tome 2 qui met le poing sur les fondations de la santé. Je croyais que ces fondations étaient avant tout biomécaniques  et reliées à la nutrition. Je le pense toujours mais j’assujettis celle-ci à une vision plus large, celle issue des travaux du génie Henri Laborit (référence du Tome 2)… et Gregory Bateson notamment (Cybernéticiens)

Tout étudiant et préparateur physique qui étudie le cerveau via les neurosciences connait le nom d’Henri Laborit. On lui doit la découverte des radicaux libres.

Ce Tome 2 surprend, étonne, bouscule, par un discours subversif ponctué de références solides et qui parlent largement à un coach (Calvino introduction à la physiologie : cybernétiques et régulations, les travaux d’Henri Atlan sur l’épigénétique, pédagogie de Piaget, Laborit…).

 

AtlanHenri Atlan

 
Il explique comment nous sommes gouvernés par la Cybernétique dont je vous ai présenté les liens avec l’entraînement, pour une nouvelle vision.

Quelque soient votre degré d’ouverture (aversion ou acceptation) au travail d’Olivier Lafay, je pense que c’est désormais une erreur de ne pas au moins lire des ouvrages à ce sujet, et ne serait-ce que le chapitre fondation de la santé du tome 2 qui présente des alternatives implacables à la compréhension du système Corps-esprit.

A l’issue de la lecture des Fondations de la Santé, il ne m’a fallut à peine quelques jours pour résoudre des conflits personnels et être capable de donner des pistes jusque la inconnues à mes élèves pour aborder n’importe quel changement sans stress, et comme les résultats ont été concluant, je ne pouvais rester silencieux.

Les savoirs acquis auprès de mes mentors, je sais encore mieux les utiliser grâce aux apports de ce tome 2 et à l’étude et compréhension de la Cybernétique.

En route vers l’entrainement cybernétique.

 

Références Bibliographiques

Méthode de Musculation : l’espace stratégique, Olivier Lafay

Méthode de Nutrition, Olivier Lafay

L’Homme relationnel, Jean Jacques Wittezaele

Cybernétique et société : l’usage humain des êtres humains,Norbert Wiener

Introduction à la physiologie : cybernétique et régulations,Bernard Calvino

La Systémique,Daniel Durand

Pour une culture de la gagne,Jacques Piasenta

Le Macroscope, Joël De Rosnay

Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Edgar Morin

Conférence « Le défi de la complexité », Edgar Morin

Dialogue sur la nature humaine : Boris Cyrulnik et Edgar Morin

L’éloge de la fuite Henri Laborit

L’apprentissage autorégulé, Laurent Cosnefroy

Périodisation de l’entrainement, Tudor Bompa

Supertraining, Yuri Verkhoshansky

La Bible de la préparation Physique, Didier Reiss et Pascal Prévost

https://www.nsca.com/Education/Articles/Hot-Topic-Practical-Auto-Regulatory-Strength-Training/

 

3 réflexions sur “Les apports du Tome 2 pour les Coachs : cybernétique et entrainement, par Maxime Bratanoff (deuxième partie)

  1. « Nous serons capables d’allier force maximale masse et endurance métabolique, vitesse et souplesse avec un temps passé à l’entrainement extrêmement faible, tout en se dépassionnant de l’entrainement avec une grande énergie à déployer en dehors et une santé globale préservée. »
    Est-il obligatoire de se dépassionner si on l’est ? Parce que faire sa passion satisfait grandement le moral, alors pourquoi devrait-on le faire pour passer plus de temps ailleurs ? Par exemple, la méthode me prend à peu près 10h par semaine, car je fais deux séances splitées, et à la fin de chaque split je fais les 4 piliers et les étirements, donc 10h c’est pas mal, mais je le fais car ça me passionne de plus en plus, je me renseigne le plus possible, sur le corps, la nutrition, la santé, etc. Pourquoi devrais-je arrêter cela ? Logiquement c’est de la culture, non ? Ai-je simplement mal compris ?

  2. S’intéresser à la culture physique n’est pas un mal 🙂
    Je pense que ce qu’il dit c’est que tu peux atteindre un haut niveau en passant peu de temps à t’entrainer, ce qui te laisse de l’énergie pour faire ce que tu veux ensuite.

    Supers articles en tout cas.

  3. Voilà, il ne faut pas confondre le fait de passer du temps à s’entrainer (musculation, souplesse, 4 piliers, etc. ) parce qu’on aime ça et la croyance selon laquelle il faudrait s’entrainer souvent, sans relâche et faire des sacrifices au point de centrer sa vie autour de la musculation pour progresser 🙂

    « Cette focalisation aliénante sur le muscle est un frein, ou même un obstacle radical, à votre épanouissement global, car l’énergie que vous lui dédiez n’est évidemment pas utilisable ailleurs. »

    (O.LAFAY)

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