Etiopathie et Methode Lafay

J’ai déjà parlé sur cette page de l’Ostéopathie, avec un article de Géraldine Fournel, excellente ostéopathe du sud de Lyon.

J’ai également fait découvrir aux nombreux lecteurs du Tome 2 la Médecine Mécanique, puisque la préface a été écrite par Vincent Noiry, médecin du sport et mécanicien.

Cette fois, nous allons laisser Yann Ollivier, étiopathe, nous expliquer les rapports entre l’Etiopathie, la santé, la Méthode Lafay et l’activité physique en général.

Dans cette première partie, Yann nous propose des développements pointus et néanmoins très clairs, abordables.

EXTRAITS :

« Certains de nos patients et de nos confrères connaissent l’intérêt que nous portons aux travaux d’Olivier Lafay. Et s’il nous arrive d’en parler avec enthousiasme, cela nous semble justifié par un ensemble de raisons dont certaines seront exposées dans cet article. »

« Que l’on ne s’y trompe pas, derrière l’apparente disparité des sources de cette oeuvre (la Méthode Lafay), il y a une unité conceptuelle puissante reposant sur une modélisation cybernétique de l’être humain et de l’activité physique. »

« […] répondre aux problématiques suivantes :
– Qu’est ce que la santé ?
– Comment faire pour acquérir et entretenir une bonne santé ?
– Est-ce que l’activité physique permet d’acquérir et d’entretenir une bonne santé ? »
« Les fondements théoriques de l’Etiopathie reposant sur la systémique et la cybernétique, le vocabulaire employé ici est propre à ces sciences. »

« Nous sommes composés des mêmes éléments que la matière inanimée, à savoir et principalement les quatre atomes suivant : Oxygène, Carbone, Hydrogène et Azote (à plus de 96%).
Ce qui nous donne notre aspect unique en tant qu’individu et en tant qu’espèce, ce n’est donc pas la diversité des éléments qui nous composent mais bien l’agencement particulier de ces quatre mêmes éléments en une myriade de structures organisées en différents niveaux d’intégration qui conduisent de ces simples atomes à notre organisme entier (phénomène d’émergence). »
 » Le champ d’application d’un étiopathe recouvre l’ensemble des phénomènes pathologiques dont l’origine est mécanique et réversible par traitement manuel. L’étiopathe connaissant très bien ses limites saura ré-orienter vers la chirurgie et la médecine classique toutes les affections sur lesquelles il est inefficace. »
L’Etiopathie, comme vous le verrez en lisant le texte complet, est largement inspirée par la première cybernétique, et Yann Olivier est grand lecteur d’Henri Laborit.
Si débat il peut y avoir, c’est bien entendu sur l’efficacité d’une telle approche mais aussi sur son rapport à l’Epigénétique et à la deuxième Cybernétique.

 

Texte complet: http://www.yann-ollivier.fr/2015/02/15/etiopathie-sant%C3%A9-activit%C3%A9-physique-et-m%C3%A9thode-lafay-premi%C3%A8re-partie/

 

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3 réflexions sur “Etiopathie et Methode Lafay

  1. Bon article général.

    On peut comprendre l’influence de l’environnement sur soi. Maintenant qu’on sait limiter l’influence de l’accroissement de l’entropie en soi, on peut se demander comment la rendre négative (ce qui est différent). 🙂

    Je cite:
     » Il s’agit donc de faire coïncider la courbe du Potentiel vital actuel avec la courbe du Potentiel génétique originel d’un individu c’est-à-dire, rétablir tout ou partie des lésions et phénomènes réversibles qui éloignent inexorablement l’individu de la pleine expression de son génotype. »

    On est dans un système déterministe, on peut voir les choses un peu différemment 🙂

    Pour aller plus loin, stratégie de la motivation (encore et toujours, on en revient toujours aux sources!). La démarche constructiviste permet cela, il s’agit de se poser la question « comment transformer une donnée en information? » (qui met en forme). Ou si vous voulez, c’est apprendre à apprendre. Et la donnée se trouve à la fois dans le gène et l’environnement, mais seul l’environnement permet sa mise en forme.

    L’apprentissage est très important, on augmente le nombre de choix et réponses possibles mais en contre partie, on introduit l’erreur l’aléas et le doute (par exemple on ne sait pas quand la stagnation arrivera).
    Dans la Méthode, l'(éco-)auto-organisation permet de se construire, tout en se laissant croître et par ailleurs de renverser l’entropie en nous même.
    Croître et durer, tel est la devise du système Lafay.

    On peut également envisager autrement le rapport à l’entraînement. Si nous savons que l’activité physique est formatrice, on peut se demander comment construire un entraînement non énergivore, efficace et simple (efficient ?) pour éviter de trop en faire ou trop peu (même si c’est rare de voir des gens qui n’en font pas assez).
    Tout cela, on le retrouve dans les articles du blog, et pourquoi Olivier a créé sa méthode selon ce schéma transdisciplinaire (origine de la systémique dans la méthode).

    A lire, et c’est un plaisir de voir un croisement entre plusieurs approches.

  2. Bonjour Rémi, content que ça te plaise et que ça te donne envie de débattre. 🙂

    Je copie-colle la réponse que j’ai déjà donné sur Facebook à propos de tes interrogations :

    « N’oublions pas que le modèle théorique de l’étiopathie n’a pas la même finalité que le modèle théorique de la Méthode Lafay comme cela sera expliqué dans la suite de l’article.
    Dans un cas, le pratiquant est guidé vers l’autonomie en vue d’optimiser au mieux l’ensemble de ces systèmes organiques, réaliser leur pleine expression.
    Dans l’autre cas, le patient confie son corps à un thérapeute qui aura pour objectif de normaliser le fonctionnement de certains organes en vue d’obtenir une disparition des phénomènes pathologiques dépendant de ce dysfonctionnement et donc de faire coïncider le phénotype avec le génotype de l’individu.

    A propos du déterminisme, je le redis à nouveau, toute l’étiopathie repose sur une conception déterministe du vivant et de la pathologie. C’est une position intellectuelle pragmatique, qui vise à obtenir des résultats facilement reproductibles. A mon humble avis, toute science qui vise à produire des effets précis facilement reproductibles s’appuie sur ce principe de causalité. La Méthode Lafay est donc selon moi déterministe et l’article « Stratégie de la Motivation » l’illustre très bien quand elle parle de la chimère du libre-arbitre et qu’elle propose une autre conception de la liberté basée sur la culture. C’est-à-dire le stock de réponses mémorisées par l’individu lui permettant de répondre de manière appropriée à un problème posé par son environnement.

    Bien sûr, utiliser le déterminisme dans le cadre d’un champ d’application donné pour obtenir des résultats précis facilement reproductibles en suivant un protocole est une chose. Faire de son quotidien un enfer où le déterminisme absolu vous conduit au fatalisme en est une autre.
    La science procède toujours par une « découpe du réel » à partir de laquelle elle établit un modèle théorique permettant des applications positives (une action voulue et reproductible sur le milieu extérieur). Ces modèles peuvent parfois (souvent) être réfuté par l’expérimentation et il est donc parfois nécessaire de les réformer voir les abandonner pour de nouveaux modèles plus pertinents, plus à même de rendre compte de la réalité de premier ordre (et de sa complexité).
    Mais cela, nous ne le faisons jamais qu’à partir de notre réalité de deuxième ordre.
    Qu’en penses-tu Rémi ? »

    J’ajouterai à propos d’entropies négative et positive que les systèmes vivants bien qu’ils vivent dans un état d’équilibre métastable ont globalement un bilan entropique positif lorsqu’on additionne les réactions entropiques positives aux négatives. Cela explique le phénomène physiologique du vieillissement naturel.
    D’ailleurs, les systèmes vivants ne maintiennent leur structure en place qu’en créant de l’entropie autour d’eux, en assimilant l’énergie et les matériaux contenus dans les autres formes de vie (animales et végétales). Il est donc, à mon humble avis, impossible « d’inverser les processus entropiques en nous-même ». La seule chose que nous pouvons faire à ce propos, c’est optimiser le bilan entre processus entropiques et néguentropiques (sommeil, alimentation, activité physique et intellectuel, influence du milieu, soin des maladies, etc…). De ce fait, la vie éternelle est une chimère tout comme la santé parfaite, nous sommes « programmé » pour transmettre nos gènes et mourir. C’est une position intellectuelle radicale parfois difficile à concevoir, j’en conviens, mais les résultats positifs en terme d’action efficace sont au rendez-vous.

    Après, le sujet du sens de la vie, c’est une autre affaire. 😉

  3. Afin de développer un peu plus mon point de vue sur la question, j’ajoute un commentaire plus détaillé que j’ai écrit en réponse à un article sur un espace de la Méthode à propos de l’entropie et de la néguentropie ;

    « L’entropie vient du Second principe de la thermodynamique.
    L’entropie est la fonction qui mesure le degré de désordre d’un système considéré. Chaque système ouvert (vivant ou non) a une tendance naturelle irréversible à la dissipation de son énergie vers son milieu extérieur et à sa désorganisation, c’est-à-dire que la somme des réactions physico-chimiques qui se produisent en lui se font toujours, globalement, vers l’état d’équilibre absolu, le désordre.

    Les systèmes vivants maintiennent leur structure en place le temps de leur existence grâce au phénomène de néguentropie (ou entropie négative). La néguentropie résulte du couplage de réactions physico-chimiques qui se produisent au niveau cellulaire grâce à des enzymes. L’oxydation du glucose (réaction entropique) va dégager de l’énergie qui sera utilisé pour la synthèse de protéines (réaction néguentropique) nécessaire à l’entretien des structures de l’organisme. Le bilan de ce couplage de réactions chimiques a globalement une entropie positive mais elle permet le maintien des systèmes vivants dans un état d’équilibre métastable (ne pas confondre avec l’état d’équilibre stable caractérisé par l’entropie maximale d’un système) le temps d’une vie.

    Le maintien de cet état d’équilibre métastable par les systèmes vivants se fait au détriment de certains éléments de son environnement. En effet, un système vivant ne peut se maintenir éloigné de l’entropie maximale (qui signifie la mort pour lui) qu’en augmentant l’entropie autour de lui. Il le fait en détruisant d’autres formes de vie pour se procurer macro et micro-nutriments qui seront nécessaires à la croissance, à l’entretien et au renouvellement de ces tissus.

    L’inhibition de l’action, quand elle ne condamne pas immédiatement un être vivant (exemple du chat paralysé par la peur face aux feux d’une voiture et qui se fait écraser), a, sur le long terme, des effets délétères généralisés sur l’organisme qui augmentent, bien sûr, l’entropie de l’individu considéré en tant que système physico-chimique. On passe d’un certain d’état d’équilibre métastable à un autre état d’équilibre métastable, moins « physiologique », qui entrave l’expression optimale du potentiel génétique de l’individu. »

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