La Méthode Lafay provoque des déséquilibres? Un peu de science, avec Yann Ollivier

Préjugé n°1 : La Méthode Lafay provoque des déséquilibres

 

1. Introduction

La cybernétique, en tant que science, sert d’abord à faire, à créer des modèles permettant une action efficace des hommes (ou des machines) sur leur milieu ou sur eux-même comme dans le cas de la Méthode Lafay (ML).

La biomécanique et la physiologie (entre autre) sont alors asservies dans un ensemble plus grand qui prend les décisions et commande l’action.

« C’est pourquoi il faut utiliser les études scientifiques comme des briques de lego, dans la construction d’une architecture qui dépasse le cadre strict de l’entraînement sportif. Autrement dit, une fois compris que nous avons affaire à un système complexe (training d’un individu particulier dans un environnement complexe qui agit sur lui et sur l’entraînement), il faut modéliser ce système complexe et produire un combo « entraînement + système de pensée » qui permette des résultats importants sans auto-destruction […] » (Olivier Lafay, in Science et Musculation)

Comme il n’est nul besoin de connaître le fonctionnement exact d’une voiture pour l’utiliser, il n’est nul besoin de connaître le fonctionnement du corps humain et de la ML pour l’utiliser avec succès. Pour aller d’un point A à un point B.

Pour autant, la somme des connaissance théoriques qui a permis l’élaboration de la voiture existe réellement. Les voitures ne sont pas nées ex nihilo, elles s’inscrivent dans une histoire scientifique et technique qui a permis leur réification (passage du projet à l’objet) grâce aux lois de la mécanique.

Il en va de même pour la ML, les données scientifiques en biomécanique, en physiologie, en psychologie (entre autre) qui ont permis sa réification ne sortent pas d’un chapeau. Elles sont d’ailleurs pour la plupart issues des mêmes ouvrages qui fondent la base théorique des entraînements classiques de musculation. Ces mêmes ouvrages que certains illustres chimpanzés bavards nous invitent à ouvrir pour comprendre ce que devrait être un entraînement de musculation. On retrouve, une fois encore, la pensée dogmatique qui résiste à l’avancée de la pensée scientifique, on nie l’évidence des faits pour ne pas déranger ses certitudes péniblement acquises, on refuse à l’esprit de s’étonner à coup de dogmes et d’arguments d’autorité. C’est là un véritable crime contre la démarche scientifique qui consiste d’abord à observer les phénomènes qui se produisent dans notre environnement.

Et si les données scientifiques biomécaniques et physiologiques utilisées dans l’élaboration des entraînements classiques de musculation et de la Méthode Lafay sont les mêmes et qu’on arrive à des résultats si divergents, c’est qu’on ne lit pas ces données avec la même grille de lecture. L’interprétation et la création de modèles (des programmes de musculation) qui en découle sera donc différente. Et la grille de lecture de la ML, c’est le constructivisme et la cybernétique (ou approche systémique).

Et la finalité de la cybernétique, c’est de produire des modèles tournées vers l’action comme nous l’avons déjà dit. « La cybernétique est l’art de rendre l’action efficace » comme le disait Louis Couffignal.

Pour comprendre les raisons de l’efficacité de la ML sous un angle biomécanique et physiologique, il faut d’abord comprendre comment l’homme est envisagé d’un point de vue systémique et cybernétique. La suite de l’article permettra d’aborder une partie des conceptions cybernétiques de l’homme tout en répondant au préjugé suivant : La Méthode Lafay provoque des déséquilibres.

 

2. Préjugé : La méthode Lafay provoque des déséquilibres

On entend souvent dire que du fait qu’il y ait plus d’exercices visant les triceps brachiaux (la triade) que d’exercices visant les biceps brachiaux (et les Muscles Brachiaux Antérieurs, on les oublie toujours !), la « térade » des premiers niveaux entraîne des déséquilibres.

  • Origine probable du préjugé

Il naît d’une vision analytique classique de l’entraînement qui consiste à stimuler les muscles agonistes et antagonistes en isolation et de manière « symétrique ».

  • Problématiques

Tout d’abord, de quels déséquilibres parle-t-on ?

S’agit-il de déséquilibres dans le développement des muscles biceps et triceps brachiaux ?

Ou alors s’agit-il de déséquilibres articulaires qui résultent de la modification du centre mécanique de mouvement d’une articulation ou de déséquilibres posturaux qui résultent, eux, de la modification du tonus de certains muscles capables d’infléchir un angle articulaire dans un sens ou un autre ?

 

3. Erreurs fondamentales

         3.1. Première erreur, en rapport avec le déséquilibre de développement : ne pas tenir compte de l’approche systémique appliquée à la musculation par Olivier Lafay

La Méthode Lafay met effectivement l’accent sur les triceps brachiaux lors des premiers niveaux mais, il faut, premièrement comprendre la logique interne de chaque niveau, les muscles ne sont pas stimulés un par un en isolation mais par secteur (ou bloc) et groupes musculaires, en synergie (voir l’article associé). Dans les premiers niveaux, on a donc cette répartition :

  • Les membres supérieurs et la ceinture scapulaire (avec pré-contrainte sur le dos)

  • Les membres inférieurs et la ceinture pelvienne (avec pré-contrainte sur le dos)

  • Le tronc, dont les exercices abdominaux réalisent la jonction entre les deux premiers secteurs

Cette organisation se modifie ensuite dans les niveaux supérieurs mais la logique des blocs musculaires est conservée.

Et deuxièmement, il faut replacer un niveau, dans l’organisation complète de la méthode en 13 niveaux de complexité et de difficulté croissantes. Si les triceps sont légèrement privilégiés sur les premiers niveaux, le développement musculaire s’équilibrera progressivement sur les niveaux suivants avec l’ajout des autres exercices de traction et avec l’ajout éventuel du Curl Lafay (seulement à partir du moment où on est capable de faire 15 répétitions de C).

 

     3.2. Deuxième erreur, en rapport avec les déséquilibres articulaires ou posturaux : ignorer un principe fondamental de la physiologie.

  • Ce principe est pourtant abondamment décrit dans les traités de physiologie. Il s’agit de l’homéostasie des systèmes composant un être vivants, c’est-à-dire que ces systèmes, ont, en eux-mêmes, les capacités de se maintenir en état d’équilibre métastable.
  • On retrouve ce principe en cybernétique, il s’agit de l‘auto-régulation des systèmes autonomes. Un système auto-régulé peut être asservi par un niveau d’intégration supérieur à ce système. On parle alors de servo-mécanisme. C’est le cas des muscles comme nous allons le voir :

  • Chaque muscle possède un tonus de base qui maintient sa longueur et son potentiel contractile entre des valeurs moyennes.

  • Le système musculaire est un système effecteur qui est asservi au système nerveux. C’est-à-dire que c’est le système nerveux qui : 1°) maintient le tonus du muscle ; 2°) ordonne au muscle de se contracter ou de se relâcher.

  • La section d’un nerf musculaire entraîne l’atonie du muscle et sa paralysie.

 

          3.3. Troisième erreur, confondre physiologie et pathologie.

Les déséquilibres articulaires ou posturaux sont possibles lors d’un entraînement qui dépasse les limites physiologiques de l’organisme. On rentre alors en pathologie. Une attitude No Pain No Gain lors de la pratique de n’importe quelle activité physique, même la ML, pourra conduire à ce genre de déséquilibres lorsque les capacités d’adaptation d’un système articulaire ou neuromusculaire se trouveront dépassé.

Dans le cadre d’une pratique qui respecte l’intégrité de l’individu comme la ML, une telle situation de déséquilibre ne pourra apparaître que suite à un non-respect des consignes.

Chaque séance, surtout quand les modes sont élevés, met l’organisme en état de stress. Celui-ci a besoin de repos pour récupérer. Les étirements consécutifs à la séance sont primordiaux pour conserver la souplesse de toutes les articulations (un déséquilibre articulaire récent peut ainsi être réduit par un étirement approprié) et produire un relâchement du tonus musculaire (le sur-entraînement peut conduire à une hypertonie musculaire qui aboutira à des contractures provoquant un déséquilibre postural et/ou des tendinites).

Le respect du délai entre les séances, du nombre de séances par semaine, des échauffements, des exercices respiratoires, de la relaxation, des semaines de repos régulières sont autant de facteurs qu’il faut respecter pour éviter l’installation de tels déséquilibres.

Ces critères sont fondamentaux pour un développement optimal de la musculature (entre autre). Dans l’article Esthétique, Performance et Santé (https://olivier-lafay.com/2014/11/24/esthetique-performance-et-sante-les-3-facteurs-essentiels/) Olivier Lafay considère que le facteur essentiel du développement avant l’entraînement stratégique et la nutrition est l’état de santé du pratiquant. C’est pourquoi ces facteurs considérés comme secondaires à l’entraînement de musculation sont en fait essentiels au bon développement de l’organisme.

 

4. Données physiologiques

Nous allons maintenant observer quels mécanismes neuromusculaires permettent l’auto-régulation d’un muscle. Cette auto-régulation concerne le tonus du muscle. Il est nécessaire que le système nerveux puissent enregistrer, en temps réel, les changements d’état du muscle pour adapter sa réponse.

On trouve donc deux types de récepteur spécialisé au sein d’un muscle.

  • Le fuseau neuro-musculaire, sensible à l’étirement en longueur du muscle, est disposé parallèlement aux fibres (ou cellules) musculaires

  • L’appareil tendineux de Golgi, sensible à la force exercée par les fibres (ou cellules) musculaires sur le tendon, est disposé en série. Il est donc à la jonction entre les fibres musculaires d’un côté, les fibres tendineuses de l’autre.

    Ces deux récepteurs sont à l’origine de deux arcs réflexes qui agiront comme des mécanismes de rétro-action capable d’informer le système nerveux sur l’état de tension et d’étirement du muscle :

  • Le fuseau neuro-musculaire est le point de départ du réflexe myotatique (du grec, myo : muscle ; taton : étirement) de Sherrington (stretch réflex). Il contrôle la longueur du muscle.

  • L’appareil tendineux de Golgi est le point de départ du réflexe d’inhibition autogénique. Il contrôle la force de contraction.

Pour illustrer la question qui nous intéresse avec des données physiologiques élémentaires, nous décrirons succinctement le réflexe myotatique de Sherrington. Sa découverte remonte au début du Xxème siècle et son application est quotidienne en clinique neurologique lors de l’épreuve des réflexes ostéo-tendineux [voir Fig.2]. Et son seul mécanisme est suffisant pour comprendre l’inanité du préjugé sur les déséquilibres articulaires et posturaux entraînés par la pratique de la ML. Pour les lecteurs désireux d’en savoir plus, chaque traité de physiologie est riche de détails sur la description de ce réflexe et du réflexe d’inhibition autogénique. Nous nous référons personnellement à la 3ème édition de l’ouvrage Neurophysiologie : Organisation et fonctionnement du système nerveux de Daniel Richard et Didier Orsal, à l’ouvrage Physiologie humaine de Hervé Guénard et à l’ouvrage Neuro-anatomie clinique de FitzGerald & FolanCurran.

Yo 02

 

4.1. Description du réflexe.

Un arc réflexe médullaire simple (mono-synaptique) se compose d’un élément récepteur, d’une voie afférente, d’un centre intégrateur, d’une voie efférente et d’un élément effecteur.

Dans l’exemple du réflexe myotatique [voir Fig.1], l’élément récepteur est composé par le fuseau neuro-musculaire, la voie afférente par les neurones sensitifs Ia & II, le centre intégrateur par la moëlle épinière, la voie efférente par le motoneurone α et l’élément effecteur par les fibres musculaires innervées par un même motoneurone α. Un motoneurone α et l’ensemble des fibres musculaires qu’il innerve est appelé une Unité Motrice.

YO 01

 

4.2. Fonctionnement du réflexe

Lorsqu’un stimulus vient étirer un muscle, les fuseaux neuromusculaires de ce muscle enregistrent cette variation de longueur qui est communiquée via la fibre afférente Ia au centre intégrateur puis commande au muscle de se contracter en retour via les motoneurones α.
La fibre afférente Ia donne également une collatérale vers un interneurone capable d’inhiber les motoneurones α des muscles antagonistes (mécanisme de l’innervation réciproque). On observe donc une inhibition des muscles antagonistes qui facilite le mouvement du muscle agoniste. L’action opposée des muscles agonistes (contraction) et antagonistes (décontraction) autour de la même articulation permet donc le raccourcissement du muscle étiré [Voir Fig. 2].

Chaque fuseau neuro-musculaire est capable d’enregistrer la longueur du muscle mais également sa vitesse d’élongation. On distingue donc deux composantes au réflexe d’étirement, une composante phasique et une composante tonique. Dans la composante phasique, on observe que « lors d’un étirement musculaire brusque, un signal bref mais intense est transmis à la moelle, déclenchant une contraction réflexe quasi instantanée du muscle dont provient le signal. Ce réflexe a pour fonction de s’opposer aux modifications de longueur du muscle. » (H. Guénard)

Dans la composante tonique, l’étirement musculaire est progressif et la « décharge transmise par les fibres sensorielles [du fuseau neuro-musculaire étiré] augmente progressivement, et se maintient pendant toute la durée de l’étirement. » Ce réflexe « joue un rôle essentiel dans le maintien du tonus et de la posture. » (H.GUENARD) [Voir Fig.3]

Yo 03

 

Ajoutons à cela un petit paragraphe qui nous permet conclure sur le fonctionnement du réflexe en constatant comment le vocabulaire cybernétique est intrinsèquement lié à celui de la neurophysiologie :

« Physiologiquement, les fuseaux neuromusculaires exercent un contrôle permanent de l’activité des motoneurones α, contrôle excitateur sur les motoneurones du muscle lui-même, inhibiteur sur ceux des muscles antagonistes. Ce système assure des micro-ajustements à chaque instant de la longueur du muscle et de celle des muscles antagonistes en sorte que l’articulation conserve un angle constant. Dans ce cas, le réflexe myotatique peut se concevoir comme un servomécanisme assurant un rétrocontrôle [positif] sur la longueur du muscle.

Une régulation de ce type est évidemment adaptée au maintien d’une position. De fait, le réflexe myotatique joue un rôle prépondérant dans les mécanismes nerveux contrôlant l’activité posturale. Il est d’ailleurs particulièrement bien développé dans les muscles antigravitaires. » (D. RICHARD ; D. ORSAL)[Voir Fig.3]

La longueur du muscle est donc contrôlée (empêchée ou autorisée) par la moëlle épinière en fonction des besoins de l’organisme. En physiologie, un déséquilibre postural ponctuel consécutif à l’étirement d’un muscle est donc immédiatement corrigé par ce réflexe myotatique qui ramène le muscle (brusquement ou progressivement) à sa longueur moyenne. Une activité physique tel que la ML qui respecte l’intégrité du pratiquant ne peut donc pas entraîner de déséquilibres posturaux comme nous venons de le voir.

 

5. Conclusion

Nous venons de voir que le préjugé selon lequel la ML provoquerait des déséquilibres ne résistait pas à la simple analyse des faits.

Premièrement, nous avons remis dans le contexte d’une pratique cybernétique de la musculation, l’idée que la Méthode provoquerait des déséquilibres de développement musculaire. Une fois cette idée contextualisée dans l’ensemble plus grand que représente le programme en 13 niveaux de la Méthode, il s’avère que ce déséquilibre initial des premiers niveaux entre extenseurs et fléchisseurs des coudes n’est qu’une étape. Il s’agit tout d’abord de poser les fondations du bloc ceinture scapulaire et membres supérieurs. Une fois les bases musculaires atteintes, on peut se soucier de l’esthétique propre à telle partie du corps ou des performances propres à tel mouvement (exemple, les tractions) mais, sauf impératif particulier, inutile de paniquer, les niveaux supérieurs donnent ensuite la part belle aux exercices de traction.

Deuxièmement, nous avons souligné que l’idée selon laquelle ce déséquilibre de développement musculaire pouvait entraîner des déséquilibres articulaires et/ou posturaux reposait sur deux erreurs :

1°) Tout d’abord, méconnaître un concept fondamental de la physiologie et de la cybernétique : l’homéostasie ou auto-régulation des systèmes autonomes. Pour illustrer notre propos, nous avons choisi d’expliquer ce qu’était le réflexe myotatique de Sherrington. L’étude de ce réflexe nous a permis de comprendre que :

  • le système musculaire est un système effecteur totalement asservi au système nerveux.

  • le système musculaire est également un sous-système du système locomoteur (os, articulations et muscles travaillant en synergie grâce au système nerveux).

  • le système nerveux assure l’auto-régulation du système locomoteur grâce à des arcs réflexes qui enregistrent les modifications d’état des muscles (mais aussi des articulations).

  • les arcs réflexes corrigent de manière automatique toute variation d’état d’un muscle qui modifie l’équilibre métastable du système locomoteur.

  • la contraction d’un muscle peut-être stimulée ou inhibée en fonction des besoins des niveaux d’intégration supérieur englobant ce muscle (ici, les systèmes locomoteur et nerveux).

Les exercices de la ML en stimulant le système locomoteur sans dépasser les limites d’adaptation des sous-systèmes articulaires et musculaires sont conçus pour ne pas provoquer de tels déséquilibres. Néanmoins, sur des modes élevés, l’état de stress augmente sur le système locomoteur et il arrive parfois que muscles et articulations soient sollicités très intensément, surtout lorsqu’on cherche absolument à arracher les dernières répétitions d’une série, quand on agit donc consciemment ou non de manière NPNG. Comme nous l’avons déjà vu plus haut et comme nous allons le revoir dans le paragraphe suivant, la Méthode Lafay comporte justement un moyen de contrôle de ces «débordements» ponctuels.

2°) Enfin, la deuxième erreur était de confondre physiologie et pathologie. Les déséquilibres articulaires et posturaux existent. Les déséquilibres de développement musculaire ne peuvent pas en être la cause car le tonus de ces muscles est contrôlé et régulé par le système nerveux, même si un muscle agoniste est potentiellement plus puissant qu’un muscle antagoniste. Ces perturbations articulaires et posturales sont donc d’ordre pathologique. Un non-respect des consignes de la ML peut très bien les entraîner comme toute autre activité physique dépassant parfois les capacités d’adaptation du système locomoteur. C’est pourquoi, les activités «annexes» de la ML (étirements, relaxation, exercices respiratoires, repos) sont en fait primordiaux. Ils font partie intégrante de l’entraînement conçu par Olivier Lafay. Les négliger, c’est risquer de faire apparaître, avec le temps, de tels déséquilibres articulaires et posturaux et toutes les conséquences néfastes que cela peut avoir. Ajoutons néanmoins que les causes de ces déséquilibres peuvent être antérieures ou non liées à la pratique de l’activité physique en question (par exemple, une entorse mal soigné), consulter un médecin ou un thérapeute manuel (étiopathe par exemple) ou d’autres spécialistes peut donc parfois s’avérer nécessaire.

Nous pouvons donc conclure que la Méthode Lafay ne provoque aucun déséquilibre ni articulaire, ni postural à condition que les consignes soient respectées scrupuleusement. On ne peut reprocher à la ML de provoquer de tels déséquilibres si on ne comprend pas qu’elle n’est pas juste un entraînement musculaire. Le travail de la souplesse, de la ventilation et de la relaxation sont tout aussi importants pour qui cherche à se développer de manière harmonieuse, à subordonner la construction du corps à la construction de soi, à croître et durer.

Disons, pour finir que le meilleur moyen de venir à bout d’un préjugé est encore l’étude des faits. Les petits malins qui nous conseillent d’ouvrir des livres de physiologie se contentent-ils, eux-mêmes, de seulement les ouvrir sans les lire ?

Yann Ollivier, éthiopathe

http://www.yann-ollivier.fr/

6 réflexions sur “La Méthode Lafay provoque des déséquilibres? Un peu de science, avec Yann Ollivier

  1. Et en tant qu’étudiant en kiné je confirme tout ce qui a été dit dans cet article. La Méthode est une excellente méthode de sport si elle est pratiquée intelligemment.

  2. Et oui Aurélien, que l’on fasse de la muscu au poids du corps ou avec charges additionnelles, que l’on soit kiné ou étiopathe, la physiologie est la même pour tous. C’est notre façon d’utiliser ces données accessibles à tous, c’est notre grille de lecture qui nous permettra d’établir des modèles efficients, efficaces ou non. 😉

  3. Il est dit que le développement musculaire s’équilibrera progressivement sur les niveaux supérieurs avec l’ajout d’exercices de traction. Mais dans le cas où on fait de l’entretien au niveau IV où il y a un seul exercice de traction, n’y a t’il pas un risque de créer des déséquilibres ?

  4. Super article. Est-ce qu’on a aujourd’hui des preuves que la réalisation d’exercices d’étirements ou relaxation par exemple permette un bon fonctionnement du SNC et des reflexes d’étirement et de contraction particulièrement ?

    • Cela fait longtemps que c’est prouvé. En sport (en général) et avec la Méthode Lafay en particulier, étant donné les performances très impressionnantes réalisées par les pratiquants Lafay qui ne s’entraînent pourtant que deux à trois fois par semaine 🙂
      Le reste étant consacré au SNC 😉

  5. Voilà des lustres que j’attendais cet article. Si j’apprécie fortement tous les articles plus littéraires habituels de ce site, je regrette que l’on ai que très rarement droit à ce genre de contenu purement technique et qui pourtant a son importance.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s