Pourquoi est-il plus difficile de créer que de copier ?

Note préliminaire: je donne des définitions, des clefs et des pistes dans les commentaires. Le texte qui suit peut donc être compris assez aisément si on se donne la peine de le lire, puis de lire les échanges qu’il a suscités.
 
Pour le déterminisme classique, l’action libre apparaît comme « impossible » sur le plan scientifique (théorie de la conscience épiphénomène). Alors que l’observation va de soi.
C’est qu’il existe deux modes fondamentaux d’activité de la conscience.
L’un correspond à la transformation de la néguentropie en information. C’est le processus de l’observation, où l’information signifie « acquisition de connaissances ».
L’autre correspond à la transformation inverse d’information en néguentropie. C’est le processus de l’action et de la création, où information signifie « pouvoir d’organisation » (donner forme à).
D’un côté, le cerveau s’informe, de l’autre il informe (organise, donne forme).

Le premier processus est celui de l’actualisation de l’acquis. De la diffusion, de la reproduction et du tirage des copies. Il ne coûte pas cher en néguentropie (en énergie potentielle préexistante). C’est probablement pour cette raison que la mesure, l’observation, ont toujours semblé aller de soi.
Par contre, le processus inverse de l’action créatrice coûte très cher en informations. C’est pour cela que la création d’un original (à la différence du tirage d’une copie) paraît si difficile.
C’est ce que traduisent aussi les expressions populaires comme « observer est plus facile que créer ou agir », ou « les paroles coûtent moins cher que les actes».

Mais la différence temporelle entre ces deux modes d’activité de la conscience est également très importante. Le temps de l’actualisation est à la limite instantané, comme le pressentait Bergson. Il ne dépend que de l’efficacité des moyens de duplication et de diffusion de l’information descendante.
Par contre, celui de l’action libre et organisatrice relève de la durée créatrice. Le temps de l’actualisation, c’est le temps « qui étale » : celui de l’ontogenèse et de notre vie physique. Mais à lui s’oppose le temps « qui ajoute », celui de la phylogenèse, de l’évolution et de la durée créatrice.
 
Joël de Rosnay, Le Macroscope (vers une vision globale)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s